Affaire de la qualité du riz Broli et Armanti

0
358

Au cœur de la bataille pour le contrôle du juteux marché des pâtes alimentaires.

Des produits d’Africa Food Distribution menacés. Jean Marc Ngoss dément être au cœur d’une cabale contre les riz Broli et Armanti

Affaire de la qualité du riz Broli et Armanti

La bataille pour le contrôle du juteux marché des pâtes alimentaires à l’origine de l’attaque contre les produits d’Africa Food Distribution

Le dynamisme de plus en plus croissant de la Beetle Heritage Holding (propriétaire d’Africa Food Distribution -Broli et Armanti) dans le secteur des pâtes alimentaires a drastiquement fait baisser les parts de marché de son unique concurrent qui, se sentant menacé,  se livre (depuis plusieurs mois) à tous genres de manœuvres pour mettre en difficulté ladite Holding et son promoteur, quitte à mettre en danger les nombreux emplois que génère cette holding au Cameroun

Sur un comptoir du marché de Bonamoussadi, ce dimanche 06 janvier 2019,  trônent plusieurs sacs de riz et de nombreux paquets de riz parfumé de différentes marques. Dans des sacs et paquets de 50 kg, 25 kg, 5 kg voire 3kg et 2kg, les ménagères ont la possibilité de cibler la marque de leur choix. Et en fonction du goût et des habitudes. Cependant, parmi ces riz dont la grande majorité est importée, se trouvent des riz de marque Broli et Armanti, distribuée par la société Africa Food Distribution. Des produits que les ménagères continuent d’éviter trois jours après une conférence de presse du ministre du Commerce, le 03 janvier dernier, attestant pourtant de leur bonne qualité. « Je ne suis pas rassurée, car le gouvernement n’a pas fait examiner ces riz dans un laboratoire afin de nous rassurer sur sa qualité. Je suis obligée de m’orienter vers une autre marque », déclare Jeannette M., cadre d’entreprise et habitante de ce grand quartier de l’arrondissement de Douala Vème. Comme elle, plusieurs autres dames rencontrée, ce dimanche 06 janvier 2019, disent se méfier des riz de marque Broli et Armanti. Même si le ministère du Commerce apporte toutes les assurances possibles. « A cette allure, je sens que la société qui importe et distribue ces deux marques de riz va fermer hein, mon frère ! », lance un passant,  qui se demande pourquoi les pouvoirs publics n’ont pas fait une véritable enquête au sujet des dénonciations d’un consommateur et leader du parti politique PEA48.

Une vidéo de dénonciation sans démonstration scientifique

A l’origine de la faible sollicitation des riz de marques Broli et Armanti depuis une semaine  dans les marchés du pays, une vidéo  dénonçant la qualité des deux marques de riz  diffusée sur les réseaux  sociaux (Facebook et Whatsapp), le 28 décembre 2018 en matinée,  par l’homme politique Jean Marc Ngoss du parti politique PEA48 , et qui se réclame de l’esprit du nationaliste camerounais de l’UPC (Union des populations du Cameroun), Um Nyobe, pour « libérer le Cameroun ». Dans cette vidéo dénonciation, l’homme politique, qui se présente comme un des gros consommateurs des riz de marque Broli et Armanti, dit être déçu par le laxisme et l’inertie des ministères du Commerce et de la Santé publique. Des départements ministériels qui, selon lui, ont la mission de veiller sur la santé des consommateurs, en s’assurant que seuls des produits de qualité ne parviennent à la table des Camerounais.

Comme preuve de sa dénonciation, il se sert du riz cuit et refroidi qu’il transforme en boules, les frappant au sol à tour de rôle. Tout en s’étonnant de ce que le riz qui vient des emballages de Broli et Armanti ne sont pas de bonne qualité, puisqu’il rebondit une fois jeté au sol. « Regardez vous-mêmes,  on peut même jouer au tennis avec ce riz ou encore au football. Il s’agit sans doute d’un riz impropre à la consommation. C’est criminel, ce que peuvent faire certaines personnes pour de l’argent. Les gens sont malades, avec le gros ventre, et on se dit que c’est la bière. Alors que c’est du plastique qu’ils mangent, en se disant que c’est du riz », va-t-il déclarer dans cette vidéo d’à peine cinq minutes, qui fera le tour du pays en l’espace quelques secondes.

Quelques minutes après sa diffusion, ladite vidéo deviendra virale, jetant le doute dans l’esprit des milliers de consommateurs de ces deux marques de riz. Et  le même jour, en soirée, le président de la Ligue Camerounaise des Consommateurs (LCC), Magellan Kamseu Kamgaing, passera à sont tour à l’offensive, pour appeler, à l’aide d’un message sur sa page Facebook, le public à ne plus consommer les produits Broli, car « impropre à la consommation humaine ». Ce dernier s’appuie d’ailleurs sur la vidéo réalisée par Jean Marc Ngoss dans son salon, du quartier Bonamoussadi  à Douala. Suffisant  donc pour inquiéter une entreprise comme la société Africa Food Distribution, qui donne du travail à 600 Camerounais en emplois directs, et à plusieurs milliers de personnes de manière indirecte.

