Crise A la CSTC: Le jeu trouble de Grégoire Owona

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Le jeu trouble de Grégoire Owona

 

Alors que tout semblait être mis en œuvre pour dissiper tout malentendu et clarifier les choses, mais au ministère du travail, l’on ignore totalement les décisions rendues par la justice contre leur camp  choisi.

 

Ce n’est plus donc un secret, Zambo Amougou est le candidat préféré de Grégoire Owana, contrairement à André Moussi Nolla élu les 12 et 13 novembre 2015 à Douala, au terme d’un 5ème  congrès ordinaire.

Cette période, marquée par le choix du nouveau bureau devant conduire les affaires de la Cstc, a laissé entrevoir une issue au bicéphalisme qui a envahi la corporation. D’un côté Jean Marie Zambo Amougou et ses disciples, de l’autre côté, la majorité des membres et adhérents, au rang duquel, Moussi Nolla, déterminé à renverser le monopole d’un président en fin de mandat et qui ne veut rien lâcher malgré les appels à la retenue.

Des informations concordantes font même état du refus d’organiser de nouvelles élections jusqu’à la date du 13 novembre 2015, où les membres statutaires ont décidé de se réunir pour désigner le nouveau bureau, avec les rapports envoyés au Ministère du travail et de la sécurité sociale. Or, la même année, Zambo Amougou, convoquait une assemblée générale à Yaoundé, qui a été malheureusement interdite par la Tribunal de première instance de Yaoundé centre administratif, saisi en urgence par les membres statutaires, agissant au nom de la Confédération syndicale des travailleurs du Cameroun (Cstc). Zambo Amougou ne va pas s’avouer vaincu et interjettera  appel. Mais curieusement, il est présent dans toutes les cérémonies en tant que ‘’Président de la Cstc’’ aux côtés du ministre du travail qui lui envoie régulièrement les cartons d’invitation pour représenter la Cstc.

Quand la justice fait mordre la poussière à  Zambo Amougou et confirme qu’il n’esp plus le président de la Cstc.

L’affaire portée en appel le 16 septembre 2016 n’a pas été favorable à Zambo Amougou. La cour d’appel du centre par arrêt N° 466/RFE du 16/09/2016, a déclaré l’appel interjeté par Jean Marie Zambo Amougou «irrecevable». Et dans une autre procédure engagée par le nouveau bureau de la Cstc avec pour motif, «Cessation d’utilisation de nom et de qualité» contre le même Zambo Amougou devant le Tribunal de première instance de Yaoundé centre administratif. A l’audience des référés d’heure et du contentieux de l’exécution tenue le 13 janvier 2017, le tribunal a tout simple donné raison au nouveau bureau élu, en ordonnant : «la cessation d’utilisation par le défendeur des nom et qualité de président de la Confédération Syndicale des Travailleurs du Cameroun jusqu’à l’issue du pourvoi par lui formé contre l’arrêt de la Cour d’appel du Centre du 16 septembre 2016 ce, sous astreinte de 100.000Fcfa par jour de retard…», lit-on dans l’extrait du plumitif dont copie nous a été servie.

A en croire les sources proches de l’affaire et certains hauts cadres au ministère du travail ; tous ces éléments ont été déposés au secrétariat du Ministère du travail et de la  sécurité sociale qui, nie tout et soutenant à visage voilé Zambo Amougou «Le MINTSS a enregistré depuis l’année 2014, les rapports des bureaux exécutifs de la Cstc. En attendant l’aboutissement de l’affaire portée devant les juridictions compétentes par la partie la plus diligente, et en l’absence d’une décision définitive, le MINTSS poursuit sa collaboration avec la Cstc », lit-on dans un document daté du 23 janvier 2017 et signé par ordre par Razack Johny, Sg MINTSS, soit 10 jours après l’ordonnance N° 37/C du 13 janvier 2017 de la Cour d’appel du Centre. Et de la collaboration, il s’agit de celle de Zambo Amougou qui siège même au conseil d’administration de la Cnps comme représentant des Travailleurs désignés par la Cstc, il en est de même des commissions de négociations collectives nationales avec une collaboration qui ne voit qu’un seul camp. Pourtant, «il y a lieu de faire une jurisprudence en suspendant les deux bureaux tant il est vrai que les deux envoient les rapports et si le doute persiste. Il vaut donc mieux attendre l’aboutissement définitif, comme on prétend là-bas. Et le débat ne devrait même plus se poser à partir du moment où le Tribunal a interdit à Zambo Amougou d’utiliser les noms et titre de la Cstc, on peut considérer qu’il est hors jeu...», explique Patrice Ekongolo, juriste.

 

L’ingérence flagrante

 

Le MINTSS nie toute ingérence. Il l’exprime à sa façon dans le rapport initié par la Cellule des normes internationales de travail du 23 janvier 2017, revenant alors sur le point sur «l’ingérence flagrante et inacceptable de la part de Monsieur le Ministre du Travail et de la Sécurité sociale», soulevé par Moussi Nolla, on peut lire : «… Cette affaire est pendante devant le tribunal administratif de première instance de Yaoundé depuis le 22/09/2016 et jusqu’ici aucune décision définitive n’a été rendue à propos de Monsieur Zambo Amougou. Après que la décision 728 ait été rendue, la partie adverse a interjeté appel. Seule la décision rendue en appel permettra de déterminer la partie gagnante en l’absence d’un pourvoi en cassation introduit au niveau de la Cour Suprême du Cameroun… les accusations formulées contre le gouvernement par Moussi Nolla sont dénuées de tout fondement..», lit-on dans le document qui réagit face aux observations de André Moussi Nolla.

Dans les couloirs du ministère du travail, l’on évoque le grand rapprochement entre Zambo Amougou et Grégoire Owona qui a pris fait et cause pour son ‘’frère’’.

Approché par notre reporter, le président élu va tout simplement grincer les dents. Qualifiant de manipulation ou tout au moins de la mauvaise foi des fonctionnaires : «les décisions et arrêt de justice sont envoyés au ministre  du travail. La dernière en date du 13 janvier 2017 ordonnant la cessation d’utilisation de nom et de qualité de Président de la Cstc à Zambo Amougou est là-bas. Ces gens-là ne peuvent pas dire qu’ils ne sont pas au courant et cette ordonnance est servie à toutes les parties. Donc celui qu’ils protègent à le même document» à qui l’on continue d’envoyer les invitations au nom de la Cstc. Comme le gouvernement dit attendre la Cour suprême, autant donc faire jurisprudence qui veut qu’on ne prenne personne lorsqu’il y a conflit. Mais il y a des hauts cadres au ministère de travail qui ont pris fait et cause pour une partie au mépris la justice camerounaises», déclare Moussi Nolla qui  soutient d’ailleurs que c’est «épiphénomène» ; même si cela «peut déranger quelques membres». Mais pour lui, «…il n’y a pas de problème au niveau de la Confédération syndicale des travailleurs du Cameroun qui a ses instances qui ont été régulièrement élues», dit-il à la fin.

En attendant, le MINTSS a choisi son président à la Cstc.

                                                                                                                                            Alain Cédric Yompa

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