Crise Anglophone: SISIKI AYUK TABE répond à Paul BIYA

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SIsiku AYUK
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ENTRETIEN DU JOURNAL FORUM Libre Avec Le Chairman De l’Etat De L’AMBAZONIE SISIKU Julius AYUK TABE

Plus d’un an déjà que la crise anglophone cristallise toutes les attentions sur le plan national et international. Pendant ce temps les populations résidentes des deux régions (Nord-ouest et Sud-ouest) anglophones du Cameroun vivent le martyr. Entre supputations sur les motivations réelles de cette malheureuse crise qui pointe  déjà à son compteur un lot de disparus, des morts, des blessés, des prisonniers, et des refugiés…Forum Libre est allé à la rencontre du désormais leader de la cause Anglophone du Southern Cameroon et président du gouvernement Intérimaire de l’Etat Fantôme dénommé Ambazonie. En exclusivité, dans un entretien franc et sans fioriture SISIKU Julius AYUK TABE déballe tout.

 

Forum Libre : Bonjour Monsieur SISIKU Julius AYUK TABE et merci d’avoir accepté de nous accorder cet entretien pour éclairer nos lecteurs ainsi que l’opinion nationale et internationale sur la crise anglophone au Cameroun. Qu’est SISIKU Julius AYUK TABE ?

Sisiku Ayuk Tabe : Je m’appelle SISIKU AYUK TABE. Je suis marié et père de cinq enfants. J’ai fais mes études en Angleterre. Je suis un ingénieur  de contrôle des systèmes .Apres mes études, je suis rentré au Cameroun où j’ai intégré la Société nationale d’électricité du cameroun, Sonel. J’y ai  développé des applications et finalement j’ai  quitté le Cameroun alors que j’étais délégué Provincial de la SONEL pour l’Adamaoua. Je suis arrivé au Nigéria et j’ai dirigé comme représentant pour l’Académie CISCO  23 pays dans les régions d’Afrique de l’Ouest et Centrale et puis j’ai travaillé pour une institution académique.

Pour ce qui est de ma vie socio-politique, Je ne suis pas un politicien mais je suis un activiste qui croit que l’injustice ne devrait pas prévaloir et il y’a tellement d’injustice dans le système de gouvernance de M. Paul Biya. Et quand j’ai appris l’histoire de nos ancêtres, j’ai décidé de joindre le mouvement pour restaurer notre indépendance qui a été enlevée en 1961.

FL : Depuis octobre 2016, les deux régions (Sud-ouest et Nord-Ouest) anglophones du Cameroun connaissent une instabilité manifeste due aux revendications multiples adressées à l’endroit du Gouvernement Camerounais. Officiellement au départ, les populations ont assisté à une grève des avocats en octobre 2016, suivie de celle des enseignants, des étudiants et enfin des populations des deux régions Anglophones. Où étiez-vous au début de ces revendications ? et comment vous êtes passé des revendications corporatistes à des revendications de partition du Cameroun ?

SAT : En marge des organisations des manifestations quand la crise a commencé en octobre et novembre 2016, j’ai été choqué. En effet ce qui m’a bouleversé, et qui fut un déclencheur pour moi, était le fait de voir les jeunes filles à l’Université de Buéa  être roulées  dans les eaux usées sous la menace de la police et de la gendarmerie et ce  pour les faits que je ne pouvais pas comprendre. Certaines filles ont été violées dans des dortoirs de l’Université et pour le père de quatre filles et un fils tous  à l’Université que je suis, j’étais au pouls. Puis j’ai réalisé que c’était un système qui ne respectait pas les valeurs Humaines. J’ai dont décidé de faire attention à ce qui ce passait et c’est à ce stade que j’ai réalisé que je devais m’impliquer et  que Mr Biya avait montré à ce stade qu’il  n’avait aucun respect pour la vie de notre peuple. Dans son discours du 31 décembre 2016, Mr Biya a complètement  évité le sujet tout  en disant que le Cameroun était un et indivisible. Je savais qu’il n’avait aucune intention de résoudre ce problème. C’est la raison pour laquelle nous en avons fait un problème très important et nous nous assurerons qu’il soit résolus une fois pour toute. Et bien sûr le problème a dégénéré jusqu’à ce stade parce que Mr Biya n’a aucune idée de comment le résoudre. Nous avons maintenant atteint un stade ou il y’a pas de retour en arrière car depuis le début de la grève des avocats en octobre en passant par celui des enseignants en novembre 2016, Mr Biya a échoué dans la résolution de ce conflit. Par contre, il a utilisé comme toujours la violence des forces militaires et l’argent pour corrompre les gens dans les régions du Nord Ouest et du Sud-ouest.

