Budget 2019: Les parties prenantes développent des orientations stratégiques

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Louis Paul MOTAZE: Ministre des Finances du Cameroun

Du 29 au 30 mai 2018 s’est tenu à Yaoundé un séminaire de deux jours, organisé par le ministère des Finances(Minfi), pour lancer les activités de préparation du budget de l’Etat. Occasion pour les fonctionnaires chargés de sa rédaction de commencer à identifier les orientations à suivre pour arriver à un budget 2019 qui réponde aux besoins et aux défis du pays.

D’emblée, il convient de rappeler qu’après avoir établi et validé son programme économique et financier, le 26 juin 2017, le Cameroun, a engagé un programme triennal avec le Fonds monétaire international (Fmi), sur la facilité élargie de crédit. A travers ce programme, cette institution financière vise essentiellement à ramener progressivement le solde budgétaire de l’Etat à 3% du budget d’investissement public, à diversifier l’économie, à augmenter l’assiette fiscale et à rationaliser les dépenses.

C’est dans cette optique que le gouvernement veut élaborer le prochain budget pour poursuivre ses ambitions de croissance tout en respectant les prescriptions de ses partenaires. Raison pour laquelle, dans l’optique de la rédaction du budget de l’Etat 2019, les responsables du Minfi ont indiqué que les parties prenantes accorderont de l’attention au suivi du programme économique et financier du gouvernement, tout en intensifiant le développement socioéconomique et la politique culturelle du pays.

Selon eux, l’accent sera également mis sur le succès des programmes d’appui budgétaire et la réalisation des indicateurs de performance décrits dans la Facilité élargie de crédit du Fmi. Rappelons que cette institution financière a conditionné le déblocage des appuis budgétaires pour le compte de l’année 2018, soit en tout 336 milliards Fcfa, au reprofilage du budget en cours intégrant les éléments de sécurité, les dépenses additionnelles ainsi que la compensation du prix du carburant.

La prise en compte des problèmes de gouvernance.

D’une manière générale, les préliminaires en vue de l’élaboration de la Loi de finances 2019 côtoient les questions de gouvernance à forte teneur politique.  Le processus, engagé depuis 2016, «est sur de bonnes bases», des progrès se faisant particulièrement sentir au niveau de la préparation du budget national 2019, pour lequel des négociations serrées ont été entamées entre le gouvernement et le patronat. Lequel affiche clairement son opposition à toute nouvelle augmentation des impôts l’année prochaine.

En outre, priorité sera donnée à la sécurité aux frontières, au suivi et à l’accélération des projets en vue de l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations(Can) 2019 de football messieurs, mais aussi à l’achèvement du plan triennal d’urgence pour la croissance économique, et à l’opérationnalisation du programme triennal «Spécial Jeunes», doté d’une enveloppe globale de 102 milliards Fcfa

L’accélération du processus de décentralisation

De même, le budget présenté en avant-première couvrira également, a-t-on appris,  l’accélération du processus de décentralisation, s’occupera des personnes dans les zones touchées par l’insécurité, entre autres.

On se souvient que bien avant cette rencontre, un atelier sous le thème « bilan des activités de préparation du budget 2018 et perspective, pour l’élaboration de la loi de finances 2019 », s’est tenu à Ebolowa, en mars dernier. L’objectif étant de permettre aux différents acteurs de la  chaîne de préparation du budget et de la loi de finances, de jouer pleinement leur rôle et d’assurer un meilleur accompagnement des administrations au cours de l’exercice 2018, et une bonne préparation du budget de l’Etat, pour l’exercice 2019.

Des responsables du Minfi et du Minepat se sont alors retrouvés, pour une meilleure préparation budgétaire. « Faiblesse de planification, de stratégie commune, du cadre institutionnel et cloisonnement managérial » : voilà des maux ainsi relevés, au cours de ce séminaire, qui sont les causes du tâtonnement et de diversion méthodologique de préparation du budget au niveau des sectorielles. Les travaux qui ont duré trois jours ont été coordonnés conjointement, par Cyrille Edou Alo’o, directeur général du Budget (Minfi) et Isaac Tamba, directeur général de l’Economie et de la Programmation des investissements publics (Minepat).

Prince Aristide Ngueukam

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