Homosexualité au Cameroun: Lourdes condamnations des homosexuels par la justice et traque continue par les autorités policières et les populations

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Le tribunal de première instance de Douala-Bonanjo a condamné,  le 11 mai 2021, à cinq ans de prison ferme les célèbres homosexuels Loïc Njeuken alias « Shakiro » et Roland Mouthe alias « Patricia ». Ils méditent désormais leur sort à la prison centrale de New-Bell. Pendant ce temps, d’autres homosexuels sont traqués et recherchés par les autorités policières du Cameroun. L’avocate Alice Nkom continue de dénoncer ses arrestations qu’elle qualifie d’arbitraires et plaide pour le respect de l’orientation sexuelle des uns et des autres par les autorités camerounaises.

Ce fut un mardi noir pour les homosexuels du Cameroun car le célèbre Shakiro venait d’être condamné par la justice camerounaise pour tentative d’homosexualité, outrage public aux mœurs et défaut de carte nationale d’identité. Mis sous mandat de dépôt à la prison centrale de New-Bell depuis le 18 février 2021 après être passé dans les cellules infestes de la brigade de gendarmerie de Nkololoun, les deux hommes  « Shakiro » et « Patricia » méditent leur sort dans l’unique pénitencier de la ville de Douala. L’affaire continue de défrayer la chronique parceque Loïc Njeuken alias « Shakiro » fait partie des homosexuels qui ont toujours assumé publiquement leur orientation sexuelle. Il avait d’ailleurs l’habitude de faire de nombreuses publications sur sa page facebook afin de sensibiliser ses semblables qui continuent de se cacher à cause des représailles. D’après les témoignages, « leurs conditions de détention sont extrêmement mauvaises. Elles sont constamment insultées par les gardiens de prison et les autres détenus en raison de leur orientation sexuelle. Elles ont été enchaînées à leur arrivée à la prison de New Bell et battues par des gardiens de prison ».

Le courroux de Me Alice Nkom, l’avocate attitrée des Homosexuels 

Si de nombreuses personnes au Cameroun se réjouissent de cette condamnation de ses deux femmes transgenres, l’avocate pro-homosexuelle, Me Alice Nkom dénonce une parodie de justice, « Au Cameroun les homosexuels vivent dans la terreur et la violence, la violence de partout, parce que le ton est donné par l’Etat. N’importe quel individu pense qu’il est supérieur à un homosexuel parce qu’il est hétéro », a indiqué Me Alice Nkom qui estime que  les « homosexuels sont des personnes à part entière et que la loi les protège au même titre que tout le monde ». Pour le porte-parole des personnes LGBT, il faut l’application stricte de la loi de l’égalité des droits, la loi du respect des minorités et celle de la non discrimination, ce que le Cameroun n’est pas capable de faire. En avril dernier, Human Rights Watch (Hrw) dénonçait des tortures et autres vagues d’arrestations dans la communauté LGBT au Cameroun.

Quand la police camerounaise continue de traquer de nombreux homosexuels 

Selon HRW, le 14 février 2020 dans la ville de Bertoua à l’Est du Cameroun, «  des gendarmes ont arrêté 12 jeunes, dont au moins un adolescent, pour des faits d’homosexualité et leur ont fait subir des mauvais traitements avant de les relâcher le même jour ». C’est aussi le cas de Ngassam Feuyan Franck Florian qui a séjourné en mai 2017 dans les cellules du commissariat central No1 de la ville de Yaoundé après avoir été copieusement bastonné par les populations car ce gay avait été pourchassé dans la ville de Douala en passant par son village Balengou où les villageois l’on qualifié de sorcier. Refugié à Yaoundé, il avait été surpris en plein acte sexuel au domicile familial de son compagnon France Nyama au quartier Jouvence. C’est d’ailleurs la mère de son amoureux de France, toute furieuse, qui va alerter le voisinage et la police. Il sera le seul à subir des sévices corporels car accusé d’avoir abusé de son ami. En 2016, la ville de Douala a connu l’une des plus grandes chasse à l’homme des homosexuels. En mai 2020, la police a arrêté 53 personnes, pour la plupart LGBT, lors d’un rassemblement dans un hôtel de Bafoussam à l’initiative d’une organisation de lutte contre le VIH et les a accusées d’homosexualité. Au moins 6 d’entre elles, dont 3 adolescents âgés de 15 à 17 ans, ont été soumises à des examens anaux et à des tests VIH forcés

Au Cameroun, l’article 37-1 du Code pénal  punit d’un emprisonnement de six mois à cinq ans, et d’une amende de 20 mille à 200 mille FCFA, « toute personne qui a des rapports sexuels avec une autre de même sexe. ». Malgré les campagnes de sensibilisation des organisations internationales des droits de l’homme, le gouvernement camerounais n’entends pas faire marche arrière. Au contraire, la justice continue d’infliger des lourdes peines privatives de libertés aux homosexuels qui sont pris en flagrant délits. Pendant ce temps, Human Rights Watch pense que le parlement camerounais devrait initier l’abrogation de l’article 347 bis du code pénal camerounais, qui punit les relations sexuelles consenties entre personnes de même sexe d’une peine pouvant aller jusqu’à cinq ans de prison.

 Fouapong Mefiré

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