Par l’utilisation des langages grossiers, l’arrogance et l’indifférence totale de ces ministres face à la qualité de vie de notre peuple, il a ému beaucoup de gens et a fait changer d’avis à ceux qui croyaient qu’il y avait encore un moyen de résoudre ce problème en mettent en application sa soit disant décentralisation qu’il a signé il y’a de cela 21 ans et qu’il n’a jamais appliqué. Il a aussi fait changer d’avis même à ceux des gens qui pensaient que le fédéralisme était la seule solution ,et  maintenant tous sont unanime qu’il y’a qu’une seule solution à ce problème et cette solution est la restauration de l’indépendance du Southern Cameroon.  Mr Biya a montré sa mauvaise foi pendant ces 35 ans aux pouvoirs et cette année n’est que la démonstration de cette de cette mauvaise foi.

FL : Concrètement quels sont vos revendications à l’endroit du gouvernement du Cameroun ?

SAT : Nous n’avons qu’une seule requête à M. Biya, c’est de lui demander de déplacer ces forces de nos terres. Une terre qu’il occupait avec son peuple dont  depuis 56 ans y compris  l’époque d’Ahidjo. Nous nous sommes réveillés et nous lui disons de revenir aux frontières établies par les Nations Unies entre   le Southern Cameroon et la République du Cameroun. C’est notre seule demande, nous attendons d’être assis sur une table dans les jours, les semaines ou les mois avenirs pour discuter des termes de ce mariage qui n’a jamais été.

FL : Dans l’édition No 582 d’octobre 2017 du journal Repères paraissant au Cameroun nous avons appris qu’en en 2006 vous avez été licencié de l’entreprise Aes Sonel (aujourd’hui Enéo) pour faute lourde après un détournement de 250 millions de francs Cfa. D’autres parts, de nombreux documents ont fait le tour des réseaux sociaux vous accusant d’avoir signé en 2012 des contrats d’exploitations du sous sol des deux régions anglophones du Cameroun avec une firme canadienne dénommée Kilimanjaro Capital Ltd. Quel est votre réaction ?

 

SAT : Qui conque a écrit cet article m’accusant d’avoir détourné 250 millions à la SONEL n’a pas la moindre idée de mes performances à SONEL. Pour mémoire j’ai été injustement renvoyé de la SONEL et j’ai poursuivi la société pour licenciement abusif et illégal, et la SONEL m’a payé 14 millions de francs en guise de dédommagement. Depuis 2006 que j’ai quitté le Cameroun, j’y vais constamment et chaque année. J’ai d’ailleurs renouvelé mon passeport parce que je voyage beaucoup et si j’avais des problèmes, le gouvernement camerounais m’aurait traduit en justice. Tout le monde doit savoir que c’est le même journal qui a écrit une histoire imaginaire de vol d’argent me concernant. Ce journal, qui n’a aucune credibilité, est sponsorisé par Mr Biya et son équipe. Quand le moment viendra, je les obligerai à prouver que j’ai volé de l’argent à la SONEL. En fin de compte, ils n’ont rien à me reprocher car j’ai un dossier professionnel très propre qui continuera de résister à l’épreuve du temps. Sur la question du capital Kilimanjaro, je n’en ai aucune idée. En réalité, c’est pour la première fois que j’entends parler. Alors celui qui soulève ces accusations est exactement comme l’adage qui dit « donnez un mauvais nom à un chien pour l’accrocher ». Mais toute cette boue  cette boue qu’on lance à mon équipe et moi ne collera pas et parce que nous n’avons rien à cacher. M. Biya est celui qui a détourné les fonds d’un pays entier pendant  les 35 dernières années. Il croit qu’il ne doit à personne une explication pour l’argent qu’il a utilisé, mais quand le temps viendra, nous l’emmènerons à rendre compte de chaque francs géré sous son contrôle.

FL : A l’ occasion de plusieurs communications faites par votre organisation, les populations Camerounaises ont découvert le 04 septembre 2017 l’existence du gouvernement d’un nouvel « Etat » appelé AMBAZONIE dont vous êtes le chef. Peut-on avoir les motivations de la création de cet « Etat » encore méconnu par les Nations  Unies ? Et comment avez-vous été choisi pour en être le Chairman ?

