AFFAIRE CONAC –CONGELCAM S.A: Interview Exclusive du Sénateur Sylvestre Ngouchinghe Pdg de Congelcam S.A

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Sylvestre Ngouchinghe. PDG Congelcam S.A

Entretien avec le sénateur Sylvestre  Ngouchinghe,Pdg de Congelcam S.A

CONGELCAM S.A

« C’est parfaitement incroyable ce que je vous dis, mais vrai ! La CONAC gonfle un préjudice imaginaire à notre charge et prétend que nous avons détourné et préjudicié l’Etat »

L’opinion nationale et internationale a eu droit le 28 décembre 2018 au rapport de la Conac sur l’état de la lutte contre la corruption au Cameroun en 2017.Devant des personnalités et la presse invités pour la circonstance, son président le Révérend docteur Dieudonné Massi Gams a identifié comme délinquants de la fortune publique de nombreuses entreprises privés et publiques parmi lesquels la société Congelcam S.A et son directeur général le sénateur sylvestre Ngouchinghe.Accusés d’être au cœur de plusieurs infractions ayant causés un préjudice important dans les  caisses  de l’état du Cameroun le privant  de plus de 32 milliards de FCFA, le patron de Congelcam a décidé de rompre le silence pour dire sa part de vérité. Dans un entretien exclusif et sans fioriture et dans le franc parlé qui le caractérise et qu’on lui connait, le sénateur Sylvestre Ngouchinghe démonte avec preuves à l’appui comment les 32 milliards qui sont imputés à son entreprise ne sont que le fruit d’un travail mal réalisé par les fins limiers de la Conac. Lisez  plutôt…

Forum Libre : Depuis le 28 décembre 2018, il y a un échange épistolaire entre la CONAC et vous au sujet de son tout dernier rapport sur l’état de la lutte contre la corruption au Cameroun. Comment avez-vous été informé de la publication de ce rapport ?

Sylvestre Ngouchinghe : Je vous remercie de l’opportunité que vous m’offrez afin que je puisse éclairer la lanterne de vos lecteurs sur ce rapport de la CONAC qui porte un doigt accusateur sur notre entreprise. Permettez-moi de vous dire de prime à bord que nous avons été informés dudit rapport comme de nombreux  camerounais par voie de presse. Après avoir pris connaissance de ce document, nous y avons lu des affirmations extrêmement graves de la CONAC qui du reste n’ont aucun, et je répète, aucun fondement ni justificatif. Nous en sommes très déçus et nous nous posons la question sur les objectifs recherchés par cet Organisme à notre endroit à travers une démarche malheureuse.

FL : Quelle a été votre réaction après avoir lu ce rapport dans lequel on vous accuse directement d’un détournement de plus de 32 milliards de francs CFA ?

SN : Je tiens d’abord à vous préciser que dans cette affaire, la CONAC a agit en deux, je dirais même en 3 temps désormais concernant le même document.

FL: Lesquels ?

SN :Dans un premier temps, elle a déclaré urbi et orbi  (au public présent)  au palais des congrès de Yaoundé,  au cours de la publication solennelle le 28 décembre 2018 dudit rapport, que celui-ci était le résumé de ses investigations  menées  au Cameroun en 2017 sur l’état de la corruption, en laissant croire à l’opinion qu’elle nous mettait ainsi en cause  pour le compte et les faits ayant eu lieu en 2017.

Surpris et étonnés, nous avions écrit à la CONAC par correspondance en date  du  02 janvier  2018  pour lui démontrer que nous avions payé tous nos droits de douane en 2017 au point d’avoir trois prix (awards) décernés par elle. Or, comme le poisson était exonéré des droits de douane de 2008 à 2016, la CONAC au regard de cette correspondance a dû remonter  curieusement  22 années en arrière pour désormais affirmer que ledit contrôle portait sur la période de 1997 à 2005 ainsi qu’il en ressort de sa correspondance à nous adressée le 15 janvier 2019.

Je tiens à rappeler que dans ce même rapport,  le Président de la CONAC a allégué que notre société aurait également commis des faits de transferts irréguliers de capitaux, de corruption, de fraudes fiscales et de détournements  de deniers publics. Mais alors, s’agissant de ces trois dernières allégations, ce sont de pures et vaines déclarations qui ne sont soutenues nulle ne part dans ledit rapport par des éléments factuels. Vous êtes sans ignorer que CONGELCAM S.A n’est pas une société ou un Organisme d’Etat, pour être accusée de détournement de deniers publics. Rien n’a été ensuite  démontré dans ce rapport,  s’agissant de la prétendue  corruption et de fraudes fiscales tant à mon égard que celle de la société CONGELCAM. Bref, il s’est s’agit simplement d’une volonté de nous nuire.

