Mission Philémon Yang en zone anglophone

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PAUL BIYA
PAUL BIYA

PAUL BIYA

Les Populations réclament Paul Biya !

-Au cours des entretiens avec le Pm Philémon Yang, des chefs traditionnels, des religieux et autres forces vives demandent la présence du président de la république…pendant ce temps, sur le terrain des opérations, « l’élite »  tente de soudoyer la jeunesse à coup des billets de banques.

-S’en sortiront-ils sans avoir  rencontré les véritables meneurs?

 

 

Mission Philémon Yang en zone anglophone

          Les Populations réclament Paul Biya !

Cela fait un an que la vie sociopolitique est rythmée au Cameroun par la crise anglophone, et les  préalables au dialogue pour la restauration de la paix sont désormais connus de tous. Toutefois, malgré leurs multiples échecs, l’élite Rdpc de la partie anglophone s’obstine à laisser croire à Paul Biya qu’elle est capable de régler la situation. C’est ainsi qu’elle est actuellement sur le terrain pour un nouveau travail de Sisyphe, question de vouloir réussir là où elle a toujours  été humiliée depuis le début de cette affaire. Sur le terrain, les véritables forces vives réclament la présence du chef de l’Etat estimant que c’est lui qui a été élu et non ses ministres et autres pseudos-élites. Pleins feux sur une mission programmée pour échouer.

Décidément, le chef de l’Etat a autour de lui des collaborateurs avec qui il gouverne depuis des dizaines d’années, mais dont les agissements relèvent de l’insolite. A l’heure où le dialogue est unanimement reconnu par tous les observateurs et même les acteurs, comme étant la voie de sortie pour une réconciliation nationale,  ces derniers ont préféré prendre le bâton de pèlerin pour aller à la rencontre d’une population qui les a déjà désavoués, à répétitions, par le passé. En tout cas, leurs missions précédentes pour les mêmes causes ont révélé au grand jour qu’ils n’avaient aucune qualité pour parler au nom de la base. Ce qui a naturellement rompu tout dialogue.

A l’analyse, qu’est-ce qui pourrait expliquer cette nouvelle mission, supposée d’apaisement, d’une élite alimentaire qui s’aventure sur un terrain où c’est plutôt le chef de l’Etat qui était attendu ? Cette question est d’autant plus significative qu’il est évident que dans un pays normal, la plus haute hiérarchie de l’Etat dispose de toutes les informations nécessaires face à une situation comme celle-là, à travers ses services de renseignements et de contre-espionnage, ses relais sur le terrain que sont les gouverneurs, préfets, sous-préfets, etc. A moins que ces derniers n’ont pas la confiance de Paul Biya, auquel cas, ce serait dramatique pour notre république.  

Des centaines de millions pour aller soudoyer la jeunesse.

Selon certaines indiscrétions, un gros pactole (on parle de 200 millions affectés pour chacune des deux régions anglophones soit un total de 400 millions de francs cfa) est d’ailleurs mis à contribution pour la présente mission. En plus, chacun des missionnaires devra s’investir financièrement pour la réussite de cette descente sur le terrain, où les réalités sont loin de favoriser l’hypothèse d’une obligation de résultats.

Au regard du  mauvais choix ou du mauvais casting des missionnaires et de leurs interlocuteurs. En effet, selon le communiqué du 13 octobre dernier, signé de Ghogomu Paul Mingo, le directeur de cabinet des services du  Premier ministre, le chef de l’Etat a demandé au chef du gouvernement de déployer des délégations d’élites dans le Nord-ouest et le Sud-ouest. Celles-ci doivent, du 15 au 24 octobre 2017, sillonner ces deux Régions pour renouer le dialogue avec les populations, c’est-à-dire les acteurs sociaux que sont les chefs traditionnels, les commerçants… Mais, ceux-ci sont-ils ces acteurs qui sont à l’origine du malaise ? Sont-ils ceux-là qui ont lancé les villes mortes ? Les concernés sont pourtant très bien connus, et parmi eux,  certains vivent désormais à l’étranger. 

Autant d’inquiétudes qui renvoient aux souvenirs des missions antérieures de ce genre, qui se sont plutôt soldées par des échecs.  On se souvient que le 8 novembre 2016, c’est un comité interministériel ad hoc qui avait été mis sur pied pour trouver les voies et moyens de sortie des revendications des enseignants anglophones. Un peu plus d’un mois après, plus précisément le 27 décembre, ce comité interministériel a tenu deux premières assises qui ont échoué.

En mars 2017, au palais des Congrès de Bamenda dans la Région du Nord-ouest, une mission similaire rencontrait la communauté éducative de la Mezam. A l’issue de cette rencontre, des parents avaient promis de faire regagner le chemin de l’école à leurs enfants, sous certaines conditions. Or, sur le terrain, rien ne s’est jamais passé.