SAT : Le nom de notre nation la république fédérale d’Ambazonie vient du fait qu’au bas de notre carte, si vous regardez bien la baie, la récente baie d’Ambas qui se trouve tout juste autour de la péninsule de Bakassi, et ainsi à cause de cette baie d’Ambas nous avons décidé que nous voulons rompre avec tout ce qui nous rappelle notre relation  malheureuse avec le Cameroun. Nous avons donc décidé avec l’approbation de toute l’équipe de nous appeler la république fédérale d’Ambazonie. C’est un très beau nom qui sonne. Nous espérons que le monde acclamera ce nom très bientôt. Pour ce qui est de ma nomination en tant que président du conseil de direction, le mouvement  de la première ligne à l’occasion de l’assemblée du conclave1 et 2 nous avons essayé de mettre en place une structure pour diriger la lutte. A l’issue du troisième conclave, il était évident qu’il fallait un leader et parmi tous les gens, mon nom est apparu et j’ai été choisi pour diriger la lutte. C’est avec beaucoup d’humilité que j’ai accepté et  je continue à diriger groupe avec humilité. Pendant le quatrième conclave, il a été question du changement de nom du  « président du conseil de gouvernement » qui devient désormais « le président du gouvernement intérimaire »avec comme premier président du gouvernement intérimaire ma modeste personne. Encore une fois, je prends ces responsabilités avec beaucoup d’humilité mais aussi avec autorité tout en sachant que nos gens sont derrière moi et je vais être ferme dans les décisions. Je ne les prends pas à la légère, je les prends avec impartialité tout en tenant compte des 8 millions  des  Southern Cameroonians ou 8 millions d’Ambazoniens. Notre seul objectif est d’aller à Buea pour restaurer notre nation reconstruire notre grande nation. Ma responsabilité envers les 8 millions de personnes qui m’écoutent ou qui me considèrent comme leur chef  c’est de faire exactement cela. Si Dieu le veut nous serons bientôt à Buea et nous invitons le monde entier à venir voir la nation que nous allons construire.

FL :Le jeudi 27 Juillet 2017, votre comité des affaires publiques était au siège des Nations Unies à New-York pour réclamer la partition du Cameroun voire votre autonomie pour mieux faire face aux défis de développement des deux régions anglophones au motif de ce que les autorités de Yaoundé ne vous prennent pas en compte. Et par conséquent vous auriez formulé les vœux d’un référendum en vue de vous séparer du Cameroun francophone. Où en êtes –vous avec ce dossier ?

SAT : Nous n’avons pas besoin d’organiser un référendum, car notre Independence avait  déjà  été approuvée par les Nations Unies et que le 1er octobre, nous étions censés être une nation chez les britanniques qui nous ont accordée notre indépendance en nous remettant les instruments de la légitimité et du pouvoir au dirigeant légitime notamment au leader indigène de l’époque John Ngu Foncha. Ces instrument de pouvoir et de souveraineté devaient lui être remis pour qu’il puisse  enfin exercer l’autorité d’un Etat souverain avant de passer à l’étape suivante conçu par les nations Unies.Maintenat cela n’a pas été fait. Par contre, les britanniques ont remis les instruments de notre souveraineté à Mr Ahidjo c’était le premier crime. Et secundo, si John Ngu Foncha a du se joindre à Ahidjo, ils ont scellé un acte d’union entre les deux Etats pour former un Etat-Nation de deux Etats égaux dans les statuts, nous savons qu’il n’ya pas eu d’actes d’union pour ainsi demander un referendum. Cependant, je suis très confiant que si un referendum est demandé aujourd’hui, demain ou n’importe quel jour à notre peuple, plus de 95 % de nos gens voteront pour avoir leur propre nation Parce que Mr Biya et ses hommes nous ont manifesté de la mauvaise foi depuis 56 ans en nous prouvant que nous n’appartenons pas à cette nation. Nous sommes donc engagés à restaurer notre indépendance  , à aller de l’avant et à faire ce que nous devons faire. Nous avons déclaré le rétablissement de notre indépendance, nous avons formé un gouvernement, nous irons de l’avant et jusqu’à  obtenir la reconnaissance par les  Etats membres des Nations Unies, puis finalement nous serons reconnues à l’Assemblée générale des nations Unies et nous allons demander à Mr Biya de déplacer ses forces hors de nos terres pour enfin prendre le contrôle total de notre territoire.