FL : En quoi consistent le second et le 3e temps que vous évoquiez tout à l’heure,  puisqu’il nous semble que la  CONAC vous a adressé une réplique le 15 janvier à votre correspondance du 02 janvier 2019?

SN : Monsieur le journaliste, je tiens à préciser que bien avant  la réplique dont vous faites allusion, nous avons comme tout le monde, cherchant à bien comprendre cette affaire montée de toute pièce, pris connaissance du rapport proprement dit,  dit de 2017, et y avons découvert que la CONAC  a subrepticement fait glisser la période des faits, de 2017 à 2014 et 2015,  et puis  à  2009 en disant s’être appuyé sur les dénonciations de certains journaux. Notons ici que la confusion est volontairement bien entretenue par la CONAC pour cacher, semble-t-il la période des faits qui remonte très loin bien avant sa naissance en mars 2006.

La réplique de la CONAC, dont vous venez de faire allusion m’amène à parler de la troisième phase de cette histoire. La CONAC nous répond donc le 15 janvier 2019 et déclare  à la fin de sa correspondance, qu’en fait la période objet de ses investigations est celle située entre 1997 et 2005. Étonnant non ? Or, au cours de la publication solennelle de  ce rapport, la CONAC n’a nulle part indiqué que c’était pour des faits antérieurs à 2017 ? Quel objectif recherche t- elle à atteindre aux yeux du public, si ce n’est le tromper pour le compte de l’année 2017? Bien plus, pourquoi avoir gardé des faits aussi lointains (depuis 1997, soit 22 ans à date), et à sa connaissance depuis au moins 5 ans (puisqu’elle dit y avoir enquêté en 2014) alors que chaque année, et depuis sa création en 2006,  elle rend public ses investigations sur l’état de la corruption pour l’année écoulée ? Pourquoi  donc avoir attendu si longtemps ? Elle  a sûrement  été surprise par notre réaction en date du 02 janvier 2019, suivi de notre conférence de presse le 14 Janvier 2019  et a cherché à se justifier, mais en se fourvoyant davantage. Il n’y a de crime parfait.

FL : La CONAC vous a t- elle contacté par le passé pour mener ses investigations pour cette période de 1997 à 2005 ?

SN : Merci de cette question. Nous réaffirmons bel bien avoir reçu la CONAC et travaillé avec elle en 2014, mais jamais en 2017. Et à cette occasion, nous avons largement coopérer avec elle, tenu des réunions avec elle à la direction des douanes à Douala dont la dernière a été sanctionnée  par un procès verbal à leur grande satisfaction et signé de toutes les parties. Moi-même et mes proches collaborateurs (choisis par elle-même) avions été entendus par la CONAC en 2014. La CONAC  aurait due nous produire ledit procès verbal d’audition dans sa réponse du 15 janvier 2019 qui témoigne de notre ample coopération  au lieu de se murer et prétendre que nous n’avons pas coopérer.

FL : Que recherchaient donc les enquêteurs de la CONAC auprès de votre société en 2014 ?

SN : Difficile de vous dire et d’ailleurs cela est l’interrogation que nous avons formulée à l’endroit de cette institution au cours de nos échanges et réunions en 2014. Certes, la mission de la CONAC est de vérifier les faits liés à la corruption, mais celle-ci ne nous a indiqué en aucun moment des faits précis de corruption  dont nous étions accusés ou une dénonciation précise. Tout ce que nous savons c’est que préalablement à notre séance de travail tenue avec elle en 2014, elle nous a écrit pour solliciter une série de documents parfois ceux utilisés au quotidien (ce qui est très fastidieux) en rapport avec nos activités commerciales  et le fonctionnement de notre société, à l’instar des bulletins de paie, les procès verbaux d’enquêtes douanières, les pièces de procédures des contentieux fiscaux, les pièces des procédures fiscales (notifications des redressements, réponses aux mises en demeures, réponses aux observations , etc …) liste de nos fournisseurs, les textes accordant des régimes fiscaux particuliers, nos DSF (déclarations statistiques et fiscales), la grille des prix aux consommateurs  et  ce compris pour la période allant du 1er janvier 2000 au 31 janvier 2013 (notez bien la date) exclusivement. Je vous rappelle, pour une entreprise de notre taille, cela est absolument fastidieux de rassembler toutes ces pièces, et surtout en un laps de temps, pour 13 années consécutives. Néanmoins nous  donné ce  dont  elle avait besoin et à la grande surprise de leurs enquêteurs, au regard de l’issue de la séance de travail tenue par la suite avec elle à la direction des douanes. Mais pour répondre à votre question, rien de précis en termes de reproches ne nous avait été notifié.

