Fermeture de la polyclinique Marie O: Voici pourquoi la décision du Minsanté, Manaouda Malachie,est malheureuse et innoportune. La Réaction de Jean Robert Waffo du SDF

0
221

Sur le plan administratif, le ministre de la santé n’a respecté aucune procédure puisqu’il ne s’est pas assuré que le préfet du wouri a effectivement notifié au Dr Ngoulla sa lettre du 6 mai. Des enquêtes du député Jean Michel NINTCHEU, il apparaît que le Docteur Ngoulla n’a jamais reçu cette correspondance qui devait lui être notifiée par le préfet. Le 8 mai il a reçu celle de l’Ordre national des médecins et il y a répondu et a reçu le 13 mai une commission d’enquête du syndicat, de l’Ordre des médecins ainsi que la délégation de la santé du littoral. Curieusement c’est ce même 13 mai que le ministre a annoncé par tweeter la fermeture de la clinique sans que les commissions aient rendu leur rapport.

Ce qui dénote d’une précipitation et une légèreté blâmable comme l’a indiqué le syndicat des médecins. Aucune disposition légale n’autorisait le Ministre à agir de la sorte.
On ne gère pas un ministère en s’appuyant sur des voice ou des articles publiés dans les réseaux sociaux.

Décision sur l’émotion

Il se trouve que le Ministre a fondé sa décision sur l’émotion et non sur des faits probants. En fait tout est parti d’un voice que plusieurs Camerounais ont reçu dans lequel une dame indiquait qu’un de ses parents atteint du covid19 était interné dans cette polyclinique du nom de Ellon Williams et qu’on lui avait brandi une facture de 6millions. Sur la base de ce voice, sans attendre les résultats de l’enquête que lui même a prescrite, le Ministre a pris une décision de fermeture de la clinique. Il ressort de de l’enquête menée par l’honorable Nintcheu que d’abord le monsieur en question est Libanais et qu’il est arrivé à la polyclinique Marie O pratiquement dans le coma. Travaillant chez un armateur Camerounais, celui-ci a cru devoir le conduire dans un centre hospitalier à nNdogbong où le plateau technique n’était pas à la hauteur de la pathologie dont souffrait ce patient. Et c’est lorsqu’il tombe dans le coma qu’il est envoyé vers la polyclinique Muna qui n’a plus de place en réanimation. Il est conduit à Marie O qui le prend en charge et ce patient qui n’est pas covid a été d’abord annoncé à l hôpital gyneco-obstétrique de Yassa mais il se trouve qu’après la fermeture de la clinique le dit patient a du trainer dans l’ambulance de 14h à 22h avant d’être admis dans une clinique où il est hors de danger. Il faut rappeler que la facture n’était pas de 6 millions de FCFA mais de 14 millions de FCFA entièrement payée par la communauté Libanaise qui a d’ailleurs féliciter le Dr Ngoulla par la voix de son consul à Douala et celle de la famille du patient au Liban.

Precipitation et légèreté blâmable de Manaouda Malachie.

Sur la base de ce qui précède, le ministre a fait preuve d’une précipitation et d’une légèreté blâmable. Tout en tenant compte des réalités du terrain, l’État doit accompagner et encadrer l’initiative privée et non la détruire. Les conséquences sanitaires et sociales sont énormes. À l’heure où l’emploi est durement touché et où on observe une phobie généralisée des camerounais pour les hôpitaux publics du fait du coronavirus, à l’heure où il est établi que les infrastructures médicales sont en nombre insuffisant, il est quand même surprenant qu’on puisse prendre la sanction suprême contre une formation hospitalière sans avoir examiné tous les contours notamment les procédures administratives en la matière. Si jamais il y’avait faute de la part de cette polyclinique, n’y avait-il pas une sanction alternative par exemple pécuniaire en attendant l’aboutissement de l’enquête ? Ce sont plus de 100 personnes qui ont été envoyées en chômage avec leurs familles en charge qui vont durement prendre un coup, près de 25 medecins généralistes et spécialistes en chômage, les appareils médicaux en souffrances alors que le Cameroun est dans un besoin criard. On parle de 15 respirateurs artificiels dont regorge cette polyclinique. Plus grave, l’un des patients transféré à l’hôpital laquintini,après la fermeture de la clinique, y est décédé parce qu’il n’y avait pas d’oxygène dans cette formation hospitalière. Il est donc urgent et meme impératif que le ministre de la santé revienne sur sa décision.
À la question de certains qui estiment que le SDF se mêle d’une affaire concernant deux barons du Rdpc, c’est un faux débat qui est de surcroît réducteur et parcellaire. le SDF a prouvé par l’enquête menée par le député Jean Michel NINTCHEU combien le parti est d’abord soucieux des camerounais indépendamment de leur chapelle politique.

Jean Robert Wafo
Responsable du shadow cabinet du SDF en charge de l’information et des médias

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here