Commission de Coordination Universitaire: Tout ce qu’il faut savoir sur les résolutions de la session du 28 septembre 2021

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Renouvellement des bureaux des organes de base du RDPC : la passion des militants
Les opérations de renouvellement des bureaux des organes de Base et des Organisations Spécialisées du RDPC touchent à leur fin. Commencées le 07 aout, elles devraient s’achever le 30 septembre 2021 conformément au calendrier issu de la note n°001 du 22 juillet 2021 portant application de la circulaire n°001-RDPC-PN du 08 juillet 2021 relative au renouvellement des bureaux des Organes de Base du RDPC et de ses organisations Spécialisées. A mesure que l’on s’approche de la fin des opérations, la tension en montée dans certaines sections. C’est ainsi qu’à Bengbis, l’incendie du domicile du sous-préfet a été attribuée (sans enquête aucune) à des militants mécontents. A Bangangté, et dans d’autres sections, des échauffourées et des bagarres ont émaillées les opérations. La médiatisation de ces pôles de tension aidant, on a vu fleurir sur les réseaux sociaux et dans les médias toutes sortes d’analyse, les unes plus farfelues que les autres, sur le sens qu’il fallait donner à ces violences. Pour les uns, c’était là, la preuve que le RDPC ne survivra pas à son créateur le Président Paul Biya, tandis que pour les autres, preuve était faite que le RDPC est un parti au sein desquels les petits arrangements avec les règles sont la norme. Au-delà, des interprétations issues d’une herméneutique douteuse, il convient de souligner que ces opérations par leur ampleur sont inédites relativement à la politique partisane au Cameroun et qu’elles par leur succès le socle des victoires futur du RDPC conformément à la lettre de mission du Président National.
Le renouvellement des bureaux des organes de base en quelques chiffres
Les opérations de renouvellement des bureaux des organes de base et des organisations spécialisées ont concerné 377 sections à savoir ; 360 sections sur l’étendue du triangle national et 17 sections à l’étranger. Chacune des sections compte au minimum deux sous-sections et des sections très importantes comme celles du département du Wouri comptent respectivement 15, 20 =, 33, 31, 31 et 05 sous sections. Chacune des sections compte au minimum des comités de base et chaque comité de base doit comporter deux cellules.
L’enjeu était donc immense pour le RDPC en ce qu’il s’agissait d’élire des bureaux pour chaque échelon, de la cellule à la section. Un bilan provisoire de l’ensemble des candidatures aux différentes fonctions mises en jeu au sein du parti montre que 257 000 candidatures ont été déposées.
Au niveau des sections, 1131 bureaux couvrant le RDPC, l’OFRDPC et l’OJRDPC étaient en compétition. Si l’on considère que chaque bureau compte 16 membres au minimum, 18096 membres seront élus à l’issue des opérations dans quelques jours. Pour ce qui concerne les sous-sections, un peu plus de 25000 postes de responsabilités étaient à pourvoir.
Ces chiffres ne tiennent pas compte des comités de base et des cellules qui se composent de 2 cellules par comité de base et de 21 membres par cellule.
Ces chiffres témoignent de deux choses au moins ; le RDPC est une formation politique reposant sur un maillage territorial serré. Ce maillage territorial lui garantit souvent d’être présent là, où les formations d’oppositions sont absentes. Resserrer les mailles du filet était important en prévision des futures joutes électorales, alors que certaines formations de l’opposition se contentent aujourd’hui d’une existence cathodique et d’un ancrage essentiellement urbain. Les militants du RDPC sont toujours plus nombreux à vouloir se mettre au service du parti et comme ce sont des camerounais, pour être élus, ce très fort engouement ne va pas sans provoquer çà et là quelques débordements qui traduisent la virilité de la compétition politique, toute chose qui dispose certains à recourir à des moyens peu orthodoxes pour arriver à leur fin. Mais, une hirondelle ne faisant pas le printemps, les quelques cas de débordements observés, ne permettent pas de remettre en cause le bon déroulement des opérations qui arrivent à leur terme.
Une médiatisation inédite pour des débordements ni spécifiques au RPDC, et pas tout à fait nouveaux
Beaucoup d’analystes dont la perspective historique se limite au présent veulent voir dans ces débordements un phénomène inédit, qui serait le signe ou l’indice d’une fragilité interne du RDPC. La nouveauté des débordements serait un cygne noir pour un parti qui prépare justement son avenir par les présentes élections internes. Un coup d’œil dans le rétroviseur ainsi qu’un pas de côte remettent fortement en cause ces assertions.
Les dernières opérations de renouvellement des Bureaux des organes de base ont eu lieu en 2015 et à cette époque comme aujourd’hui, des débordements limités il y en eut. La politique étant selon le bon mot de Gantzer un sport de combat, il est toujours arrivé que les tensions menacent de se muer en conflit ouvert. Les tensions particulières aux opérations internes aux formations politiques ne sont du reste, pas spécifique au RDPC comme en témoigne l’épisode morbide du congrès du SDF en 2006.
Le SDF a vu dans le cadre de son congrès à Yaoundé s’affronter les partisans de Ni John Fru Ndi et de Clément Ngwasiri. Ces affrontements qui avaient fait plusieurs blessés graves et un mort, Grégoire Diboulé constituent encore à ce jour l’acmé des débordements internes à une formation politique. Personne n’a par ailleurs jamais été condamné pour ce meurtre. Si les tensions issues des opérations de renouvellement des bureaux des Organes de Base du RDPC ne lui sont pas spécifiques sans être inédites, qu’est-ce qui explique l’impression d’embrasement général qui traverse l’opinion publique ?
Les opérations de renouvellement actuelles se développent dans un contexte de médiatisation sans précédent du politique. En effet, on peut considérer que depuis 2018 et l’avènement d’Equinoxe soir, l’actualité politique est devenue un objet médiatique central. Toutes les chaînes disposent à ce jour d’une émission politique. A la radio, les matinales des principales radios sont devenues des espaces de débats et d’échanges politiques. A la télévision, les camerounais ont droit à 388 heures de débat politique hebdomadaire. De plus, le phénomène de médiatisation se traduit par un recours systématique aux smartphones par les acteurs locaux. Ces petits terminaux permettent ainsi de rapporter en les documentant, des évènements qui, hier l’auraient été sans support. Cette capacité nouvelle confère ainsi une ampleur nouvelle à des pratiques anciennes par le surcroit de visibilité qu’elle leur confère.
Cette forte prise en compte du politique ainsi que la tendance des médias à chercher à mettre en lumière ce qui ne marche pas plutôt que ce qui marche ont un effet grossissant pour des tensions qui, en réalité restent marginales.