FL : Depuis le début de la crise anglophone avec ses manifestations violentes pendant les villes mortes, de nombreuses personnes ont été interpellées puis incarcérées parmi les leaders et manifestants tandis que d’autres sont encore en détention. Votre sentiment ?

SAT : M. Biya doit penser qu’il nous fait une faveur. Vous enfermez des gens en prison pour des crimes qu’ils n’ont pas commis et ensuite vous choisissez d’appeler  votre ministre un jour pour lui demander de dire aux tribunaux de libérer certaines personnes, et vous pensez que  vous nous rendez service ?Mr Biya doit savoir que ce que nous demandons est un droit, un droit à l’auto détermination, nous le revendiquons, c’est le nôtre ,nous allons le faire, nous allons agir en conséquence. C’est une question de temps, Mr Biya sera obligé de libérer tous les gens qui sont enfermés dans sa prison, parce qu’ils n’ont commis aucun crime pour être dans ces prisons. Nous allons obtenir des réparations pour ces peines d’emprisonnement. Nous allons obtenir des réparations pour ce  qui nous appartient  légitimement. M. Biya n’a pas le droit d’enfermer nos gens. Son gouvernement et lui, nous allons leur faire payer  pour toutes les détentions illégales de notre peuple. Pour ceux qui ont disparu, M. Biya sera appelé à payer. Nous avons porté plainte devant la cour pénale internationale, et nous nous attendons à ce que Mr Biya et tous ses complices soient jugés à temps. Quand ils parlent de terrorisme, un terroriste est quel qu’un qui vient dans le noir pour tirer sur les gens ; un terroriste est quelqu’un qui vole dans des hélicoptères et tire sur des gens qui ont porté des arbres de la paix ; un terroriste est quelqu’un qui attaque un hôpital, transporte des gens qui ont été battus pour aller simplement les tuer dans la brousse ; un terroriste est quelqu’un qui attaque les villages et contraint les gens de ses villages à quitter leurs maisons pour devenir des réfugiés dans un autre pays. Cette définition et cette description que j’ai donné  correspond tout à fait à M. Biya. Donc dans cette crise, Mr Biya et son gouvernement sont des terroristes et nous espérons que M. Biya répondra à temps aux accusations portées contre sa personne.

FL : Il y’a quelques semaines votre organisation a exclu l’avocat, et ex- leader du Consortium de la société civile du Cameroun anglophone (Crese), Agbor  Nkongho. Qu’est – ce que vous reprochez à cet avocat qui a été au devant de la scène des revendications pour le peuple anglophone du Cameroun ?

SAT : Pour l’affaire du groupe Consortium auquel appartient l’Avocat  Me Agbor Balla, je ne suis pas membre de ce groupe. Je suis un membre du SCACUF qui était l’organisation faîtière et qui était le front Uni. Et maintenant, nous avons dissous le SCACUF parce que nous avons formé un gouvernement intérimaire pour tous les gens de la République Fédérale d’Ambazonie. L’ancien British Southern Cameroun. Je n’ai donc aucun commentaires à faire sur les questions y relatives. Vous devrez peut-être vous référer aux membres du consortium, pour cette question particulière.

     FL : De plus en plus des informations concordantes font état de ce qu’une crise de confiance traverse votre organisation à cause des problèmes de détournements de cotisations. Et même des faux levés de fonds orchestrés par certains de vos responsables. Est-ce que cela ne discrédite pas votre mouvement ?

SAT : Il n’y a pas de crise de confiance ou de détournement de fonds. Nous avons commandé une vérification et la vérification de tous nos comptes a montré que l’argent n’a pas été détourné parce que nous exploitons des systèmes en ligne. L’argent que le système en ligne indique est bel et bien là. Et l’argent Physique que nous notons dans nos comptes a été prouvé par les différents rapports d’audit et les quelques écarts étaient du à des opérations incomplètes à partir du moment où quelqu’un se connecte au système. Il est arrivé que l’on enregistre des  gens connectés sans que le compte ne soit finalement été crédité et ceci soit en raison d’erreurs de cartes ou du retard de fonctionnement entre la demande en ligne et le crédit réel du compte. En somme, nous  avons finalement découvert qu’il n’y a pas de détournement  de fonds dans notre système car nous avons des gens crédibles qui fonctionnent dans notre système. Et nous avons une bonne application et nous sommes surs que c’est un  système qui est très éloigné de celui du gouvernement de Mr Biya où ils sont irresponsables et pas transparent dans tout ce qu’ils font.

