Le sucre du Nigeria à la rescousse des populations du Nord Cameroun

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Adamaoua
Adamaoua

Face à la pénurie criarde et la cherté du sucre camerounais, les commerçants et autres ménages du Nord tentent de se ravitailler malgré l’insécurité des frontières au Nigeria voisin.

AdamaouaTrouver un sac entier de Nocuca, de Sosucam ou encore de Camsuco au marché central de Garoua, est à présent une équation très difficile. Les commerçants parlent de pénurie sans savoir d’où elle vient. « Les grossistes nous disent qu’ils ne trouvent pas le sucre camerounais dans les magasins à Douala », informe Saly Baka, commerçant au marché central de la capitale régionale du Nord. Pour Aminou, un autre marchand de la place, ce sont des camions transportant cette denrée qui trainent en route d’autant plus que la distance entre Douala et Garoua est très longue. « Lorsque le sucre Camerounais arrive sur le marché à Garoua, le sac de 50 kg se vend à prix d’or et quelques jours après, on ne le voit plus sur le marché tout au moins des sacs entiers. Heureusement, le sucre d’origine nigériane est de temps en temps là, mais avec les affaires de boko haram on en trouve même plus », raconte Aminou. La proximité avec le Nigeria, 40 voire 60 km par endroit est une aubaine pour les marchés du Nord Cameroun. De l’avis de nombreux observateurs de la scène économique, 70 à 80% des produits consommés dans le Nord Cameroun viennent du Nigeria. « Si ce sucre n’était pas là je me demande comment allions nous faire ici à Garoua. Heureusement que Dieu a voulu que le Nigeria soit proche du Nord », fait remarquer un consommateur, rencontré ce 4 mai 2015 au lieu dit « Top Model » au marché central de Garoua. Le sac de 50 kg du sucre Nosuca oscille entre 29 500 et 31 000 FCFA sur le marché selon un responsable de la délégation régionale du Commerce pour le Nord, joint au téléphone. Les prix donnés par le commerçant Saly Baka sont un peu plus élevés. Ils oscillent  entre 31 000 et 33 000 FCFA le sac de 50 kg Nosuca. Celui de Sosucam avec la marque Tati est introuvable. Par contre le sac du sucre venu du Nigeria voisin se vend à 28 500 FCFA. Même ce sucre commence aussi à se faire rare. Certains consommateurs soupçonnent l’approche de la fête de ramadan où certains commerçants mal intentionnés, font dissimuler des stocks afin de provoquer la pénurie et se faire de l’argent pendant le mois de ramadan. Mais de l’avis de certains commerçants, la diminution des stocks de ce sucre se justifie sur les difficultés d’entrée et de sortie en territoire nigérian du fait de Boko Haram. « Nous faisions auparavant cette distance en 4 heures. A présent, du fait des contrôles excessifs en raison de Boko Haram, il faut passer une à deux jours pour entrer au Nigeria faire des achats et revenir au Cameroun. Ce sont des risques énormes que prennent ceux qui font ce trafic. Mais comme en toute chose il y a des risques, les commerçants qui font ce business prennent d’énormes risques et c’est grâce à eux que nous avons du sucre que nous consommons à Garoua. Nous espérons qu’avec l’élection du nouveau président Nigérian, la sécurité va revenir et que les commerçants pourront circuler en toute quiétude comme c’était le cas auparavant », souhaite Aminou, détenteur d’une boutique au marché central de Garoua. Un cadre de la délégation régionale du commerce sous anonymat confie à forum libre : « nos producteurs locaux ne peuvent pas couvrir la demande nationale en sucre, même dans le sud du pays les commerçants ont des problèmes de ravitaillement combien de fois dans le septentrion. Comprenez que sosucam et les autres ne peuvent pas couvrir ce marché important et il s’est accentué avec la décision de Yaoundé de suspendre les autorisations d’importations depuis aout 2014.Donc la solution se trouve entre les mains de nos patrons à Yaoundé qui savent pourquoi  ils ont suspendu les importations alors que depuis des années nos producteurs locaux  qui, importent aussi souvent ne sont pas à même de résoudre la pénurie. ». Mais, en attendant que des solutions soient rapidement trouvées, les populations du Cameroun en général et celles du Nord en particulier, continuent de payer le prix fort des balbutiements de l’économie camerounaise. Pourtant une économie aux riches perspectives.

                                    Alain Cédric yompa

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