Tensions et débordements limités pour des opérations globalement sereines
Entre les opérations relatives aux renouvellements des bureaux des cellules, des comités de base, des sous-sections et des sections, le RDPC a organisé en l’espace de 2 mois, plus de 5000 scrutins. A ce jour, les tensions et les points chauds concernent globalement 13 sections sur 377. Les débordements concernent donc moins de 4% des sections et si on les rapportait au volume global des scrutins organisés, ils se rapporteraient à moins de 1% de ces derniers. On peut donc affirmer sans risque de se tromper qu’il s’agit là, des faits marginaux. Le gros des opérations se sont déroulées de manière sereine, dans le respect de la circulaire du Président National et de la note d’application du secrétaire général du comité central.
Le chant du coq
Ces opérations ont fait la démonstration de l’ancrage territorial du RDPC. On a vu des militants ‘’mettre les organes’’ dans ces opérations, pour le meilleur et pour le pire, car il faut le dire, ce sont des camerounais. Et certains, des nôtres, sont disposés à marquer de la main comme Maradona, Mordre à l’oreille comme Tyson, pourvu qu’ils remportent l’élection. Et c’est cette propension somme toute camerounaise à contourner les règles quand on ne s’assied pas simplement dessus qui est à l’origine de ces débordements. Il faut les regretter en les restituant dans leurs proportions réelles, c’est-à-dire des pratiques marginales. Ces débordements constituent ainsi davantage le chant du coq, que celui du cygne. Car, la haine de la défaite de ces jours doit être convertie en énergie positive. Cette énergie mise au service du RDPC permettra à ce dernier de consolider son emprise sur le champ politique camerounais pour quelques années encore.

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