FL : Au cours de votre récent conclave au Nigéria, nous avons appris que votre organisation connait des remous à cause de votre projet de réaménagement de votre gouvernement et ceci sans l’aval des pontes et autres piliers de ce gouvernement de revendication. Qu’en est-il exactement ?

     SAT : Toute crise qui a été identifiée ou qui a fait l’objet d’une rumeur lors du quatrième conclave a été résolue  par la formation du gouvernement intérimaire que j’ai mis en place récemment. Nous avons remarqué une acclamation totale de ce gouvernement du nord, du sud, de l’Est et de l’Ouest. Tout le monde a apprécié le fait que nous ayons fait appel à certains de nos personnes les plus intelligentes et les plus dévouées pour diriger ce gouvernement. C’est le début des grandes choses à venir pour notre nation. Nous mettons sur pied une équipe. Les gens sont tellement excités de faire partir de cette équipe. Nous avons appelé les anciens et les nouveaux, nous avons amené des femmes, nous avons amené des hommes de calibre dans cette équipe et je suis fier de diriger cette équipe. Nous avons eu la  première session gouvernementale le 29 novembre 2017. A  travers le monde, les gens sont excités de faire partir de cette équipe. Nous avons reçu  les messages de félicitations des bonnes volontés venant de partout, Nous sommes conscients que notre peuple attend beaucoup de nous et nous n’allons pas prendre leurs attentes à légère parce que nous sommes des professionnels. Ce que nous allons faire maintenant, c’est de faire fonctionner notre  système professionnel basé sur  un système de gestion de la performance et nous allons nous assurer que nos populations voient le bon travail que nous faisons pour continuer à obtenir leur soutien.

Nous donnons le ton pour une nouvelle Afrique, une nouvelle nation qui fonctionnera sur la transparence, l’intégrité et le professionnalisme. Comme je l’ai déjà dit, quand nous arriverons à Buéa  et cinq ans plus tard, quiconque traversera le Mungo comprendra pourquoi nous posons ses actes aujourd’hui. Quiconque quittera BABAJOU avant d’arriver a Santa, comprendra  pourquoi nous faisons ce que nous faisons.  Je reçois déjà des appels de notre peuple qui dit que nous devrions construire un mur entre nous et la République Du Cameroun parce que la différence entre nous et eux dans quelques années sera la nuit et le jour. Nous allons mettre en place un système de transparence. Notre développement est entre nos mains nous allons relever le défi et nous allons développer une nouvelle nation qui fera l’envie de bien des gens.

FL : Depuis plus d’un an déjà, les enfants résidant dans les deux régions anglophones du Cameroun peinent à aller à l’école à cause des  villes mortes. Ils sont nombreux qui sont agressés et quelque fois des écoles  incendiées. Avez-vous pensé à l’avenir de ses jeunes ? et croyez vous qu’il faudrait nécessairement menacer vos frères et sœurs pour les obliger à suivre vos mots d’ordre de grève ?

SAT : Il y’a une idée fausse selon la quelle les enfants sont empêchés d’aller a l’école ce qui n’est pas Vrai. Les parents ont emmené leurs enfants à l’école. Des écoles ont été ouvertes, elles sont encore ouvertes même si, dans certains cas, les militaires doivent libérer les écoles pour préparer l’ouverture de l’école. Les parents ont décidé de sortir leurs enfants de l’école parce que l’éducation que reçoivent les enfants ne vaut rien. N’oubliez pas que le fait d’aller à l’école n’est pas une éducation car nous préparons une éducation différente  et de meilleures qualités pour nos enfants. Si nos enfants vont rester a la maison pendant un  ou deux ans afin d’obtenir tout ce qu’il faut pour que nous leurs donnions la bonne éducation. Cela leur permettra d’être compétitifs a l’échelle mondiale et nous leur donnerons aussi le ton pour avoir  les bons emplois.Ca vaut le coup.