Le promoteur d’Africa Food Distribution convoqué au ministère du Commerce

Informé de ces différentes sorties médiatiques de ces deux hommes décidés à en découdre avec les produits de marques Broli et Armanti, à travers les réseaux sociaux, le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Antangana, décide de convoquer le promoteur de la société Africa Food Distribution, Evariste Hellé,  à une réunion au sein de son département ministériel, le 03 janvier 2019. Cette convocation du patron des produits Broli se retrouvera le même jour sur les réseaux sociaux, et plus précisément le 28 décembre 2018. Toutefois, en attendant, de présenter les attestations de conformité des deux marques de riz qu’il importe et distribue au Cameroun le jour de la réunion avec le Mincommerce, le promoteur d’Africa Food Distribution, recevra à son siège situé à la rue de l’Udeac, dans la zone portuaire de Douala, les médias aux fins de les convaincre de la qualité irréprochable de ses produits. Un sac de riz de 05 kg de marque Broli et un paquet de riz de 02 kg de marque Armanti seront ainsi extraits d’un important stock de riz, dans son entrepôt de la zone portuaire, et de manière aléatoire. L’étape suivante de la démonstration consistera en la préparation de ces des marques de riz. En une heure, les deux produits, une fois cuits, subiront l’exercice auquel l’homme politique Jean Marc Ngoss leur a imposé dans une vidéo du 28 décembre 2018. Jeté au sol, le riz ne rebondira pas et les responsables de l’entreprise Africa foods affirmeront que le riz qui est présenté dans les réseaux sociaux et autres médias n’est pas le leur. Mais est-ce suffisant alors pour convaincre les milliers de consommateurs de ces produits de leur qualité irréprochable ? Là est toute la  question.

Les riz de marque Broli et Armanti sont de très bonne qualité

Le 03 janvier 2019. Au ministère du Commerce, et en présence des responsables de l’Agence des normes et de la qualité (Anor), du chef de poste phytosanitaire du port de Douala du ministère de l’Agriculture et du développement rural (Minader), y compris du Minsanté, et autres, a lieu la réunion tant attendue. Elle est présidée par le ministre du Commerce, Louis Magloire Mbarga Atangana, en personne. Après plusieurs heures de discussions à huis clos, le Mincommerce donnera un point de presse, en présence de toutes les parties prenantes. Et conclura que les riz de marques Broli et Armanti sont de très bonne qualité. Selon le ministre, la société qui importe et distribue ces deux marques de riz a rempli toutes les conditions. Il aura d’ailleurs, au cours de ladite rencontre, présenté tous les documents exigés par les pouvoirs publics : les attestations de conformité avant expédition des marchandises, au titre du Programme d’évaluation de conformité avant embarquement (PECAE), délivrée par les organismes accrédités et dûment mandatés à cet effet (SGS et Intertek) ; le Certificat de conformité à la Norme, délivré par l’Agence des normes et de la qualité (ANOR) ; et enfin, le Procès-verbal d’inspection phyto sanitaire à l’importation, délivré par le Poste de police phytosanitaire du Port de Douala (Minader). A son tour de parole, le promoteur d’Africa Food Distribution, Evariste Helle, ne manquera pas d’insister sur le fait que ses produits sont victimes d’une campagne de dénigrement, visant à le déstabiliser.

La bataille pour le contrôle du marché des pâtes alimentaires à l’origine d’une cabale contre les riz Broli et Armanti…

Interrogé par la presse sur un quelconque test de laboratoire effectué sur les riz de marque Broli et Armanti, avant toute dénonciation,  l’homme politique Jean Marc Ngoss reconnaitra ne s’être appuyé que sur l’aspect physique de ces deux marques de riz, pour tirer la sonnette d’alarme mais toutefois le leader du PEA48 affirme que sa dénonciation n’est pas une cabale contre les produits de Africa Food Distribution mais l’interrogation légitime d’un consommateur régulier du riz de marque Boli et Armanti.Et rien d’autre. Le président de Ligue Camerounaise des consommateurs (LCC),  Magellan Kamseu Kamgaing, passera également aux aveux sur cet aspect, via sa page Facebook, rectifiant d’ailleurs le tir, en affirmant cette fois que ces riz méritent des tests. Mais demeurent douteux au niveau de la qualité même s’il va finalement confirmer la bonne qualité du riz Broli à la sortie de la réunion avec le Mincommerce.Ceci va-t-il dissuader  l’annonce d’une plainte à leur encontre par la société Africa Food Distribution, qui estime que leur acte irresponsable lui a causé un préjudice énorme. Mais selon des sources proches du ministère du Commerce, les attaques dont vient d’être victime la société Africa Food Distribution sont la résultante d’une bataille que se livreraient les géants du marché des pâtes alimentaires au Cameroun. A savoir le président de la Beetle Heritage Holding, Evariste Helle, qui possède une entreprise de production de pâtes alimentaires à Douala, et le président du groupe Cadyst Invest, Célestin Tawamba, qui est aussi un acteur majeur de cette filière. « En effet le dynamisme de plus en plus croissant de la Beetle Heritage Holding ( propriétaire d’Africa Food Distribution -Broli et Armanti) dans le secteur des pâtes alimentaires a drastiquement fait baisser les parts de marché de son unique concurrent qui, se sentant menacé,  se livre ( depuis plusieurs mois) à tous genres de manœuvres pour mettre en difficulté ladite Holding et son promoteur, quitte à mettre en danger les nombreux emplois que génère cette holding au Cameroun », confie, sous cape, un haut fonctionnaire. Sans aucune autre précision. Des informations qui demeurent toutefois difficiles à confirmer auprès du promoteur de la société Africa Food Distribution, encore moins auprès du président du groupe Cadyst Invest.Nous y reviendrons

 

Ngonda Mballa

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here