En fin juillet 2017 une  mission s’est aussi rendue  aux Etats-unis, et plus tard, en août 2017, d’autres concomitamment  à Bruxelles (Belgique), à Prétoria (Afrique du sud), au Canada en Amérique du nord, pour une «mission d’explication, aux fins de fournir aux Camerounais y résidant et aux autorités des pays d’accréditation des clarifications sur la situation qui prévaut dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest. Aujourd’hui, on est plutôt heureux que ces émissaires soient rentrés vivants.

Le gouvernement du Cameroun a-t-il l’art d’être hors sujet ?

Mais comment comprendre qu’au sommet de l’Etat, il soit aussi difficile de noter que la crise de confiance entre l’élite et les populations du Nord-ouest et du Sud-ouest, ou plutôt son illégitimité, est consommée et que celle-ci est  accusée de traîtrise par les activistes. A preuve, la plupart des membres de ces élites ont pratiquement fui leur village où ils ne peuvent plus circuler dignement, sans être invectivés, dans le meilleur des cas. Preuve que leurs places parmi l’élite ne sont que le produit du tripatouillage répété des urnes, puisqu’en réalité, ils ne représentent qu’eux-mêmes.

A cet effet, nul ne saurait oublier que dès les premiers instants de cette crise,  c’est Paul Atanga Nji, qui a mis le feu aux poudres avec une sortie sensationnelle et historique: « Il n’y a aucun problème anglophone  au Cameroun. Ceux qui en parlent sont des imposteurs en quête de notoriété. Les avocats anglophones ont été manipulés, les enseignants aussi. Ils ont reçu de l’argent de l’étranger et ont partagé avec certaines personnes en leur disant, “nous avons des revendications“. Mais, nous allons beaucoup plus parler des problèmes de sécession, de l’unité nationale, de la marginalisation des anglophones. En tant qu’élite, nous ne pouvons pas l’accepter», avait-il déclaré à la Crtv, le média gouvernemental. Ce qui avait déclenché les hostilités.

Sur la même lancée, il revient aussi que lors d’une réunion de crise, tenue le 3 février 2017 dans un hôtel de Buea, par quelques personnalités originaires de la Région du Sud-ouest et conduites par Peter Mafany Musonge, ancien Premier ministre, Grand chancelier des Ordres nationaux, et donc grand collaborateur du président de la République, elles ont maladroitement tenté de semer la division entre les Camerounais au lieu d’œuvrer pour l’apaisement. Celles-ci ont publiquement accusé les élites du Nord-ouest d’animer la grève et les révoltes dans leur « si douce et paisible région ». En somme, des déclarations qui ont sonné comme une incitation publique des populations du Sud-ouest à la haine envers les ressortissants du Nord-ouest. Les images de cette rencontre étaient soutenues par une interview de Peter Mafany Musonge, actuel président de la Commission du bilinguisme et du multiculturalisme,  dans laquelle, au nom de l’élite du sud-ouest, il demandait  aux populations de se mobiliser pour aider les autorités à barrer la voie aux grévistes. Et actuellement parmi les membres commissions, ces « élites » dans le sud-ouest n’ont pas pris en compte les allogenes.Ce qui encourage des frustrations au sein des populations. Voilà, en somme, le genre d’élite qu’on a choisi comme émissaire pour une mission de dialogue et d’apaisement. Vous avez dit provocation ?

Les populations réclament la présence de Paul Biya.

Depuis dimanche dernier le premier ministre Philemon Yang reçoit beaucoup. A l’hôtel Ayaba qui est le centre de ses Operations, il s’est entretenu avec les différents leaders syndicaux, les opérateurs économiques et autres leaders d’associations. Mardi dernier à Mbengwi dans le département de la Momo, Forum Libre a appris que les chefs traditionnels et autres religieux ont indiqué  au premier ministre  qu’il serait urgent que le Président Biya puisse venir à Bamenda afin d’échanger avec son peuple qui a pleins de choses à lui dire directement. Car seul Paul Biya a été élu par le peuple et non ces ministres et autres « élites ».L’apôtre Yang continue tant bien que mal de rencontrer des gens qui pour la plupart n’ont jamais été au centre de la crise.

Dans le Sud-ouest, en dehors de l’incident survenu dans le Département du Lebialem, dans le Kupe Manenguba, la délégation conduite par le ministre des forets et de la faune Ngole Phillip Ngwesse, Paul Elung Che  et Elvis Ngole Ngole -depuis mardi à Tombel, hier à Bangem-, a essuyé les critiques des jeunes  surchauffés qui ont tancé leurs ainés d’abandonner la jeunesse à son propre sort. Dans le Fako, le Sénateur Mbella Moki est resté dans le Buea rural rencontré quelques personnes sans épaisseurs en relation avec la dite crise. De nombreux observateurs avertis estiment qu’il ne suffit pas de rencontrer quelques groupes de personnes avec des perdîmes car il serait importants d’aller vers les véritables meneurs des mouvements dans les différentes localités sans quoi l’on n’est pas sortie de l’auberge.

                                                                                                                                                       Prince Aristide Ngueukam et Stephen Ayuk

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