Contrôle de la qualité de la dépense publique Louis Paul Motaze donne de l’insomnie aux fonctionnaires et gestionnaires véreux…

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Le MINFI Louis Paul MOTAZE: Le gouvernement - secteur privé à l'ordre du jour
Louis Paul MOTAZE:

A peine deux mois après son arrivée, le nouvel argentier national a déjà installé la rigueur dans son département ministériel. A la suite de la suspension de leur fonction 13 agents officiellement coupables de divers manquements à l’éthique professionnelle, suivi du lancement de l’assainissement de la Fonction publique gangrénée par des agents fictifs, il vient d’initier un contrôle de l’exécution du budget et l’évaluation de la qualité de la dépense publique. S’ils sont nombreux dans les ministères, établissements publics et parapublics, des universités Etats et les 374 collectivités territoriales décentralisées à se demander si louis Paul Motaze peut-il réussir là où ses prédécesseurs se sont cassés la figure, des sources  indiquent que le nouveau Minfi a été missionné par le chef de l’Etat. Pour autant, s’en sortira-t-il ?

Selon les observateurs, l’inflation persistante et la vulnérabilité de l’économie camerounaise, au cours des dernières années, ont été principalement imputables à l’augmentation rapide des dépenses publiques et de la dette publique. En effet, les mécanismes de reconduction des programmes publics ne sont pas suffisamment adaptés au rythme de la croissance économique et à la capacité réelle de payer des citoyens. Et si rien si rien n’est fait, le déficit dépasserait les seuils insoupçonnés et augmenteraient davantage, au cours des années suivantes. Une situation qui ne saurait perdurer.

Fort de ce constat,  il était impératif d’agir, et le moment de prendre des décisions difficiles est venu, dans le seul intérêt des Camerounais. Et le nouveau minfi Louis Paul Motaze a depuis quelques semaines pris le taureau par les cornes.

Souci de la qualité de la dépense publique

Pour s’attaquer aux causes profondes qui entretiennent cette situation inconfortable,  le nouveau ministre des Finances a pris, sous les hautes instructions du chef de l’Etat, des mesures audacieuses et décisives qui ouvriront la voie à de vastes réformes structurelles. « A Mesdames et messieurs les recteurs des universités d’Etat, les directeurs généraux et assimilés des établissements publics, les délégués du gouvernement auprès des communautés urbaines, les maires de communes.

J’ai l’honneur de vous faire connaître que des équipes des personnes de mon département ministériel seront déployées dans les structures dont vous avez la charge en vue de procéder au contrôle de l’exécution du budget et à l’évaluation de la qualité de la dépense publique au titre de l’exercice budgétaire 2016.

Aussi vous saurai-je gré des dispositions idoines qu’il vous plaira de prendre pour la réussite de cette mission ». Voilà ce qui ressort de l’important communiqué signé du ministre de Finances, le 29 mars 2018.

Il s’agit désormais pour Louis Paul Motaze d’éviter une répétition des dérapages budgétaires, en mettant en place des institutions budgétaires plus efficaces, ainsi qu’en améliorant la qualité des dépenses par la réorientation des ressources vers les domaines qui jouent un rôle essentiel dans notre croissance économique. Car, au-delà de l’assainissement global des finances publiques, il est urgent d’améliorer la qualité des dépenses,  étant entendu que les déficiences actuelles des biens et services publics essentiels et des institutions connexes, semblent limiter le potentiel de l’économie en matière d’investissement et d’emploi.

Pour reprendre donc le contrôle des finances publiques, il est nécessaire de statuer sur l’opportunité d’éliminer certains programmes, de réduire leur portée ou de les repositionner, afin de redonner au gouvernement la capacité de financer les programmes prioritaires et de les évaluer de façon continue dans l’avenir. Et cela passe d’abord et avant tout par une meilleure gestion des dépenses de l’Etat

Quand les gestionnaires perdent le sommeil face à la difficulté de la justification de  l’opportunité et de la qualité de la dépense.

