Faculté de médecine de l’Université de Dschang : La mort de Foning va-t-elle enterrer le projet ?

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Faculté de médecine de l’Université de Dschang : La mort de Foning va-t-elle enterrer le projet ? :: CAMEROON Françoise Foning, qui avec la coopération italienne, constituaient les ambassadeurs de cet important projet, avait réussi à en faire un problème régional. C’était désormais l’objet de tous ses discours à l’Ouest. A peine décédée, le site prévu à cet effet est aujourd’hui  pris d’assaut par des individus, sous la barbe complice des pouvoirs publics. Une mort va-t-elle en cacher une autre ?

Depuis bientôt une décennie, la création d’une faculté de médecine à Dschang fait l’objet de tous les discours de campagne dans la région de l’Ouest, aussi bien de la part des  élites que des hommes politiques. On se souvient que lors du meeting régional  de  Bafoussam pendant la campagne présidentielle de 2011, le Premier ministre, Philémon Yang, du haut de sa posture de directeur de campagne de Paul Biya, avait fait de ce projet la principale promesse du septennat.
Genèse de l’affaire du Chu (Centre hospitalier universitaire)  au lieu dit « colline de Foto »

L’histoire remonte à l’époque où monsieur Owona René, de regretté mémoire, occupait le poste de directeur du Centre universitaire de Dschang. Il avait alors obtenu de la communauté Foto,  la « colline de Foto » pour abriter le centre administratif de cette institution. Aussitôt, il scinda cet espace en deux entités. L’une pour abriter la direction, dont il a pris le soin d’entourer ; et l’autre pour abriter  des centres spécialisés dès que les moyens le permettront.

Avec le temps, surtout la crise économique, suivie des plans d’ajustement structurels, les recteurs qui se sont succédés, après la transformation du Centre universitaire de Dschang en Université de Dschang (UDs), n’ont pas eu les moyens de mettre la deuxième entité en œuvre. C’est ainsi que pendant ce temps, dans la logique d’un mécanisme qui défie la réglementation, des autorités administratives ont réussi à « concéder» des parcelles à des tiers.

A la faveur du projet de création d’une Faculté de médecine à Dschang, avec d’importants moyens promis par la coopération italienne, l’UDs a mené des études pour y établir un Chu. A cet effet, les autorités administratives ont été saisies pour la sécurisation administrative du site. C’est alors qu’il y a eu des concertations qui ont permis d’établir les illégalités antérieures des transactions à cet endroit.

Pendant que l’Uds s’engageait dans un esprit d’apaisement pour dédommager les acquéreurs, bien que frauduleux, le ministère des domaines et des affaires foncières (mindaf) a encadré cette démarche par une déclaration d’utilité publique. Dans le même élan, l’Etat émettait par la même occasion un titre foncier  pour clairement faire du lieu dit « colline de Foto), un domaine privé de l’Etat. A la suite du titre foncier, les diligences ont été faites selon les règles de l’art (levées topographiques, bornage…) pour que la concession officielle par l’Etat soit faite au bénéfice de l’Uds.

Le curieux laxisme des pouvoirs publics

La question qui revient sur toutes les lèvres est celle de savoir comment face à la mafia à laquelle l’UDs s’est  heurtée au cours de ses diligences sur le terrain, l’administration est restée quasi-impuissante. Jusqu’alors l’entregent politique de madame Françoise Foning qui se montrait particulièrement préoccupée par ce dossier avait permis de maintenir la pression pour que le dossier aboutisse. Ce d’autant plus que la communauté Foto, donatrice, a toujours réaffirmé sa solidarité avec l’UDs et se propose d’ailleurs de récupérer le site si d’aventure l’Etat choisissait d’abandonner le projet de la Faculté de médecine de l’université de Dschang.

Les curiosités de l’Université de Dschang

Avec la configuration actuelle, on se demande ce qu’a fait l’Université de Dschang pour ne pas bénéficier de la « méritocratie géographique », dès lors qu’elle est privée de ce qui se trouve aisément ailleurs, chez ses homologues du territoire national. Tout part d’un constat simple : Si Dschang est la seule ville universitaire qui ne regorge pas en son sein des formations médicales (à Ngaoundéré, on forme des vétérinaires), l’Université de céans est aussi celle où on ne retrouve aucune école de formation qui donne directement accès à la fonction publique. Depuis la fermeture de l’Inader, les agronomes ne sont plus intégrés à la fonction publique.

Ce qui se passe actuellement à l’Université de Dschang (UDs) est que cette institution dispose en faculté des sciences, une filière des sciences biomédicales que certains avaient, au départ,  confondu à leurs dépens, à une faculté de médecine. Or en réalité, ce n’est qu’à l’issue de cette filière que l’étudiant doit passer un concours pour éventuellement intégrer une faculté de médecine dans les autres universités.

Grâce à des bourses offertes par la coopération italienne, les étudiants de la filière pharmacie vont, après la 5ème année d’étude, parachever leur formation en Italie. Une filière kinésithérapeute vient de voir le jour à l’UDs, grâce à cette même coopération. Voilà en quoi  l’UDs est réduite à ce jour. Car, la vérité est que toute cette coopération attend désespérément le décret promis de création d’une faculté de médecine, pour le déploiement de toutes les filières relevant du domaine de la santé, suivant des études dont  certaines sources affirment qu’ils sont bouclés depuis de longues dates. Comment comprendre donc que pendant que toute la Région de l’Ouest attend impatiemment cette faculté tant rêvée, les pouvoirs se fassent complices des opérations mafieuses sur le site devant abriter le Chu de Dschang ?

On se souvient que du temps où Nasseri Bea, l’actuel préfet du Wouri, occupait ce même poste dans  la Menoua, il s’était opposé énergiquement à toutes ces manœuvres obscures, y mettant ainsi fin, en attendant que la concession officielle de ce site soit bouclée, et en exigeant qu’aucune action immobilière ne puisse se faire dans cet espace. Mais aujourd’hui, le rôle de l’Etat sur cette affaire paraît flou.

Il s’agit là d’une situation qui vient réconforter une folle rumeur qui, à un moment donné, a distillé une information selon laquelle la faculté de médecine de Dschang sera transférée à Ebolowa, et que c’est la raison pour laquelle les pontes du régime se sont décidés de partager la « colline de Foto ». Maintenant avec la disparition de Françoise Foning, que feront les élites de l’Ouest pour maintenir ce projet ? L’Ouest est-il déjà orphelin de cette conquérante ?

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