FILIERE SUCRE

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Le sucre qui risque d’emporter Mbarga Atangana

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En dépit du malaise ambiant qui règne dans les régions septentrionales, le Mincommerce est résolument déterminé à sacrifier ces populations au profit des intérêts d’un groupuscule financièrement puissant. Gare à la réaction du chef de l’Etat que les dignitaires de ces régions ont saisi.

Jusqu’à quand les populations de l’Adamoua, du Nord et de l’Extrême-Nord devront elles souffrir le martyr face à la pénurie du sucre qu’elles subissent depuis quelques mois  et qui perdure ? Qu’est-ce qui peut bien expliquer l’indolence, le manque d’intérêt affiché par le ministère du Commerce malgré toutes les alertes, à ne rien envisager pour assurer l’approvisionnement des marchés du septentrion en sucre, en cette veille de Ramadan ? En tout cas, tous les ingrédients sont presque réunis pour exacerber la colère des uns et des autres qui trouve ses origines dans la rareté du sucre.

S’il est établi que les masses populaires attribuent la pénurie du sucre à la Sosucam, c’est que le président directeur général de cette agro-industrie n’a jamais ménagé d’effort pour obtenir le monopole de la commercialisation de cette denrée de grande consommation. Cependant, même en procédant aux importations, la Sosucam se trouve dans l’incapacité de couvrir la demande nationale estimée à 300 000 tonnes. Un ambitieux programme d’investissement a été annoncé depuis plusieurs années, mais à ce jour, aucun changement majeur n’a été observé. Même pas de prémices. Toute chose qui inquiète et qui laisse croire que le magnat du sucre fait du dilatoire, afin d’endormir les autorités gouvernementales, le ministre du Commerce en premier.

Pourtant présenté comme un expert en matière du commerce international, Luc Magloire Mbarga Atangana apporte la preuve qu’il ne suffit pas de côtoyer les milieux où l’on discute de la vente de la banane, pour maîtriser les notions les plus élémentaires du commerce mondial. A son arrivée à la tête de ce département en 2004, constatant les limites de la Sosucam, le Mincommerce avait présenté des arguments qui ont suggéré aux pouvoirs publics, l’autorisation des importations pour combler le déficit de la production locale. Et depuis lors, cette mesure salutaire qui a contribué à un ravitaillement optimum du marché local et partant l’accès aux populations les moins nantis d’avoir accès au sucre a eu le mérite de lutter contre la vie chère, de calmer la tension sociale et de sauvegarder la paix au Cameroun.il y’a quelques années, il sera soutenu dans ce combat contre la pénurie  et l’augmentation vertigineuse du prix du sucre par Lazare Essimi Menye alors ministre des finances au cours d’un conseil de cabinet devant le premier ministre chef du gouvernement. Essimi Menye s’offusquait de ce que les camerounais ne pouvaient pas continuer à souffrir le martyrs face à l’incapacité d’un opérateur économique incapable à couvrir le marché national. Yang Philémon prendra la décision d’ouvrir le marché pour empêcher la saignée.

Quand Mbarga Atangana manque de protéger les consommateurs.

 Après plus de dix ans passés dans le gouvernement, Luc Magloire Mbarga Atangana a toujours peur de perdre son précieux fauteuil face aux observateurs avertis de la scène politico-économique qui pensent que le fils de la Mefou et Afamba n’a plus rien à apporter dans ce département ministériel où il s’est beaucoup familiarisé avec de nombreux opérateurs économiques. Que s’est-il en réalité passé en août 2014, pour que le gouvernement qui avait autorisé les importations du sucre, puisse les suspendre en ce moment ? Etait-ce de l’enthousiasme de la part du Mincommerce que les années passées au sein du gouvernement ont fini par essouffler ? Est-ce ces accointances avec certains milieux d’affaires qui ont obligé Luc Magloire Mbarga Atangana de réviser sa position au sujet des importations du sucre ? Ou alors est-ce vraiment une décision émanant du chef de l’Etat ? Difficile de l’affirmer de façon péremptoire. Mais toujours est-il que la pénurie et la flambée du prix du sucre sont constantes dans les marchés camerounais. Le ministre pour sa part avait opté pour une balade en mars dernier dans les usines de sosucam pour dit-il constater la capacité de  cette entreprise française à couvrir le marché national au détriment d’une descente dans les marchés du territoire national. Accompagné d’une certaine presse avide du « gombo » qui s’est contenté de la descente dans les usines de Mbandjock et Nkoteng assorties de quelques prébendes de la sosucam ayant transités par la cellule de communication du mincommerce dans l’optique d’aveugler celle-ci. Trop occupé à défendre le strapontin de Luc Magloire mbarga atangana face à la pénurie qui sévit dans le grand nord, cette presse à la solde du ministre n’a pu apporter des éléments contraires sur la pénurie et la flambée des prix du sucre dans le grand nord ainsi que sur les étales de nos marchés. A la cellule de communication où forum libre s’est rendu, Raoul simplice Minlo s’est contenté de signaler que le marché est suffisamment alimenté en sucre et que la descente de la presse et les cadres du ministère dans les usines de sosucam suffisent pour le démontrer. A la question de savoir pourquoi les prix grimpent sur le marché, le celcom a renvoyé la réponse pour le directeur du commerce intérieur en charge du dossier. C’est connu que Mbarga Bihina a toujours déclaré à la presse que le marché du sucre se porte bien et que sosucam tient à ses engagements.