Ce que je tiens à relever ici c’est que, voyez –vous, voilà des gens qui annonce un rapport sur nous à l’opinion nationale  prétendant que c’est pour les faits de 2017, ensuite nous déclare à nous que c’est pour les faits de 1997 à 2005, et voyez à quelle date se situe les pièces qu’ils ont sollicité auprès de nous, et pour ensuite déclarer que les investigations ont été menés sur le terrain entre 2014 et 2015. Cela manque de cohérence.

FL : Enfin de compte, quelle période donc retenir relativement à ces investigations monsieur le Directeur Général à votre encontre ?

SN : Ce n’est pas à moi qu’il faut poser la question, mais plutôt à la CONAC.  Mais ce qu’il faut ajouter c’est à travers la dernière réponse de la CONAC du 15 janvier 2019, il apparait clairement que les pièces qu’elle nous a demandées ne sont pas les mêmes (en terme de périodes et dates) que celles qu’elle a sollicitées auprès des autres administrations et parties impliquées  dans leurs prétendues investigations sur notre société, dit-elle, pour la période  entre 1997-2005.

A titre d’illustration, auprès des différentes banques, elle n’a sollicité nos dossiers de domiciliation des importations que pour les périodes de  2001, et de 2005 à 2007, auprès des  différentes administrations fiscales, elle  n’a même pas spécifiée de période ni de pièces précises nous concernant. Au niveau du chef de division du service informatique de la Douane, elle a sollicité les pièces (déclarations d’apurement des manifestes) allant  du 1er janvier 2008 au 31 décembre 2013 et au Chef Secteur Douanes du Littoral, ce sont les pièces du 1er janvier 2008 au 31 décembre 2013 pour ne citer que celles-là. Dites-moi un peu monsieur le journaliste, comment peut faire un travail cohérent, objectif  et crédible avec ça ? Avec une telle démarche, avec un tel flou artistique et venir aujourd’hui  faire du Ponce Pilatisme en déclarant hors camera que les enquêtes couvraient uniquement  la période de 1997 à 2005. Ok, de qui  la CONAC a-t-elle donc obtenu les pièces pour la période de 1997 à 2000? Quels  ont été les résultats de leur exploitation ? Pourquoi nous en avoir sollicité pour  la période au delà de 2005 jusqu’en 2013 non concernées par leurs investigations ? Pourquoi des imprécisions  sur la période et de nature des pièces auprès de l’Administration fiscale ? Vous pouvez remarquer le flou artistique décrié tantôt. La CONAC créée en 2006 avait –elle un mandat  qui remonte le temps sans limite ni bornes ?

FL : Mais il n’en demeure pas moins monsieur le Directeur Général, tout compte fait la CONAC met à votre charge un préjudice de 32 070 273 733 F CFA (trente deux milliards soixante dix millions deux cent soixante treize mille sept cent trente trois francs) dont vos divers agissements ont causé à l’Etat du Cameroun ?

SN : Vous parlez de quels agissements s’il vous-plaît?

FL : Il est  dit à la page 67 de ce rapport et de manière chiffrée que les transferts irréguliers de la société CONGELCAM s’élèvent à 4 915 000 000 FCFA passibles des amendes de 9 830 000 000 FCFA ; les transferts irréguliers de la société N. importateur fictif mais sous traitant  des activités de fraudes aux changes de la société C (j’imagine elle se réfère à votre société) avec  les montants irrégulièrement transférés de 5 700  000 000 FCFA  passible de l’amende DE 11 400 000 000 F CFA et enfin les fraudes sur l’application du programme de vérification des importations (PVI) dont le total  des amendes quant à la violation  des PVI, pour  la période couverte par l’enquête , s’élève à 225 273 799 F CFA?

