IMPORTATION DU SUCRE

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Accorder des autorisations à Sosucam et aux autres acteurs

Sans discrimination, les pouvoirs publics devraient  délivrer les autorisations d’importation dès lors que Sosucam à qui bénéficiait l’interdiction sollicite une permission d’importer 25 000 tonnes.

Comme il fallait s’y attendre, une fois encore, la Sosucam a organisé une promenade au profit des journalistes dans ses usines de Mbandjock et Nkoteng le 12 mai 2016. Cette fois, en l’absence du Président directeur général Louis Yinda, qui n’a pas jugé utile de faire le déplacement. Dans son entourage, l’on se réserve d’évoquer les véritables raisons de cette absence. Il se susurre que le « Boss » a été très embarrassé par les révélations faites sur la demande d’importer 25 000 tonnes adressées à la haute attention du chef de l’Etat. Une information qu’il ne dément d’ailleurs pas. Toutefois, le Pdg  n’aurait pas voulu s’étendre sur le sujet face à des journalistes pugnaces, curieux d’en savoir plus, fulmine un de ses proches.

Grossier mensonges et contre vérités à la presse.

Au cours de cette ennuyeuse ballade, les professionnels des médias ont appris que le total des stocks de sucre dans les magasins de Nkoteng, Mbandjock, Douala et N’Gaoundéré est porté à 58 800 tonnes contre 46 000 tonnes lors de la précédente visite du 25 mars 2016. Soit une augmentation de 12 800 tonnes. Ladite situation est causée par les importations frauduleuses du sucre granulé et en carreaux.

D’après Landry Eboulè, le Chef du service stockage de Sosucam qui entretenait la presse, «par le passé cette entreprise écoulait entre 12000 et 13000 tonnes de sucre par mois sur le marché camerounais. Ces ventes ont chuté de manière continue depuis le début de l’année 2016 en cours, et stagnent aujourd’hui autour de 7000 tonnes par mois».Tout compte fait l’entreprise a lancé une campagne sucrière. Elle va se poursuivre jusqu’au 6 juin prochain. Elle entend produire par jour 800 tonnes du produit alimentaire. «Ce qui signifie que, d’ici au 6 juin prochain, Sosucam aura produit environ 20 000 nouvelles tonnes de sucre».

Les responsables de sosucam sont heureux d’annoncer à la presse qu’ils disposent de 58800 tonnes de sucre dans leurs différents magasins qui ne trouvent pas preneur et ce pour justifier la capacité à couvrir le marché .A la suite de cette communication maladroite, de nombreux observateurs ont tôt fait de s’interroger si la pénurie du sucre et l’inflation des prix se constataient dans les usines de sosucam ou dans les différents marchés. Il est établi que la moyenne de consommation du sucre par mois tourne autour de 30000 tonnes. A contrario sosucam affirme détenir au 12 mai près de 58800 tonnes dans ses magasins tout en indiquant qu’elle arrêtera sa production le 06 juin 2016 pour une ouverture probable en fin novembre de cette année. C’est donc près de 07 mois que les machines de Louis Yinda ne fonctionneront pas et les camerounais devront  encore vivre le martyr de la grosse pénurie du sucre.

Ramadan : Le chaos se précise.

Les experts en communication de Louis Yinda ont oublié de bien faire leurs calculs. Car malgré toute la contre communication faite pour rassurer l’opinion et les pouvoirs publics les chiffres avancés ne sont pas toujours malheureusement  pour rassurer.

C’est donc près de 07 mois que les machines de Louis Yinda ne fonctionneront pas et les camerounais devront  encore vivre le martyr de la grosse pénurie du sucre.

 La période du jeun du ramadan est connu comme la période où la demande en sucre passe du simple au double. D’où près de 60000 tonnes de sucre sont consommés en un mois par les fidèles musulmans du cameroun.Par contre Sosucam affirme détenir 58800 tonnes de sucre et fermera son usine d’ici le 06 juin prochain pour 07 mois. Il est établi que jusqu’à la réouverture des usines d’ici novembre prochain, Sosucam aura besoin  au moins de près 150 000 tonnes de sucre afin de faire face à la demande nationale. De nos jours dans les marchés de la partie septentrionale du Cameroun, la pénurie est certaine et la flambée des prix réelle. Le prix de 50 kg du sucre oscille entre 32000 et 35000 frs lorsque les consommateurs arrivent à l’avoir. Et les commerçants l’annoncent à plus de 40000 frs cfa pendant la période du Ramadan si rien n’est fait.

Au sujet des importations c’est connu que depuis octobre 2014, elles sont interdites au Cameroun. L’objectif de cette interdiction étant de favoriser la consommation du produit local. Mais le constat est tout autre sur le terrain. «Le marché est curieusement inondé du sucre indien, brésilien, importé majoritairement à partir du Nigéria», apprend-t-on. Rien de nouveau en fait.

En dépit de tout ce qui précède, la réalité est implacable. Il y a pénurie du sucre sur le marché national. Cette situation va davantage s’aggraver dans les prochaines semaines avec le Ramadan 2016 qui se pointe à l’horizon. Au lieu de continuer à tergiverser, les pouvoirs publics devraient, comme le souhaite d’ailleurs Sosucam dont on voulait protéger, accorder des autorisations d’importation aux différents acteurs de la filière afin d’éviter la surenchère, de préserver l’équité et la paix sociale.

 

article signé: Alain Cedric YOMPA

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