La responsabilité de la Présidence de la république.

L’opinion se souvient que la décision suspendant les importations est une instruction du ministre secrétaire général de la présidence de la République au Premier ministre, lui demandant d’instruire aux différents ministres concernés, la suspension des importations du sucre. Pour certains, c’est bien Ferdinand Ngoh Ngoh qui à ordonné la suspension à la suite des mauvais rapports du département technique qu’est le ministère du commerce. Pourquoi son prédécesseur les avait autorisées ?s’interrogent certains économistes.et de conclure que : « …Si l’ancien Sg de la présidence était encore aux affaires, il n’y aurait pas eu cette suspension des importations… », Affirment certaines mauvaises langues qui vont plus loin en précisant que « ….Le Pdg de la Sosucam a profité de l’arrivée du nouveau Sg, pour manœuvrer à fond et obtenir cette interdiction des importations, afin d’asseoir son monopole ».D’où la question de savoir si Ferdinand Ngoh Ngoh a été manipulé par ses collaborateurs et surtout le tristement célèbre conseiller des affaires économiques de la présidence de la république Séraphin Magloire Fouda qui est réputé depuis quelques années ne cracher sur rien.

En tout état de cause, la décision suspendant les importations du sucre a certes permis à un clan de faire de bonnes affaires, mais elle a réussi l’exploit de créer la pénurie du sucre sur le marché national depuis 5 mois voire 6 mois dans certaines localités, faisant au passage grimper les prix de 50 kg de 23 000 Fcfa à plus de 30 000 Fcfa. Toute chose qui ne corrobore pas le discours présidentiel qui a pris des mesures volontaristes pour soulager les souffrances de ses concitoyens. Qu’adviendrait-il si ce dernier se rendait à l’évidence que malgré tous les efforts consentis pour améliorer le niveau de vie des populations, certains membres de son gouvernement évoluent dans le sens contraire à ses aspirations ? Seul l’avenir nous le dira.

 Rappel ancien papier

Mbarga Atangana et louis Yinda veulent-ils déstabiliser le grand nord ?

La rareté du produit suscite de graves inquiétudes

A moins de quelques jours seulement du début du jeun de Ramadan, la rareté et la flambée du prix du sucre dans les régions septentrionales suscitent de graves inquiétudes. Plus de 35000 frs Cfa le sac de 50kg. 

« … Où sont passées les 1 000 tonnes du sucre disponibles  à N’Gaoundéré annoncées le mois dernier par la Sosucam ? Nous avons parcouru toute la ville, nous n’avons pas vu ce sucre là. Les camions sont immobilisés depuis plusieurs jours attendant  d’être livrés afin d’acheminer le sucre dans les localités environnantes où nous avons des clients qui ont commandé une importante quantité du sucre.», se demande Ibrahim, commerçant à Mora, dans la région de l’Extrême-Nord.