FL : D’emblée, vous remarquerez que de tous ces chiffres que vous citez, rien ne concerne le fisc, ni les deniers publics  alors que la CONAC a annoncé au public dans son rapport que nous avons commis des faits de corruption à l’égard du   fisc et détournés même les deniers publics. De bien pas grave accusations sans fait concrets.  On dirait que dans leur tête règne une grande confusion sur tout. Sont-ils en mission de travail ou de règlement de compte ?

Bien, revenant sur votre question, aucun des chiffres par  vous cités et reprenant ce rapport  ne renvoi à aucune réalité de fraudes douanières ou de transferts irréguliers des capitaux.

Je vais procéder au cas par cas :

  • Sur les amendes de 225  273 799 F CFA supposées amendes sur fraudes sur le PVI.
  • En tout état de cause, il faut relever que le PVI est le Programme de Vérification des Importations appliqué par la SGS et consiste à faire un contrôle physique en terme de quantité, de valeur et qualité avant embarquement de marchandises. En levant une Déclaration d’Importation (DI) à chaque importation et en payant les frais d’inspection de 0,95% de la valeur FOB des marchandises à la SGS, la société CONGELCAM S.A souscrit par la même au programme de vérification des importations. L’absence des données dont la CONAC s’est réservée d’indiquer, au moyens desquelles on pourrait apprécier le bien fondé de ses allégations démontre qu’il s’agit simplement des déclarations à l’emporte pièce et sans justifications. Cette amende est-elle fixée par la CONAC ou par la Douane camerounaise et sur quelles bases ?

FL : Qu’en est –il des les sommes dits irrégulièrement transférés de 4 915 000 000 F CFA passibles des amendes de 9 830 000 000 F CFA ?

SN : Ces chiffres ont été purement et simplement recopiés, mais de manière parcellaire et partiale, du procès verbal de constat de douane que nous (et même la douane) leur avons (CONAC) transmis au cours de nos échanges et séance de travail en 2014. Sur ce document, la CONAC n’y a vu que les chiffres qui les intéressaient pour en abuser de leur explication afin de nous jeter un discrédit inacceptable.

Il se trouve en effet qu’en 2005,  notre société a fait l’objet des contrôles superposés des douanes qui prétendaient  qu’il y a aurait  eu des droits de douane compromis à hauteur de 1 155 025 000 F CFA relatifs à la déclaration d’importation des marchandises d’une Valeur de 4  915  000 000 F CFA.

Ces deux montants figurent bien sur ledit procès verbal n° 009/MINEFI/DGD6 de 2006. Nous avons fortement  contesté  et émis nos réserves sur ce procès verbal parce que la valeur de référence (base de leur calcul)  introduite dans les données informatiques de la douane soit de 350f/Kg était  parfois inferieure au prix réel du poisson sur le marché. Au terme de ce contrôle, le Ministre de l’Economie et des Finances a donné gain de cause à la Douane et nous a demandé de payer la somme redressée de 1 155 025 000 F CFA avec les Pénalités de 300 000 000 F CFA. Et nous  nous  sommes  entièrement  exécutés  et avons payé intégralement ce montant  avec ses pénalités.

Vous pouvez voir la mauvaise foi de la CONAC qui prend un document, y extrait des chiffres qui  l’intéresse et en donne une interprétation erronée au public.

Plus grave, elle décrète une pénalité, même pas sur le montant des droits de douanes redressé et payé, mais sur la valeur imposable desdites marchandises, soit  4 915 000 000 F CFA et fixe cette amende imaginaire à 200%, puisqu’elle dit que ce montant est passible de l’amende  9 830 000 000 F CFA.  Et  la comptabilise  comme préjudice causé à l’Etat du Cameroun.

C’est parfaitement incroyable ce que je vous dis, mais vrai ! La CONAC gonfle un préjudice imaginaire à notre charge et prétend que nous avons détourné et préjudicié l’Etat. La seule pénalité sur ce document est de 300 000 000 F CFA et pas plus ; ce que nous avions d’ailleurs payé intégralement en 2006 s’il vous plait !

FL : Et qu’en est –il de celle de 5 700 000 000 FCFA  passible  de l’amende de 11 400 000 000 FCFA dit irrégulièrement transféré par une  société N. qui serait fictive et sous traitant  des activités de fraudes aux changes pour le compte de société ?