Sur le terrain des opérations, les hommes envoyés par louis Paul Motaze sont déjà à l’œuvre, et de nombreux fonctionnaires ,agents de l’Etat, gestionnaires ,directeurs généraux, doyens et recteurs des universités d’Etat ont tous perdus le sommeil. À l’occasion, ils sont nombreux qui commencent à passer le message chez leurs collaborateurs de mettre un point d’honneur sur l’opportunité des missions et autres justifications des dépenses.

En clair, il est question de resserrer le contrôle des dépenses de l’ensemble de l’appareil gouvernemental tout en assurant le maintien des services prioritaires. Chaque dépense devant être évaluée, priorisée et justifiée en prenant en compte le contexte présent et l’intérêt collectif. Dans le cadre du présent communiqué, celui-ci  concerne essentiellement quatre secteurs : les recteurs des universités d’Etat, les directeurs généraux et assimilés des établissements publics, les délégués du gouvernement auprès des communautés urbaines, et les maires de communes.

Afin d’implémenter désormais une ligne de conduite à la fois ferme et rigoureuse dans la gestion des finances publiques, le contrôle portera sur des chapitres et documents divers, parmi lesquels : les commissions et comités, la gestion du parc automobile, la gestion budgétaires, les documents de recouvrement, la gestion matière-désignation des agents chargés des opérations de la comptabilité-matières, les dossiers de prise en charge des opérations à charge et à décharge, etc.

En somme, il s’agit d’une mission de contrôle, sous l’angle de l’imputabilité ou encore de l’obligation redditionnelle. En réalité, dans une économie qui se mondialise chaque jour un peu plus, et face aux défis de la crise financière, ne sommes-nous pas, désormais et pour toujours, astreints à suivre une ligne de conduite à la fois ferme et rigoureuse dans la gestion des finances publiques ?

Voilà la raison pour laquelle certains gouvernants exigent, aujourd’hui plus que jamais, de la dépense publique, qu’elle observe au moins deux règles majeures : la première, se financer sans pour autant entraîner un effet d’éviction de l’épargne, ceci dans le but de favoriser l’investissement privé ; et la seconde, assurer son efficacité et son efficience, bref la qualité de la dépense.

Pourquoi le président Paul Biya a personnellement missionné  Louis Paul Motaze

Ils sont nombreux des fonctionnaires et autres agents de l’Etat qui croient dur comme fer que l’opération de comptage physiques et du contrôle de  la qualité de la dépense  déclenché par Louis Paul Motaze fera long feu. Car l’opération d’assainissement  engagé par l’ex-minfi Polycarpe Abah Abah en 2007 avait permis que la masse salariale de l’Etat du Cameroun puisse passer de 36 milliards à 28 milliards de frs CFA soit une réduction de 8 milliards de frs CFA par mois. Mais celle –ci s’est vite estompée par le sabotage des fonctionnaires véreux bénéficiant des complicités jusqu’au sommet de l’Etat. Sans oublier la grosse boite de pandore ouvert chez les forces de maintien de l’ordre qui dit-on ont toujours entretenu un vaste réseau de faux avantages et autres indemnités sur leurs  salaires. Motaze va-t-il oser s’attaquer à l’armée ?

Mais ce qui est constant, c’est que le masse salariale a connu une augmentation exponentielle pour attendre les 70 milliards de frs CFA par mois en 2018.Du coup, l’on est pressé de voir les résultats pour savoir combien Louis Paul Motaze aura permis à l’Etat du Cameroun de sauver. Face aux fonctionnaires véreux qui s’organiseraient pour faire échec à cette opération, des sources indiquent que c’est le président de la république qui a personnellement missionner Louis Paul Motaze pour enfin assainir les finances publiques du Cameroun.

