Entretien: Dr Armand Nghemkap et la bataille contre la mort subite

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Dr Armand Nghemkap

Docteur Armand Nghemkap et la mort subite

« Il faut toujours se faire consulter avant la pratique de toute activité sportive pour connaître ses limites…».

Médecin urgentiste et spécialiste en biologie du sport, le Docteur Armand Nghemkap a fait de la lutte contre la mort subite son cheval de bataille pour sauver des vies dans le monde. A travers des campagnes de  sensibilisations qu’il organise, ce médecin camerounais exerçant au CHG de Soissons en France ne rate aucune occasion pour interpeller les consciences. Entretien.

Forum libre: En 2003 l’international Camerounais Marc Vivien FOE s’est éteint en mondovision alors que ses coéquipiers et lui livraient un match de coupe des confédérations de la FIFA. Est-ce cet évènement tragique qui a créé en vous le déclic du combat que vous menez depuis plusieurs années maintenant contre la mort subite chez les sportifs ?

Dr Armand Nghemkap : Ce n’est pas l’évènement tragique de la mort subite de Marco qui m’oriente vers ce combat, pas du tout. Je m’y étais déjà engagé, mais le fait de voir ce sportif mourir en mondovision alors qu’il pouvait être sauvé si la prise en charge avait été directe et immédiate, oui c’est cette ignorance qui me pousse a accentuer ce combat pour que plusieurs soient sensibiliser afin de sauver d’autres. 

FL : Après Marc Vivien FOE, il y a eu le cas Albert EBOSSE et bien d’autres ! Quand on connaît l’amour des Camerounais pour la pratique sportive, peut-on dire que la menace plane au-dessus de nos têtes ?

AN : Ce n’est pas la pratique du sport qui fait problème, surtout que le sport est conseiller pour la santé, ce sont les êtres qui pratiquent le sport qui peuvent être des menaces pour eux même de par leur état de santé. C’est pour cela qu’il faut toujours se faire consulter avant la pratique de toute activité sportive pour connaître ses limites.

 FL : Quelles sont les causes de la mort subite chez les sportifs ?

AN: Les causes de la mort subite chez les sportifs sont liées à un état de santé que l’on a voulu masqué, à une maladie qu’on a pas détecté à temps, ou a un effort extrême au delà de ses limites.

FL: Au regard de la récurrence des cas de mort subite chez les footballeurs, peut-on dire que le football est plus exposé à la mort subite que les autres sports ?

AN : Non. Nous ne pouvons pas dire que le football est plus exposé à la mort subite que d’autres sports, mais il est le plus médiatisé. Même les Hommes du sport populaire appelé deux-zéro en sont victimes et Dieu seul sait combien sont frappés. Simplement ces cas-là ne sont pas autant médiatisés comme dans les grandes compétitions de football. Nous avons tendance à le croire parce que dès qu’un footballeur tombe à la seconde qui suit, le monde est au courant. Alors qu’un handballeur ou un coureur de fond qui tombe cela n’émeut pas les médias autant.

FL: Quelles sont vos armes pour venir à bout de ce tueur silencieux ?

AN : Mes armes pour venir à bout de ce tueur silencieux ne sont rien d’autres que les campagnes de sensibilisation car c’est l’ignorance qui tue ! En effet nous sommes ignorants des signes d’alertes, nous sommes ignorant des gestes qui sauvent. Par exemple savons nous que l’hypertension est un précurseur de la mort subite ? Savons-nous que dans les cas d’une personne victime de ce malaise il y’a trois gestes qui sauvent : Appeler les secours, Masser, Défibriller ? Soyons présent dans les campagnes de sensibilisation pour apprendre, oui, apprendre à sauver des vies.

FL : Vous avez récemment séjourné au Cameroun dans le cadre de cette lutte noble. Avez-vous l’impression d’être compris ? Et quel premier bilan faites-vous des différentes actions entreprises durant ce séjour ?

AN : Oui j’ai effectivement séjourné au Cameroun dans le cadre du lancement de la première journée de lutte contre la mort subite du sportif, organisé par KAMER SPORT SANTE, dans le but de sensibiliser encore et encore. Si je n’avais pas l’impression d’être compris, je changerai de destination. Je suis bien compris et très bien d’ailleurs, cela peut s’expliquer par des personnes qui me contactent chaque jour via ma page Facebook, par des personnes qui se déplacent pour venir assister aux campagnes de sensibilisation tant au festival éducatif KOMANE à Dschang, qu’au KAMER SPORT SANTE à Douala. Pendant la première

journée de lutte contre la mort subite du sportif, le bilan des premières actions est positif. Tous ceux qui étaient présents ont retenu quelque chose. Sur le plan théorique, ils ont compris qu’il faut d’abord soigner notre hygiène de vie, il faut savoir détecter les signes d’alertes, et enfin pratiquer les trois gestes qui sauvent : appeler les secours, masser, et défibriller.

FL : Quelles sont vos perspectives ? Pour quels résultats escomptés dans les jours à venir ?

AN :Le seul résultat escompté ici est de sauver des vies. Nous devons arriver à un stade où nous n’enregistrerons plus de mort subite. Pour se faire, je vais continuer dans la même lancée en multipliant les campagnes de sensibilisation, en mettant sur pied une série télévisée qui parlera de cette mort subite en explorant tous ses contours pour que plusieurs en soient sensibilisés.

 

                                                                  Entretien réalisé par Steve Goldas Ngankam

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