SN : Une fois de plus, c’est dommage et malheureux de lire de telle ignominie dans un rapport adressé à la Haute attention de monsieur le Président de la République et à l’opinion nationale, en présence de tous les corps constitués de notre pays, des représentants des missions diplomatiques et  au cours d’une cérémonie solennelle par un  organe sur lequel notre pays devrait  en principe compter. Un organe qui devrait être au dessus de tous reproches, du moins irraisonnables, mais hélas ! De quoi parle la CONAC ?

D’une société dite fictive et qui lève les déclarations d’importation en Douane ? Je ne sais pas pourquoi elle a plutôt abrégé les noms des différentes sociétés en cause si ce n’est pour créer un flou  et crédibiliser  ses allégations de société fictives.

La société dite est N d’après la CONAC, qui en réalité s’appelle société NADIS  est une entreprise munie  d’un registre de commerce  de notre  entité et qui agit en toute légalité. En effet, celle-ci a pour l’exercice de ses activités 2004-2005, manifesté une intention d’importer les produits de l’ordre de 5 700 000 000 Fcfa. En langage commercial cette manifestation d’importer se traduit  pare la levée  d’une déclaration d’importation à la SGS. Sur les 5  700 000 000 Fcfa déclarée, seul  la somme de 3  159 617 600 F cfa a été transférée aux   fournisseurs  correspond à la marchandise d’égale valeur. Naturellement la douane dans le cadre de son travail de vérification et de contrôle des quantités déclarées et effectivement importées a dressé un procès verbal de constat  n°066/MINEFI/DGD6  et déclaré comme parfaitement EXACT ce que je viens de vous dire. La différence non importée  de 2 540 382 400 F CFA  a donné lieu à la délivrance des attestations de non financement par les banques domiciliataires de ces opérations d’importation.

FL : Surréaliste ça Monsieur le Directeur ? Et alors d’où viennent les gros chiffres de la CONAC des transferts irréguliers de 5 700 000 000 F cfa avec les amendes de  11 400 000 000 ?

SN : Je vous en prie, prenez ce document, c’est le procès verbal n°066/MINEFI/DGD6 et retournez à la CONAC leur poser votre question.

Ce que je sais et constate c’est que la CONAC, bien qu’en possession de ce document qui ne ressort d’ailleurs aucune amende quelconque à l’égard de notre  société a fait dire ce que ce document  ne pas dit.  En mettant en avant une partie des chiffres, notamment la somme  5 700 000 000 F CFA qui représente en réalité  le montant des Déclarations d’importation (DI) qui ne sont en réalité que des intentions d’importer, pour qualifier cette somme d’irrégulièrement transférée par la société NADIS, à laquelle elle a cru devoir imaginer (comme dans le précédent cas) une amende de 200% de  cette somme, d’où le montant 11 400 000 000 F CFA. Constatez vous-même le degré d’imagination fertile et vicieuse des chiffres fictifs à  notre égard ! C’est extraordinaire !

Voilà donc en fait comment cette fameuse commission de lutte contre la corruption  se retrouve  avec un montant faramineux de 32 070 273 733 F CFA à notre charge. Faites-en  le calcul, vous verrez !

FL : Pourtant la CONAC s’est targuée d’avoir réussi à faire gagner la rondelette somme de 52 milliards de francs à l’Etat Camerounais pour le compte de sa lutte contre la corruption en 2017. Qu’en dites-vous ?

SN : …(Rires) Je n’en sais rien, allez poser et vérifier sur quoi repose ces chiffres auprès de la CONAC.  Mais en ce qui nous concerne, il faudra avant tout y soustraire celle de 32 070 273 733 F CFA  de ce montant qui nous est reproché, au regard des preuves que je viens de vous apporter. Quant au reste de vingt milliard environ sur son épargne de 52 000 000 000 F CFA, elle pourra vous en justifier. Notre société et moi-même n’avons causé aucun préjudice à notre pays. Cette accusation n’est basée sur rien du tout, elle est infondée et injustifiée et je regrette que de telles déclarations et affirmations creuses proviennent d’un tel  Organisme  Etatique pourtant bien pensé par le Chef de l’Etat. C’est dommage !

FL : Mais votre nom en tant individu  est également  cité dans ce rapport 2017. Qu’en est –il monsieur le Directeur ?

SN : C’est dommage, peut être c’est simplement parce que je m’appelle Sylvestre  NGOUCHINGHE. Mais je continuerais à m’appeler ainsi et travaillerai sans relâche pour le progrès de notre pays et de nos concitoyens. N’en déplaise à certains.