Loin donc, d’être un gadget, ce cadrage budgétaire, est un outil prévisionnel de gestion dont la pertinence n’est plus à démontrer, pour la simple raison que parmi les principes du budget-programme, l’exigence de la performance constitue un pas en avant dans la modernisation de la gestion économique et financière. Le niveau des ressources pour le financement des dépenses publiques étant largement influencé par la situation macroéconomique, il est important de se forger une image aussi réaliste que possible de l’évolution future d’un certain nombre de variables macro-économiques. Par conséquent, sa mise en œuvre nécessite donc un cadrage macroéconomique et budgétaire pertinent.

Dans tous les cas, si le contrôle peut être défini comme étant une opération consistant à vérifier si un élément correspond à la réalité, s’il répond aux critères de qualité et de régularité, et dont le résultat aboutit de manière positive à sa validation ou à son rejet, ou encore à sa correction, l’imputabilité quant à elle, peut être simplement comprise comme une responsabilité ou l’acceptation d’une  situation donnée.

C’est pour cela que le ministre des Finances a décidé de veiller à la qualité de la dépense pour faire en sorte que nos ressources, déjà limitées, soient véritablement bien utilisées de la manière la plus rationnelle possible et que le gouvernement donne le meilleur exemple possible. Les populations ont déjà assez fait des efforts importants et le changement qui doit être opéré vise à mettre en œuvre les nouvelles réformes, dans le domaine des finances publiques, des marchés publics, l’exécution du budget de l’Etat, pour aller nécessairement et irréversiblement vers l’émergence en 2035. En réalité, le Cameroun attend un peu plus de 1983 milliards de Fcfa de recettes fiscales et ne peut donc plus se permettre de simples avertissements aux agents indélicats qui freinent son élan de développement.

La méthode Louis Paul Motaze

En homme averti et pétri d’expériences, le nouveau ministre des Finances savait qu’il devait faire face à de gros défis dans son nouveau département, réputé pour être celui qui regorge de nombreux camerounais qui ont cessé de respecter la chose publique. Rien d’étonnant que quelques jours seulement après son arrivée, 13 agents aient été suspendus pour production de fausses quittances, corruption, inertie dans le traitement des dossiers, refus de rendre compte, non-respect de l’obligation de réserve, détournement de deniers publics, refus de servir, absentéisme… Toutes choses qui constituent des « manquements graves à l’éthique professionnelle »

Quand on y associe l’opération dénommée « opération cathartique » qui s’étendra sur une durée de 02 mois, allant du mois d’avril au mois de juin, sur toute l’étendue du territoire national, dont l’objectif est  de procéder aux comptages physiques des agents de la fonction publique afin d’assainir le fichier de l’Etat, on espère bien que Louis Paul Motaze arrivera à contenir tous ces fléaux qui chaque jour ampute le Cameroun de ses moyens réels de développement. Rendez-vous pour les résultats. Dossier à suivre…

                                                                                         Prince Aristide Ngueukam

Paul Biya: PRC »Vous avez mon soutien Monsieur le Ministre. Il faut assainir »

Une Deux avec Jean Robert Waffo, ministre de la communication du Shadow cabinet du SDF

FL : Votre réaction à l’issue du déploiement de la mission de contrôle de l’exécution du budget et d’évaluation de la qualité de la dépense publique au titre de l’exécutif budgétaire 2016 ?

JRW : C’est une initiative louable qu’on aurait dû faire annuellement .Au Cameroun, nous avons une chambre des comptes qui devrait être  à l’œuvre au quotidien pour ce type de dossier, mais curieusement elle n’a pas d’effectif conséquent. Et l’on comprend pourquoi ce contrôle  va se limiter à la période de 2016.Dans tous les pays qui ont un respect sur la chose budgétaire, les gouvernants se donnent les moyens pour recruter des hommes affectés à ce type de tâche. Nous disons mieux vaut tard que jamais, car si on peut enfin nettoyer les écuries d’Augias, ce sera une bonne affaire pour les finances publiques.

