Grand Dialogue National :Me Felix Agbor Nkongho se lâche! « Les habitants de l’ancienne Cameroun méridional nous attendent pour une solution durable et permanente à leurs problèmes… »

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Grand Dialogue National
*Me Felix Agbor Nkongho Balla se lâche!*

* »Les habitants de l’ancienne Cameroun méridional nous attendent pour une solution durable et permanente à leurs problèmes… »*

Me Felix Agbor Balla, leader de la société civile, réagit à l’ouverture du grand dialogue national.

« Je suis devant vous aujourd’hui avec une profonde inquiétude quant à l’avenir de ce pays. Notre devoir ici n’est pas un secret. Nous sommes ici pour dialoguer et apporter une réponse crédible, acceptable et ponctuelle à un conflit. Malheureusement, nous sommes ici sans les groupes armés non étatiques qui sont parties au conflit que nous cherchons à résoudre par le biais de ce processus.

Notre pays est composé de peuples qui ont obtenu leur indépendance deux jours, deux mois et deux années différents. L’un, la République du Cameroun, le 1er janvier 1960, l’autre, le Southern-Cameroons, le 1er octobre 1961. Les anglophones de l’ancien Southern Cameroons ne sont pas seulement des habitants de deux régions du Cameroun, ils sont reconnus comme un peuple par le droit international.

Lorsque la Commission Africaine des Droits de l’Homme a statué en 2009, le peuple du Southern Cameroons peut légitimement prétendre être un « peuple » car « il présente de nombreuses caractéristiques et affinités, qui incluent une histoire commune, une tradition linguistique, des liens territoriaux et une perspective politique. De plus, il est important qu’ils s’identifient comme un peuple avec une identité séparée et distincte. L’identité est une caractéristique innée d’un peuple. Il appartient à d’autres personnes externes de reconnaître cette existence, et non de la nier.

Les anglophones sont un peuple qui, avant de choisir de gagner son indépendance par la réunification avec La République du Cameroun, possédait et gérait déjà tous les bras d’un gouvernement moderne. Le territoire avait un gouvernement, un exécutif, un pouvoir judiciaire et un parlement. Nous avions un État — un État, pas deux régions. Ce serait une parodie de prétondro le contraire. Notre peuple, ceux dont nous aspirons à rencontrer les aspirations d’aujourd’hui, n’a jamais vraiment vécu la joie de célébrer sans crainte l’anniversaire de son indépendance.

Au moment où je vous parle aujourd’hui, l’histoire est déjà en train d’être écrite. Mais quelle histoire ? Et histoire de quoi ?

Des civils non armés meurent dans les régions du nord-ouest et du sud-ouest. Des bébés et des femmes sont en train d’être tués. La faim et la souffrance sont sur une trajectoire ascendante. Des milliers SQ.uffrent de blessures graves. Des millions de personnes font face aux cicatrices mentales et psychologiques d’une guerre évitable. Des centaines de milliers d’élèves ne peuvent pas aller à l’école. Plusieurs milliers d’entre eux n’ont même pas d’école. Des milliers de personnes vivent dans la forêt, d’autres sont bloquées dans des camps de réfugiés ou sont devenues des déplacées Internes dans leur propre pays!

Comme ceux qui nous ont précédés, nous quitterons aussi un jour. Personne dans cette salle n’est éternel. Le Cameroun sera diffèrent demain et après-demain. La question est de savoir quel sera notre rôle dans les efforts à remettre ce pays sur la voie que nos ancêtres ont choisie pour nous en 1961.

Ce chemin n’était pas censé être celui de l’assimilation secrète, de l’assujettissement et de la domination. Cela ne devait pas entraîner la destruction du tissu socio-économique et politique de l’ancien Southern Cameroons. Et cela n’était certainement pas censé conduire à l’oppression et à l’humiliation des habitants du Southern Cameroons ! Il était censé donner naissance à une nouvelle nation composée de «frères et compatriotes» des deux côtés du Mungo, construisant une nouvelle nation sur la base.des meilleurs atouts de chaque côté. Hélas !

Lorsque nous avons mené les manifestations pacifiques des avocats et des enseignants en 2016, l’enjeu fondamental était de préserver notre identité et nos droits fondamentaux en tant que citoyens à part entière de la République bilingue du Cameroun et de notre mode de vie. Par exemple, la faculté de droit reste un rêve non réalisé. En fait, un jeune et brillant étudiant en droit de l’Université de Buea a récemment perdu sa vie des suites d’un naufrage survenu alors qu’il rentrait de ses études au Nigéria. La minorité anglophone se bat encore dans un système où même les normes les plus élémentaires d’équilibre régional n’ont jamais été mise en œuvre.

La raison du plus fort n’est pas toujours juste. Les plus puissants n’ont pas le monopole de la vérité. Notre histoire nous regarde en face et attend de voir ce que nous ferons ensuite. Allons-nous faire ou défaire comme un grand patriote a demandé il y a un demi-siècle ? Les habitants de l’ancien Cameroun Méridional nous attendent pour une solution durable et permanente à leurs problèmes. Notre manière d’agir est un choix. Les choix que nous opérons auront des conséquences sur la vie de millions de Camerounais Anglophones.

Le choix que nous avons aujourd’hui est de savoir si nous respectons l’histoire ou si nous la balayons d’un revers de main. Le choix que nous opérons aujourd’hui est de savoir si nous respectons la justice ou si nous perpétuons l’injustice. Le choix que nous avons aujourd’hui est de savoir si nous écoutons nos consciences ou si nous continuons sur la voie de l’indifférence insensée.

La plupart des personnes que nous représentons ici aujourd’hui ne croient pas en ce processus. Devons-nous en faire une activité fictive et confirmer leurs craintes ? La transformerions-nous en une plateforme « des discours kilométriques bidons »?

Le Cameroun est plus grand qu’un homme, plus qu’un parti politique et plus qu’un groupe ethnique ou linguistique. Le Cameroun est plus que le président Biya et il ne doit pas être soumis aux caprices d’un individu. Les aspirations des anglophones ne sont pas et ne peuvent être soumises aux souhaits d’acteurs internes ou externes égoïstes et intéressés. Que nous soyons riches ou pauvres, puissants ou faibles, nous quitterons un jour ce monde. Puissent nos actions ici refléter le pays que nous voulons laisser à nos enfants. Faisons finalement et résolument de ce peuple des citoyens à part entière de cette République naissante, possédant des droits égaux, des rêves et des aspirations. Nous sommes devant l’histoire. Nous ferons face aux conséquences de notre inaction dans un avenir proche ».

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