Quel est le but d’aller à l’école maintenant que M. Biya leur offre des écoles alors qu’ils n’ont aucune perspective d’emplois ? Nos enfants sont enseignés par des personnes qui comprennent à peine l’anglais, sous la forme d’enseignants bilingues. Ce n’est pas l’éducation que je vais donner à mon enfant, c’est pourquoi comme beaucoup de gens contrairement  à ce qu’ils disent au Cameroun, nous avons gardé nos enfants à la maison. L’idée fausse au Cameroun, est que, parce que nous sommes dans la diaspora, nous envoyons nos enfants à l’école et ensuite nous gardons ceux des gens chez à la maison. Ces gens à la maison sont nos frères et sœurs. Ces gens restés à la maison sont des enfants que nous parrainons. Certains d’entre nous ont encore leurs frères et sœurs à la maison, nous avons nos propres enfants a la maison et nous les avons gardés a la maison pour qu’ils n’aillent pas a l’école. C’est une pilule que nous allons certainement avaler jusqu’à ce moment-la,  mais je peux vous dire que quand demain viendra et que ces mêmes enfants auront une meilleure éducation, personne ne se souviendra du prix qu’ils ont payé. Les Américains ont mis fin a la ségrégation dans les systèmes d’autobus après que Rosa Park est refusée de changer de place dans le bus pendant 325 jours, si je ne me trompe, en guise de protestation afin que les noirs puissent avoir une place de choix. Nos gens manifestent leur mécontentement à l’égard du système éducatif que reçoivent leurs enfants. Nous veillerons a ce que les changements apportés changent non seulement nos enfants, mais nous leur fournirons des emploies qui feront d’eux des meilleurs citoyens du monde. Nous n’arrêtons donc pas les écoles.

Pour ce qui est du feu, je suis sur que, lors du dernier incendie survenu a l’Assemblée Nationale, nous savons maintenant qui a allumé les feux. Récemment, nous avons entendu un incendie dans une école qui était protégée par les militaires et cette école a été incendiée. Avant midi, le lendemain, les habitants de Yaoundé avaient proposés plus de 8millions de Francs pour reconstruire l’école. Maintenant, vous commencerez à mettre 2 et 2 et vous vous rendez compte qu’ils avaient préparé à brûler l’école et ensuite ils iront reconstruire automatiquement. Nous savons que le gouvernement était derrière tout cela en essayant de nous donner une mauvaise réputation, en essayant de nous jeter de la boue, cette boue ne colle jamais. Vous constaterez que le même gouvernement  qui a fait toutes ces atrocités se révèle jour après jour. Bien sûr, ils l’ont fait dans les écoles et ils ont essayé de nous le coller et ils ont échoué. Ils sont allés de nouveau dans leur propre assemblée et nous avons été surpris de voir qu’ils parlaient de panne électrique. Combien de pannes électriques faudra-t-il pour consommer quatre blocs d’un bâtiment massif comme le parlement ? M. Biya est totalement responsable des incendies, il est totalement responsable de cette crise et nous allons nous asseoir un jour et profiter de sa mauvaise gestion de cette crise qui nous a finalement montré la porte. Nous avons pris la porte, nous sortons, nous allons créer notre propre nation et cela fera l’envie de beaucoup de gens, en particulier celui de son peuple.

FL : Depuis octobre 2016 et plus précisément le 22 septembre et 01 octobre 2017, ils sont nombreux des compatriotes qui ont perdu leurs vies à l’issue des différentes manifestations. Est-ce que vous n’avez pas des regrets lorsque des familles tous les jours pleurent leurs enfants et autres parents disparus ?

 

      SAT : Nous sommes très désolés. Nous pleurons avec les familles qui ont perdu leurs proches depuis le 22 Septembre et particulièrement le 1er Octobre et au-delà. Nous pleurons et sympathisons avec ces familles et aussi avec les familles de ceux qui ont été blessés et de ceux qui ont disparu. Cependant  ces deux dates sont des dates où notre peuple est devenu psychologiquement libre. A partir du 22 septembre, notre peuple à accepter et s’est  rendu compte que son avenir dépend uniquement de lui et est entre leurs mains. Ils ont cessé d’être soumis et ont  montré d’une manière sans équivoque que leur indépendance est garantie. Nos gens se sont levés par millions pour manifester contre la violence de la force des opérations, contre les forces perverses de M. Biya en signifiant qu’ils  sont leur propre peuple ,qu’ils revendiquent leur indépendance ,qu’ils la procèdent maintenant et qu’ils vont maintenant vivre avec. Les conséquences que M. Biya pensait qu’il apportera contre  notre peuple sont devenues secondaires parce que par notre silence, nous avons prouvé que nous possédons notre destiné. Par  nos manifestations pacifiques,  nous avons exposé M. Biya comme la personne violente qu’il est, pour la personne diabolique qu’il est. Et nous avons montré au monde qui est réellement M. Biya. En douze mois de crise, M. Biya n’a pas eu la courtoisie de prêter une oreille attentive. Il a quitté New York et est allé à Genève où il était devenu un citoyen permanent. Il vit a Genève et de là il  dirige de millions de camerounais. Mr Biya était a Genève quand un fou a tiré sur des gens en Amérique et il a été l’un des premiers dirigeants du monde à envoyer des messages de condoléances au président Trump alors que dans son propre pays il ordonnait  la torture et l’extermination totale des gens qu’il considère comme son propre peuple. Pendant que le gouverneur de la région du Sud-ouest traitait les anglophones de chiens, leur patron envoyait les messages de condoléances au président Trump pour le décès de 56 personnes, quelle ironie… finalement Mr  Biya a été exposé comme le terroriste qu’il est vraiment.