Le ministre Motaze devrait tout faire pour maintenir le cap sur  cette opération d’assainissement. Il faut noter qu’une telle opération doit être faite par les hommes de confiance qui ne se feront pas soudoyer  par les fonctionnaires-pilleurs car c’est une grosse mafia qui a longtemps mis à genoux notre pays, le Cameroun. C’est donc un travail titanesque et le Minfi est en plein dans le mil et comme par habitude ils sont déjà nombreux qui s’organisent pour faire échouer cet opération comme au temps de l’ex Minfi Polycarpe Abah Abah.

FL : Pensez-vous que Louis Paul Motaze peut-il réussir là où ses prédécesseurs ont mordu la poussière ?

JRW : Ceci va d’abord dépendre de la volonté politique qui va entourer cette opération. Ce sera difficile compte tenu des mentalités trentenaires qui ont entouré la gestion de la chose publique dans notre pays. Il est clair que le ministre Motaze sera attaqué de toutes parts, il recevra des flèches permanentes même dans son propre bord politique. La question est de savoir s’il sera assez cuirassé pour résister aux flèches empoisonnées venant des gangs de fonctionnaires malfaiteurs et leurs nombreux complices. Il faut savoir que  cette opération est une sorte de « conférence nationale budgétaire »parce que l’opération touche la plupart des segments importants de la vie publique. Si cette opération est  mené avec toute la rigueur et le sérieux, je pu vous assurer que les personnes insoupçonnées tomberont de leurs piédestal  et ils sont nombreux qui tenteront de fuir le Cameroun. Donc pour ce qui est des résultats, nous ne perdons rien à attendre.

                               Propos recueillis par Prince Aristide Ngueukam

Sur la campagne d’assainissement du fichier solde…

Réaction du ministre des finances, Louis Paul Motaze à l’endroit du personnel du ministère des finances à l’occasion de la fête du travail du 01 mai 2018.

« Nous avons lancé vous le savez une opération de comptages physiques des personnels. Au départ c’est un comptage physique mais il est clair que le travail ne pourra pas s’arrêter là. Parce que nous le savons bien et nous ne sommes pas naïfs,  que parmi les personnels qui seront effectivement comptés ou comptabilisés, il y’en a qui après avoir été comptabilisé vont disparaitre. Nous ne sommes pas naifs.Il  faudrait donc  que au niveau du gouvernement notamment  du ministère de la fonction publique et du ministère des finances  qu’une réflexion soit menée  pour faire en sorte que ceux qui touchent effectivement les salaires soient ceux qui non seulement sont là mais  qui travaillent. Il est inadmissible que nous supportions des conséquences pour des actes commis par d’autres. Nous devons donc être rigoureux. Et la troisième chose que je vais dire, c’est que si la masse salariale est si  lourde, c’est aussi parce que nous savons qu’il y’a des salaires indus. Depuis que je suis là j’ai déjà vu des salaires bizarres.

Vous pouvez compter sur ma détermination pour faire de vous, le personnel du ministère des  finances un personnel compétent, un personnel discipliné mais également un personnel honnête. Et je vous prie de ne pas me donner l’occasion d’appliquer des mesures coercitives fortes, parce que c’est ce qui se fera  lorsque je mettrai la main sur l’un d’entre nous ou alors l’un d’entre vous qui se serra vu coupable de faits délictuels. J’ai souvent été surpris de voir que quelqu’un qui fait du faux en faisant en sorte que le salaire d’un autre soit  multiplié par dix, que nous nous contentions  de le  relever de ses fonctions. Pour moi ce faux s’apparente à un détournement des deniers publics. Et nous savons ce qui est prévu  pour les détourneurs des  deniers publics.

La formation est un droit pour le personnel et une obligation pour l’employeur. C’est un personnel bien formé qui est efficace. Si Vous voulez que nous créions une famille commune, nous devrons tous travailler dans ce sens. ».

Propos recueillis par Prince Aristide Ngueukam

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