Main tendu de Louis Paul MOTAZE aux operateurs économiques

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En raison de la fragilité du tissu industriel national et des aléas conjoncturels et autres mauvaises pratiques notamment le commerce illicite et la contrebande, les promoteurs d’industries suggèrent la protection et le soutien étatique en vue de la relance de ce secteur encore embryonnaire.

Le 31 mars 2016 au siège du Gicam à Douala s’est tenue, à l’initiative du Bureau de Mise à niveau des entreprises, une concertation entre le ministre et le secteur privé représenté par plusieurs opérateurs économiques s’est tenue.

Cette rencontre visait à renforcer la synergie entre le secteur privé et le gouvernement pour l’atteinte des objectifs de développement. Ceci dans un contexte bien particulier marqué par une décélération du secteur industriel qui devrait pourtant consolider la croissance et le développement.

La main tendue de Louis Paul Motaze aux opérateurs économiques.

Face aux promoteurs d’industries, Le Minepat s’est voulu concret. « Dites-nous quels sont vos problèmes et les types d’appuis dont vous avez besoin, pour permettre au Cameroun de renouer avec la croissance », a déclaré Louis Paul Motaze.
L’espace économique étant dominé par la forte présence des produits importés, les chefs d’entreprises ont égrené un chapelet de doléances.

« …Nous voulons que le Minepat nous aide à faire respecter la décision du Minfi de 2009 fixant le prix de référence pour la taxation des huiles végétales importées, car on assiste à un envahissement du marché par les huiles végétales importées ne respectant aucune norme. Enfin, il y a la norme NC-77 qui n’est pas respectée, et qui voudrait que les huiles végétales soient enrichis en vitamine A… », a déclaré Jacquis Kemleu Tchapgou, porte-parole de la filière des oléagineux.

Me Nico Halle, représentant du président de la Chambre de Commerce a plaidé pour la mise en place d’un cadre favorable aux affaires. « … Nous n’avons pas d’eau potable, pas d’énergie électrique, pas de routes, pas d’infrastructures susceptibles de faciliter le développement de nos entreprises. Les pouvoirs publics doivent mettre un accent tout particulier à ces secteurs. Enfin, il est urgent que l’Etat continue d’accorder une priorité à ces secteurs en y injectant d’importantes ressources financières dans la création des richesses, en finançant véritablement les entreprises » a martelé l’avocat au barreau du Cameroun.
Pour Célestin Tawamba PDG de Candyst Invest, « …une entreprise de fabrication de médicament (Cynpharm) a dû fermer les portes parce que non protégée par l’Etat. L’Etat doit protéger ses entreprises… » a-t-il plaidé.

Pour le Pdg de MSMI Audrey Chicot, il est difficile d’aller vers l’industrialisation sans investir dans la fabrication mécanique et la maintenance industrielle. « Nous voulons que le Minepat mette un accent là-dessus. Autre chose, il faut que les pouvoirs publics développent une stratégie autour du « consommons camerounais… », avant d’aller à la conquête des marchés extérieurs a-t-elle souligné.
Selon le responsable de Ceb Meublerie, la filière de la fabrication des meubles peut à elle seule créer 400 000 emplois en 10 ans. « …Il est dommage de constater qu’un pays comme le Vietnam, qui a été rasé par les Etats-Unis, soit son 2ème fournisseur aujourd’hui, dégage un chiffre d’affaires de 20 000 milliards de FCFA. Or, ce pays n’a pas de bois comme le Cameroun. Aussi a-t-il invité le Minepat à insister sur la transformation du bois dont seulement 10% est transformé localement. Plusieurs autres propositions allant dans le sens de la protection du tissu industriel national ont été faites au Minepat.

Les efforts du gouvernement malgré les retards

Le Minepat a reconnu des retards de croissance du secteur secondaire, malgré les efforts déployés par les pouvoirs publics notamment dans la réalisation des projets structurants indispensables à la baisse des coûts de facteurs de production et à l’amélioration de la compétitivité des entreprises. Outre ces efforts, Louis Paul Motaze reconnaît qu’il existe des goulots d’étranglement qui persistent notamment dans le transport d’énergie vers les zones industrielles, l’enclavement et la faible structuration des bassins de production, l’émergence de nouveaux chocs exogènes qui s’imposent à l’économie nationale.  Le Minepat a par ailleurs relevé la résurgence de la concurrence irrégulière de certains produits importés. Une situation qui a négativement impacté sur l’expansion du tissu industriel local. 

Visite

Pour passer de la théorie à la pratique, Louis Paul Motazé a visité quatre unités industrielles : La Pasta (agroalimentaire), la Société camerounaise de raffinage Maya (agroalimentaire), Dangote cement Cameroon (transformation), et Ceb La Meublerie (bois).

Dans ces entreprises, le Minepat a discuté avec les patrons de la disponibilité des matières premières, de la sécurisation du commerce, de la lutte acharnée contre la contrebande, de la disponibilité de l’énergie électrique et de l’ouverture des corridors de commerce notamment celui qui mène au Nigeria voisin (qui est à lui seul un marché de 170 millions de consommateurs).                                                                                                                         Alain Cédric Yompa

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