 

 

FL : Il y’a quelques semaines, des forces de maintien de l’ordre ont été assassinées dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-ouest. Est – ce que votre organisation est le commanditaire de ses assassinats ?

 

SAT : Il est intéressant que nous continuions à parler d’assassins quand il s’agit des forces de désordre. Je suis surpris qu’ils soient même encore appelé forces de l’ordre. Ce sont des gens qui au cours de ces derniers mois ont torturé et tué des gens innocents et vous les appelez forces de l’ordre ? Les forces de l’ordre maintiennent l’ordre, les forces de BIYA  ont été envoyés pour exterminer notre peuple mais DIEU merci il est exposé jour après jour. Pour ces  trois cas du  Nord-Ouest, nous savons maintenant que certains d’entre eux  n’étaient  même pas des gendarmes parce qu’il a été clairement examiné que le gouvernement à décidé de traumatiser le peuple à travers les soit disant funérailles en présentant au public et au monde que c’était les vrais gendarmes qui ont été assassinés. Il s’est avéré  qu’un de ces cadavres n’était  même pas un officier de la gendarmerie et qu’ils allaient à la morgue de Bamenda et habillaient le cadavre d’une relation de n’importe quelle famille comme l’un des gendarmes assassinés. Donc, tout cela montre que l’équipe de M. Biya a complètement perdue. Ils inventent des histoires pour essayer de montrer au monde mais ils sont exposés. Ces gens n’étaient pas des militaires et ils ont amené certaines d’entre eux là-bas et les ont vêtus d’insignes militaires et ont fait leur défilé. A Mr. Biya, tout cela n’est qu’un spectacle et quand ils ont fini leur défilé, ils ont pris un de ces cadavres qui n’était même pas un militaire et sont retournés à la morgue de Bamenda où ils ont gardé le cadavre. Alors ils pensent  tromper qui ? Ils ne s’exposent que pour ce qu’ils sont. Mr. Biya a manqué d’options.  Il continue à tuer  nos gens, les habille en tenue militaire et prétend que nous les avons tués. Nous n’avons aucun intérêt à tuer qui que ce soit .La violence est une mauvaise chose. Nous avons l’affaire  en main et un instrument juridique  qui est maintenant en notre faveur. Nous allons utiliser cela pour pousser Mr. Biya à quitter notre pays. Je peux aussi vous dire qu’en tant  que président de ce gouvernement intérimaire, le jeu a complètement changé. Nous ne parlons plus du conseil d’administration et en tant que président, toutes les cartes sont disponibles sur la table et nous les utiliserons en cas de besoin.

 

FL : Quel est votre réaction à la suite des mandats d’arrêt internationaux émis par le Gouvernement Camerounais contre votre personne et 36 autres responsables et partisans de votre organisation ?

 

SAT : Primo, le gouvernement camerounais n’a aucune raison de délivrer un mandat d’arrêt contre nous. Secundo, aucun mandats d’arrêt international n’a été délivré contre moi encore moins contre mes amis et collègues dans cette lutte. Ils n’ont aucun statut légal pour le faire. Ils ne l’ont pas fait parce qu’ils ne peuvent pas le faire. Soyez attentif, vous réaliserez que ces déclarations sont de la même presse écrite qui à annoncé la découverte des armes massifs de guerre dans le nord-ouest et comme photo d’illustration ils ont montrés les machettes et les houes que les enfants utilisent pour le travail manuel à l’école. Donc le degré de propagande de cette presse écrite est bien connu. Par contre, le seul mandat d’arrêt que le monde attend  est celui contre Mr Biya et tout son gouvernement pour crime contre l’humanité.

