LA FRANCE, “POURVOYEUSES D’ARMES” DE BOKO HARAM ?

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Le mauvais jeu des pêcheurs en eaux troubles

bok«40 % d’armes saisies par l’armée tchadienne sont de fabrication française», avait déclaré le ministre tchadien de la Communication lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue camerounais. Depuis, certains pêcheurs en eaux troubles plus soucieux d’aller vite en besogne que d’interpréter objectivement une donnée informative ont sauté sur le coupable tout fait : la France.

Arrivé au Cameroun début mars pour asseoir avec son homologue camerounais une stratégie de veille à tendance cyber-communicationnelle relativement à la guerre contre Boko Haram dans laquelle son pays est engagé aux côtés du Cameroun, le ministre tchadien de la Communication, Hassan Sylla Ben Bakari a profité d’une conférence de presse donnée le 04 mars  pour situer les journalistes sur la quantité, la qualité et l’origine entre autres des matériels de guerre saisis chez l’ennemi. C’est dans le cadre  de cette entreprise de communication de guerre qu’un propos certes anodin, mais tombé dans les oreilles d’opportunistes avides de sensationnel et habitués à faire feu de tout bois, est devenu la trame d’un scandale politico-diplomatique mettant en cause la France qui, décidément, a bon dos chez certains esprits qui s’évertuent à voir depuis un certain temps, l’ancienne puissance tutrice  du Cameroun  derrière tous les malheurs de notre pays.

Le plénipotentiaire tchadien a eu beau relever à l’intention des  observateurs la nuance qu’il y avait à faire entre l’origine des armes et la position de la France qui se veut une position de soutien sans nuance aux pays et peuples agressés par le mouvement terroriste, rien n’y a fait. C’est la France, croient et affirment-ils, qui engraisse d’armes  lourdes, les terroristes à sa solde ayant pour mission de déstabiliser les pays du Golfe de Guinée afin de lui en faciliter la recolonisation et l’exploitation de ce qu’ils ont de richesses naturelles.

Hassan Sylla Ben Bakari avait pourtant souligné que nonobstant l’origine française des 40% d’armes saisies, la France avait toujours été et restait d’un appui indéniable pour le Tchad et les pays de la région, notamment dans le cadre de l’Opération « Barkhane ». Il précisera même : « Nous n’avons pas désigné un pays comme étant le fournisseur des armes à Boko Haram. Nous avons juste montré, images à l’appui, les armes  et les minutions saisies chez les combattants de Boko Haram. Mon pays continuera de montrer ces images afin que ceux qui fabriquent ces armes, sachent qu’elles ne se retrouvent pas là où elles doivent l’être ». Une façon de préciser que ce sont les marxchands d’armes -qui peuvent se trouver dans n’importe quel pays du monde, y comprischez  nos nouveaux “amis” chinois, russes, turcs, -et peut-être bientôt nord-coréens ou birmans- et qui vendent leurs armes à ceux qui les achètent, qu’ils soient du côté des terroristes ou de ceux qui luttent contre  ce fléau.

Le ministre camerounais de la Communication, embarrassé par le propos tenu quelques minutes plus tôt par son homologue s’y mettra aussi pour relativiser l’interprétation qui pouvait en être faite : « Les pays africains ne fabriquent pas d’armes mais les achètent auprès des pays comme la France, la Russie, les Etats-Unis ». Mais c’était peine perdue,  les adeptes de la malveillance, mus par le « syndrome de l’enfant  intriguant » décrit par l’auteur Noir Américain Richard Wright dans son roman autobiographique « Black Boy » (où le petit Richard va proprement tuer le petit chat  parce que son père en colère le lui a demandé, alors qu’il sait pertinemment  que les mots de son père sont simplement allés plus vite que sa pensée).

Et voilà comment la France est devenue la “pourvoyeuse d’armes de Boko Haram”, en plus de  «l’avoir créé de concert avec les Etats-Unis, qui sont également les créateurs tapis dans l’ombre de Al Qaida et, depuis peu, de l’Etat Islamique ». Quelle absurdité !

La France, signifiant dans l’entendement commun le gouvernement ou l’Etat français, comment peut-on  imaginer qu’elle puisse créer, armer et financer des mouvement terroristes alors que l’on sait que les terroristes dont les actions ne connaissent pas de frontières portent la terreur partout dans le monde, y compris en France et aux Etats-Unis, pour ensuite mobiliser  des moyens financiers, militaires et diplomatiques  plus importants pour les enrayer? Si l’on n’est pas des nigauds fiers de l’être, comment réussit-on l’exploit simpliste de s’imaginer que pour renverser un régime africain la France, puissance politico-diplomatique et militaire mondiale, disposant de surcroît de l’arme nucléaire aurait besoin de se servir de terroristes islamistes, là où elle peut, même en violation des résolutions des Nations-Unies effectuer en quelques heures des frappes aériennes à partir de ses bases en Afrique, et régler définitivement la question? Est-ce parce qu’il faut afficher son soutien à un régime que l’on dit en froid avec la France pour des raisons de “déficit de démocratie” -peut-être ne sont ce que des spéculations-, qu’il faut jouer avec le feu en attirant sur tout un pays les foudres de ladite France?

Le Cameroun a un besoin crucial de vraie paix, et aspire à une véritable indépendance qui l’éloigne du dicktat des autres puissances -une supposition qu’il y ait vraiment au monde un pays qui ne dépende pas un tantinet des autres-. Mais la façon d’affirmer ce besoin et cette aspiration est une hypocrite, inconséquente, voire criminelle façon d’agiter le chiffon rouge à la face d’un taureau.

C’est à croire que certains petits zélés des médias de la haine qui donnent l’impression de soutenir des régimes plus ou moins impopulaires en Afrique travaillent résolument à la perte desdits régimes. On a vu en Côte d’Ivoire, ce qu’a produit la propagande pro-Gbagbo et anti-française de ces tristes idiots qui aiment à jouer aux braves  va-t-en-guerre là où il faut de la finesse et de la délicatesse. Il a fallu moins d’une semaine à l’armée française pour réduire à néant ce qu’il restait d’armée à Gbagbo, le faire arrêter jusque dans sa chambre par de petits rebelles drogués pendant que le pauvre président, pourtant investi de la légitimité populaire, suppliait en mondovision des « ne me tuez pas, je ne veux pas mourir ». Depuis, les médias anti-français et très amoureux de Gbagbo ont tous ou presque retourné la veste, et composent désormais avec « le président Allassane Ouattara », quand ils ne travaillent pas simplement à ou pour sa gloire !

Seigneur, protège-moi de mes amis, de mes ennemis je me charge.

 

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