Incarcération-libération-Relaxe de la journaliste Mimi Mefo

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Paul BIYA: Président de la république du Cameroun | MIMI MEFO: Journaliste à Equinoxe TV

Paul Biya désavoue ses sécurocrates en ordonnant l’arrêt des poursuites

Incarcération-libération de la journaliste Mimi Mefo

Paul Biya désavoue ses collaborateurs en ordonnant l’arrêt des poursuites…

Montée de toutes pièces par les faucons du régime pour faire taire la presse qui chaque jour se déploie pour informer le peuple sur les réalités des opérations militaires dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest. l’affaire Mimi Mefo qui a commencé avec la convocation de la journaliste, s’est poursuivie par la décision du Commissaire du Gouvernement de la mettre en détention à la prison de New-Bell, pour s’achever par un arrêt pur et simple des poursuites décidé par le président de la République, aura tenu en haleine, six jours durant (du 07 novembre, jour de son incarcération au 12 novembre, jour de l’abandon des charges), la communauté nationale et internationale.

 

Une arrestation intitule et inopportune.

La rédactrice-en chef adjointe du desk anglophone de Equinoxe TV,  était poursuivie pour avoir relayé partiellement sur les réseaux sociaux,  une information publiée par le site cameroonnewsagency.com, rapportant les déclarations d’une membre de la famille du missionnaire américain Charles Truman Wesco, abattu à Bambui dans le Nord-ouest le 30 octobre dernier, lors d’un engagement armé entre les séparatistes anglophones et les forces de défense camerounaises. Des déclarations selon lesquelles c’est l’armée camerounaise qui aurait tiré sur l’homme d’église.

 

A priori, comme a posteriori, une telle publication aussi passive que prudente, non  accompagnée de quelque commentaire que ce soit, n’aurait pas suscité la flopée d’accusations dont elle a fait l’objet grâce aux bons soins du parquet du tribunal militaire, amplifiés à souhait par le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement : apologie du terrorisme, cybercriminalité, propagation de fausses nouvelles et tout le tintouin, qui auraient pu conduire la journaliste droit au peloton d’exécution.

 

Mais dans notre pays où certains se croient toujours obligés de prendre des décisions tordues pour donner l’impression qu’ils sont de grands serviteurs de l’Etat, la pression a été mise sur le ministre délégué à la présidence de la République chargé de la Défense que l’on reconnait comme un homme posé et réfléchi, en tout cas loin de tous ces va-t-en-guerre qui écument les allées du pouvoir en général et de l’armée en particulier, pour qu’il livre à la justice militaire une pauvre journaliste qui, même au cas où par extraordinaire on leur concéderait  qu’elle a pu commettre le délit de propagation de fausses nouvelles, ne pouvait être jugée que par un tribunal civil d’instance.

Voilà comment le Cameroun a pu se retrouver ridiculisé par des gens très pressés d’aller en besogne, au grand bonheur de ceux qui pour des raisons plus ou moins compréhensibles, souhaitent qu’il continue de se vautrer dans la fange, pour perpétuer dans l’opinion internationale le sentiment d’un « Etat voyou ou un endroit aux mains d’un dictateur qui n’a aucun souci  du respect des droits de l’homme et de la liberté d’expression ».

 

Paul Biya désavoue ses sécurocrates.

C’était pourtant compter sans la sagacité d’un Paul Biya qui a toujours su retourner les situations. Un art dans lequel il est passé maître depuis le complot contre la sûreté de l’Etat d’août 1983, jusqu’à la dernière élection présidentielle du 07 octobre 2018 à laquelle tout le monde le croyait battu, en passant par le coup d’Etat du 06 avril 1984, la récession économique, les années chaudes 1990 avec le rétablissement du pluripartisme et bien d’autres nombreuses crises.

 

C’est ainsi que  mis au parfum de l’interpellation de Mimi Mefo par ses proches collaborateurs du palais, le président de la République qui est le véritable patron de l’armée camerounaise que certains disaient outragée par Mimi Mefo, a pris sur lui, pour arrêter les dégâts du ridicule, de donner des instructions pour  la libération sans condition de la journaliste et présentatrice vedette de EquinoxeTv,Mimi Mefo. C’est pourquoi, se conformant aux instructions du chef de l’Etat et chef des Armées, le Commissaire du gouvernement a exécuté les hautes instructions du Patron des armées en faisant sortir Mimi Mefo de la prison centrale de New-Bell  samedi dernier. Pour ne pas faire le boulot à moitié, le régisseur de la prison a reçu instruction d’accompagner personnellement  Mimi Mefo à son domicile.

 

Il restait à en finir définitivement avec ce problème, et le président Biya n’a pas hésité à prendre la décision qu’il fallait, celle de l’arrêt des poursuites. C’est ce qui a été fait lundi dans l’après-midi par le Commissaire du Gouvernement, à la grande satisfaction de tous, en l’occurrence le pool des avocats piloté par  Me Alice Nkom et constitué par les soins du Snjc, pour assurer la défense de notre consœur, et le Syndicat National des Journalistes du Cameroun (SNJC) qui était au cœur de la mobilisation au Cameroun et dans le monde.

Apres un happy end pour Mimi Mefo, Vivement que le président qui déclara un jour que nul n’avait plus besoin de prendre le maquis pour exprimer ses opinions se penche sur le cas Michel Mbiem Tong, actuellement souffrant dans sa cellule du Secrétariat d’Etat à la défense où il est détenu depuis le 23 octobre et où il lui est refusé jusqu’à la moindre visite de ses proches.

La pondération des plus grands en réaction aux offenses des plus petits finit très souvent par changer la perception négative que les derniers ont des premiers.

Ze Onana

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