 

FL : Depuis le 08 juillet 2017 où vous avez été porté à la tête de l’Etat Fantôme de l’Ambazonie. Avez –vous déjà reçu la main tendue du gouvernement Camerounais pour une quelconque négociation ? si non, êtes vous prêts pour un dialogue avec le gouvernement du Cameroun ?

SAT : Il est étrange que vous appeliez notre Etat, l’Etat fantôme d’Ambazonia. Le rêve est que nous soyons  une nation. Nous avons déclaré notre indépendance et nous sommes très certains de savoir quand nous recevrons nos biens à Buea et non « si » nous nous  en sortons à Buea. Oui, nous n’avons reçu aucune demande du gouvernement de Mr. Biya pour toute négociation. Nous savons qu’il y’aura des négociations parce que nous ne pouvons pas partir. Quand il sort de notre terre et je dis « quand » il sort de notre pays et non « si ». Quand Mr. Biya quitte la terre, nous devons encore nous asseoir ensemble pour discuter des termes de cette séparation. Et Oui, nous sommes ouverts à toutes négociations. Nous savons que nous devons dialoguer avec lui, même si je finirai par construire un mur pour séparer nos deux nations. Mais pour séparer, nous allons dialoguer. Cependant, nous  l’avons dit depuis le début  et nous le disons chaque fois. Nous n’aurons aucun dialogue si Mancho Bibixy, Penn Terence et tous les autres qui sont en prison ne sont pas libérés. Ils doivent être libérés pour que les négociations commencent. M. Biya doit faire sortir ses militaires dans nos rues, nous devons démilitariser nos villes avant toutes négociations. Nous nous attendons à ce que ces négociations se déroulent à l’extérieur du pays. Nous espérons que les nations Unies qui ont déjà proposé de négocier seront invitées ainsi que l’union Africaine qui a déjà manifesté son intérêt pour la médiation.et le common wealth. Nous attendons aussi trois nations qui ont fait partie de cette histoire pour la participation de cette discussion à savoir : La France, la grande Bretagne et le Nigeria. Et lorsque les discussions seront entamées, nous arriverons ensemble à un endroit du Cameroun et nous discuterons les termes de notre séparation. Et après, nous allons nous serrer  la main avec Mr Biya pour nous dire revoir.

 

FL : Votre message à l’endroit de vos frère et sœurs, et aux autorités Camerounaises.

SAT : A Mon peuple, à  mes frères et sœurs de la zone britannique du Cameroun maintenant devenu la république fédérale de d’Ambazonie, j’aimerais vous remercier pour votre persévérance, car vous êtes résolus à voir la fin. En tant que votre humble leader, je peux vous garantir que nous avons pris un virage décisif et que nous apercevons déjà le bout du tunnel. Nous  y arriverons tous ensemble. Croyez-moi, nous nous efforçons de réaliser notre objectif, celui de nous retrouver tous à Buéa. Nous arriverons à Buea. M. Biya et son équipe doivent savoir qu’il n’ya pas de retour en arrière pour nous. Il est préférable pour eux d’accepter que nous nous asseyions ensemble maintenant et que nous discutions des termes de notre séparation afin que demain nous devenions des meilleurs voisins. On dit que dans la vie, vous faites vos choix et en fin de compte, vos choix vous font. M. Biya a le choix d ‘y mettre un terme amical afin que demain nos  deux pays voisins soient amicaux. Il a aussi le choix de continuer dans cette partie sombre, chemin  qu’il a pris de telle sorte que nous finissons mal cette chose pour que demain nous devenions des voisins très hostiles. Aujourd’hui, la décision sera à moi et les gens de la République Fédérale d’Ambazonia.  Nous savons où nous allons, nous y arriverons et M. Biya est sur notre chemin. J’espère qu’il nous donnera le chemin, qu’afin que nous nous déplacions en toute sécurité. S’il continue à se tenir sur notre chemin, comme tous les vents qui soufflent le bulldozer, je suis sur que notre tempête l’emportera loin de notre chemin pour que nous accédions à Buea. Une chose est sure, nous arriverons à Buea.      Que Dieu bénisse notre peuple. Merci beaucoup de m’avoir donné l’opportunité de parler à vos lecteurs. Que Dieu vous bénisse…Au revoir.

                                                                                              Entretien réalisé Par Prince Aristide Ngueukam

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