Évidemment,  vous ne voyez nulle part en lisant ce fameux  rapport là où je suis mis en cause personnellement sur l’ensemble de leurs allégations ; mais cela ne les a pas empêché de faire l’amalgame en me citant personnellement mais sans m’imputer personnellement des reproches.  Encore que celles mises à la charge de la société CONGELCAM  ne sont  aucunement avérées. Lorsqu’il fallait citer d’autres entreprises dans ce document, c’est uniquement leur personne morale, mais s’agissant de CONGELCAM, ils font vite d’inclure mon nom.

FL : Au cours de sa traditionnelle émission le lundi 21 janvier 2019,  la CONAC  a repris qu’il y aurait eu des fraudes  sur les manifestes et les  sorties frauduleuses des marchandises  sous le couvert  de la facilité d’enlèvement directs et des soustractions de certaines déclarations d’apurement par des commissionnaires-transitaires ? Quel commentaire en faites –vous ?

SN : Tout d’abord, je regrette que la  CRTV, media d’Etat à capitaux public ne soit ouverte qu’à la CONAC qu’elle utilise à longueur de journée, sans possibilité de contradiction pour travestir les faits à notre égard au public. Même invitée à notre conférence de presse le 14 janvier dernier, la CRTV n’est  pas venue, préférant donner la parole unilatéralement à la CONAC, qui elle –mémé était absente à notre conférence de presse.

S’agissant de votre question proprement dit, il s’agit de simples allégations sans aucune donnée chiffrée indication des périodes et quantités des marchandises mises en cause. C’est trop facile et chacun peut faire pareille déclaration. L’objectif bien compris de la CONAC et de vouloir nous accabler inutilement. Telle qu’elle parle, toute personne habituée aux opérations d’importation avec la Douane comprend parfaitement qu’elle ne sait même pas de quoi elle parle. Et une fois de plus, je regrette que la CONAC refuse d’utiliser les ressources humaines mises à sa disposition. Je me souviens qu’au cours de nos travaux en 2014, de hauts responsables de la Douane et notamment  M. ESSI MBALE en faisait partie. Pourquoi ne pas recourir à de telles  expertises  pour se faire expliquer et bien comprendre le mécanisme d’importation des produits périssables notamment halieutiques, et les opérations douanières qui en découlent ?

Il s’agit bien évidemment d’une science et ne s’y hasarde pas qui veut. Mais bon ! ca peut se comprendre, si la CONAC avait  pour mission de faire un travail sincère à notre égard, plutôt que de camoufler les idées préconçues à notre endroit  en les teintant des chiffres imaginaires, elle se serait rendue à la bonne source, et éviter de telles déclarations ridicules et une dérive à la limite.

FL : Comment comprendre qu’en même temps les douanes camerounaises vous félicitent pour votre assiduité dans le règlement de vos taxes et que d’un autre côté la CONAC vous condamne ?

SN : Une fois de plus, je souhaite que vous alliez vous-même leur poser la question. La CONAC traite avec d’autant plus de fatuité notre entreprise et moi-même que notre existence se justifie difficilement à ses yeux. C’est inquiétant pour l’avenir des affaires dans notre pays et encore plus, pour le rôle, le bien fondé, et  la nature du travail de cette institution. Pendant que le rapport de la CONAC concernant la BICEC porte effectivement sur les activités de cette banque en 2017, la CONAC s’est comportée avec notre entreprise comme une mer sans rivage. Dans tous les cas, c’est en considération du respect de toutes les obligations par notre entreprise vis-à-vis de l’Administration des douanes dans la catégorie import que la société CONGELCAM  a reçu du Ministre des Finances les prix suivants :

  • Premier prix pour challenger, meilleur taux de réalisation des contrats sur les quatre trimestres de l’année 2017 ;
  • Deuxième prix du plus grand contribuable ;
  • Deuxième prix de forte progression des droits payés catégorie import.

Nul doute que nous serons encore, pour le moins, nominés cette année, pour notre assiduité au cours de l’année écoulée.

FL : Nous vous remercions monsieur  le Directeur Général pour votre disponibilité.

SN : C’est moi qui vous remercie d’être venus à la source afin d’éclairer l’opinion nationale et internationale et surtout les camerounais qui croient à la réussite et aux efforts de ses opérateurs économiques camerounais qui se battent nuits et jours pour le bien être de tous.

Entretien réalisé par Prince Aristide Ngueukam

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