Comme lui, beaucoup d’autres opérateurs économiques du Grand-Nord éprouvent ce même sentiment d’anxiété.  Une anxiété qui s’expliquerait par le fait que dans les usages des opérateurs économiques du septentrion, le mois de mai constitue la période d’approvisionnement par excellence en produits alimentaires, en prélude à la fête de Ramadan qui démarre le mois suivant. Alors que les denrées alimentaires telles que le riz, le maïs, la farine, l’huile et le lait sont disponibles, le sucre est introuvable. Pourtant, la consommation du sucre est très forte durant la période de jeûne. Selon les statistiques, la demande du sucre pendant cette période est de 50 000 tonnes contre 25 000 tonnes en période ordinaire. Ce qui représente une plus-value pour les opérateurs de la filière.

Qu’est-ce qui peut expliquer cette rareté du sucre sur certains marchés du triangle national.  C’est qu’en réalité la production nationale annuelle du sucre est de 130 000 tonnes, pour une demande nationale qui oscille entre 250 000 et 300 000 tonnes. Ce qui laisse un gap de 120 000 tonnes à 170 000 tonnes qu’il faudrait combler.

Face aux limites de production de la Société Sucrière du Cameroun (Sosucam), les pouvoirs publics avaient décidé de mettre en œuvre des programmes spéciaux d’importation du sucre à travers l’attribution des autorisations d’importations aux opérateurs économiques ayant la capacité de le faire. Cette mesure salvatrice a permis de résorber le déficit de production et d’éviter au pays, une situation de pénurie qui aurait eu des fâcheuses  conséquences au plan social.

Contre toute attente, en août 2014, les pouvoirs publics vont suspendre à titre provisoire les autorisations d’importation de sucre, alors que la production nationale n’a pas augmenté et que la Sosucam qui avait promis la mise en œuvre d’un programme d’investissement  pour accroître sa production. Près de 10 mois après cette suspension des importations, le sucre devient de plus en plus rare dans certains marchés. Et lorsque certains réalisent l’exploit de le trouver, les prix ne sont pas à la portée de tous. Le sac de 50 kg coûte entre 28 000 Fcfa et 30 000 Fcfa. En clair, l’offre en sucre reste insuffisante. Contrairement aux déclarations du directeur du Commerce intérieur au ministère du Commerce. Valentin Mbarga Bihina avait déclaré le 25 mars dernier, au terme de la visite des installations de la Sosucam, que l’offre en sucre est abondante. 46 000 tonnes au total dans les magasins de Mbandjock, Nkoteng, Douala et N’Gaoundéré. Le proche collaborateur du ministre du Commerce,  dit avoir constaté que l’offre sucrière s’est accrue par rapport au mois de janvier 2015. Que la production nationale est suffisante et qu’il n’ya aucune alerte sur la capacité de production, conclut-il.  Ces affirmations suscitent au moins deux interrogations : avec une production mensuelle de 10 000 tonnes, par quelle alchimie la Sosucam a-t-elle pu disposer en 3 mois, de 46 000 tonnes de sucre, alors qu’aucun investissement n’a été réalisé pour améliorer l’outil de production ? Si ce n’est pas du sucre issu de la contrebande, quel quota d’importation de sucre Sosucam a-t-elle bénéficié, au titre du programme spécial d’importation ?

LEVER L’INTERDICTION D’IMPORTATION

Les estimations les plus plausibles font état de ce qu’au 20 juin 2015, Sosucam devrait disposer en moyenne 76 000 tonnes, face à une demande estimée à 150 000 tonnes. Un gap de plus de 70 000 tonnes reste à combler. Et si l’on tient compte du fait que c’est au mois de novembre reprend ses activités, l’on se retrouvera avec un gap qui oscille autour de 150 000 tonnes qu’il faut résorber.

En tout état de cause, le constat est là. L’offre nationale en sucre est insuffisante. Elle est loin de satisfaire la demande nationale, surtout lorsque celle-ci atteint la pointe de 50 000 tonnes entre les mois de juin et juillet. Période pendant laquelle, la Sosucam est en arrêt de ses activités.

En dépit des bonnes intentions des uns et des autres en faveur de la société agro-industrielle locale, les réalités du marché sont tellement évidentes qu’on aurait du mal à vouloir faire admettre à l’opinion qu’il y a aucun risque qui se pointe à l’horizon. Et du coup, tous les observateurs aux rangs desquels des dignitaires du Grand-Nord soutiennent  que la levée de la suspension des programmes spéciaux d’importation est l’unique alternative pour  ainsi de désamorcer l’explosion sociale qui se profile à l’horizon du coté du septentrion.

                                  Alain Cedric YOMPA

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