Affaire du recrutement soi-disant tribaliste au MINEE

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ATAGANNA KOUNA
ATAGANNA KOUNA

ATAGANNA KOUNA

Atangana Kouna victime d’une manœuvre de sabotage

De nouveau inscrit sur la liste des cibles prioritaires des amoureux de la petite querelle byzantine, le ministre de l’Eau et de l’Energie, Basile Atangana, est une fois de plus sur la sellette, pour une histoire de tribalisme tissée de toutes pièces par des esprits qui, comme à l’accoutumée, pensent devoir faire feu de n’importe quel type de bois pour tomber un tel ou positionner tel autre quand ce n’est pas soi-même, dans la perspective d’un remaniement du gouvernement qui a plongé de nombreux postulants dans la plus fébrile des expectatives.

 

Telle une antienne, la rhétorique accusatrice refleurit de plus belle contre ce membre du gouvernement pointé du doigt cette fois-ci comme celui par qui le sabordage ou plutôt carrément la fin de l’unité nationale arrivera si ce n’est déjà le cas. L’excès n’ayant plus de frontière au Cameroun où même les intellectuels font peu de cas de la maxime tocquevillienne qui veut que tout ce qui est excessif soit dérisoire, un personnage controversé passé de l’opposition la plus verte au régime à l’allégeance rampante au même régime, mais qui certainement voudrait se donner bonne conscience en faisant accroire à ses amis d’hier qu’il n’a pas « abandonné le combat », est allé jusqu’à estimer que la liste additive des admis pour la formation de techniciens et d’ingénieurs pour le projet national d’électrification de 166 localités par système solaire photovoltaïque est «constituée à 100% des Camerounais originaires de la même région que le ministre». Ce qui, à son avis, est un acte condamnable « en une période si délicate ou l’unité du Pays est autant mise en mal ». une invite claire et absolue à la consolidation de la fumeuse pratique systémique de l’équilibre régional dénoncé depuis longtemps par des observateurs avertis qui y voient justement une politique de favoritisme au détriment du mérite, concédant à certains des privilèges auxquels ils n’ont pas droit pour la simple raison qu’il faut que tout le monde ait droit à quelque chose, quitte imposer un polichinelle à une place qui revient à quelqu’un qui a été rigoureusement jugé plus apte pour l’occuper. Mais trêve de dialectique socio-politique, car le vrai problème est celui de savoir quelle à l’issue de quelle enquête les apprentis ethno-sociologues –pour ne pas parler des apprentis-sorciers de l’ethno-sociologie- ont pu déduire que sur la liste additive querellée, il n’y avait que des ressortissants de la région « région d’origine » du nouveau bouc-émissaire de la désunion et de la désintégration nationale qu’est devenu à leurs yeux Basile Atangana Kouna. Car à l’analyse, de telles affirmations fondées sur des a priori sont insoutenables, du moment où sur ladite liste que Forum libre a aussi consultée – et ce sans pour autant que nous prétendions être dans le vrai, l’identification des ethnies des personnes par le nom qu’elles portent n’étant pas notre dada – au moins le nom de l’un des retenus BABA Exodus BAH, pour ne pas le nommer, est à consonance grassfield, ou, plus précisément, dénote un individu ressortissant de la région du Nord-Ouest. De même que celui de DZEME ATENTA Agathe Christelle peut bien renvoyer, qui sait, à une ressortissante du département de la Menoua (région de l’Ouest) ou du département de la Mezam (région du Nord-Ouest), tandis que celui de NGUINI NGUINI Jacques pourrait faire autant penser à un ressortissant du département de l’Océan qui se trouve dans la région du Sud et non dans la « région d’origine » de Atangana Kouna. Car s’il y a des Nguini comme Jean-Baptiste « Nguini » Effa dans le Centre, il y a aussi des Joseph et des Mathias Owona « Nguini » dans le Sud. Bien sûr, ce ne sont là que des  observations qui ne tiendraient qu’au cas où l’on voudrait absolument que le nom détermine forcément l’appartenance ethnique, voire la religion  d’un individu, dans un pays où des parents Bamiléké peuvent donner, pour des raisons –valables- qui leur sont propres et que nul ne peut raisonnablement remettre en cause, le nom de Atangana, de Biya ou de Labarang à leur enfant ; dans un pays où un prêtre catholique de haut rang porte le prénom de Bouba, sans que cela soit sujet à scandale.  

Le comble est qu’avant de déverser leur bile sur les colonnes des journaux et sur les réseaux sociaux, les dénonciateurs du tribalisme ont occulté en toute mauvaise foi une bonne part de la vérité au sujet de ces recrutements qui concernaient d’abord une centaine de personnes. 

En effet, pour restituer à la vérité ce qui lui est dû, c’est à la suite d’un appel à manifestation d’intérêt publié dans les colonnes du quotidien Gouvernemental, et après étude des dossiers que le ministère de l’Eau et de l’Energie a retenu 30 techniciens d’installation, 25 techniciens PV, 20 ingénieurs PV et 25 commerciaux ont été retenus. 100 (cent) personnes donc dont plus des 2/3 (deux tiers) sont ressortissants des autres régions du Cameroun. Par la suite, il a été question de recruter 29 ingénieurs techniciens supplémentaires pour le lancement de la phase pilote du projet qui concerne les régions du Centre et du Sud. Que la majorité de ces 29 personnes soient des ressortissants du centre et du sud –une supposition que les noms sur la liste que nous publions d’ailleurs ci-dessous suffisent à déterminer leurs régions d’origine et leur appartenance tribale- s’explique par le fait qu’il y ait eu un besoin d’affecter dans des localités des techniciens partageant certaines affinités dont la moindre n’est pas l’affinité sociologique avec les populations, question de faciliter l’opérationnalisation dans ces localités du projet d’électrification de 166 localités par systèmes solaires photovoltaïques dans le quel est compris le programme de formation de techniciens et d’ingénieurs dans le domaine de l’énergie solaire photovoltaïque. Un organisme comme ELECAM qui gère le système électoral au Cameroun a déjà expérimenté cette méthode avec succès en nommant aux postes de chefs de ses antennes régionales, départementales et communales, des personnes dont le pédigrée sociologique est aussi essentiel que le background académique ou professionnel. Et il n’y a qu’à lire cet éclaircissement donné par Atangana Kouna pour comprendre qu’il n’y avait aucune raison d’en faire un plat aussi épicé : « … Pour ce qui est de la liste additive, elle a été publiée en tenant compte, du taux de réalisation du projet dans les régions du centre et du Sud où ce taux est de 30%, le but étant d’avoir des techniciens et ingénieurs et autres personnels immédiatement disponibles, facilement mobilisables et aptes à s’intégrer rapidement dans les zones d’intervention, étant attendu qu’il y a des exigences  de proximité, de coût et de délais minimum d’intervention. En tout état de cause, le recrutement va se poursuivre de manière progressive, au fur et à mesure que le projet va sa s’étendre et s’opérationnaliser sur l’ensemble du territoire et va tenir compte de la spécificité en termes de langue, de culture et de pratique propre à chaque région. C’est ainsi qu’il faudra comprendre l’esprit du projet avant de tirer toutes conclusions hâtives ».

Bien sûr, il parle pour lui, comme on dit vulgairement, car les faiseurs de cancans et autres adeptes de la palabre stérile l’ont déjà « mis dans la sauce » et n’entendent rien ménager pour lui faire cela « cadeau » !

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