NECOTRANS/KPMO: Entre incompréhension, dilatoire et mauvaise foi

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Necotrans souhaite que chaque membre du consortium Kribi Port Multi Operators (KPMO), avec lequel il gérera la plateforme portuaire, libère enfin  et individuellement leurs  parts d’actions  dans Terminal polyvalent de Kribi (TPK), la société de gestion en création, comme le prévoit le contrat qui les lie. Mais il se trouve que certains membres de KPMO trainent encore les pas afin d’atteindre les 49%prévus pour ce groupement camerounais. La présidence de la République saisit.

 

Le terminal polyvalent du port de Kribi ne démarrera pas ses activités de sitôt. Sur son chemin se dresse un obstacle de taille : l’absence de la constitution de la société chargée de le gérer. Même si le nom TPK (Terminal polyvalent du port de Kribi) lui a déjà été trouvé, certains partis prenants tergiversent encore sur les parts à faire valoir dans le capital de la société de gestion. KPMO (Kribi port Mutiple Operators) accuse Necotrans, son partenaire français, de manœuvrer pour s’emparer de manière exclusive des manettes de la boîte et éjecter les opérateurs locaux. C’est ainsi que la situation a été présentée au secrétaire général de la présidence de la République, au SGPM, au ministre des Transports et au management du port autonome de Kribi. Et la presse en a suffisamment fait échos. Alors que le point central se trouvait au niveau de la participation de tous les actionnaires pour boucler le capital de la société commune qui se déploiera à Kribi.

Il faut noter que Necotrans est un géant français de la logistique et du transport international implanté dans une quarantaine de pays dans le monde, y compris le port de Douala. Par contre KPMO est un consortium d’entreprises camerounaises, composé de 2M, Transimex, APM, Sapem, 3T Cameroun, Cam-Transit, Copem, Star et Gos.

A la différence de Necotrans qui existe depuis 1985, KPMO a été mis en place pour fusionner avec Necotrans afin de soumissionner en janvier 2014 pour l’appel d’offre en vue de la désignation du concessionnaire du  terminal polyvalent de Kribi. Necotrans et KPMO s’étaient  donc mis ensemble grâce à un accord de groupement signé en 2013, Soit 51% pour l’opérateur français et 49% pour l’entité composée d’opérateurs camerounais. Necotrans est le chef de file.

Respect de l’accord : l’urgence de libérer les parts du capital par les membres de KPMO

De fait, l’accord de groupement signé entre les deux partenaires en 2013 avait non seulement reparti les parts, mais aussi envisagé les modalités de gouvernance de la société de gestion du terminal polyvalent du port de Kribi. Il était prévu une rotation tous les 5 ans des postes de PCA, DG, DGA, directeur administratif et financier, directeur d’exploitation et directeur technique. Aujourd’hui, KPMO accuse Necotrans de s’être adjugé les postes de DG, DAF et de vouloir supprimer de l’organigramme les postes stratégiques qui devaient revenir à la partie camerounaise. Ce que rejettent en bloc les responsables de Necotrans que nous avons rencontré. Pour eux, il faut déjà regrouper les parts de chaque  actionnaire et par la suite appliquer les termes de l’accord signé le 19 décembre 2013 par toutes les parties.

Grégory Quérel, PDG de Necotrans, assure que le groupe français de logistique est prêt à démarrer ses activités sur le terminal polyvalent de Kribi. Des assurances réitérées au Premier ministre, Philémon Yang, qui l’a reçu le 9 novembre. Surtout, le patron du groupe français entend reprendre l’initiative dans le conflit qui l’oppose depuis des semaines avec le consortium camerounais Kribi Port Multi Operators (KPMO), avec lequel il doit en principe gérer cette plateforme portuaire.

Pour cela, il a chargé Mouctar  Hamadama, le président du conseil d’administration de Necotrans Cameroun, d’entamer des négociations avec les neuf membres de KPMO, afin qu’ils se prononcent sur les parts qu’ils sont disposés à prendre individuellement dans le capital de Terminal polyvalent de Kribi (TPK), la société de gestion de l’infrastructure en cours de création.

 

Faire entrer  de nouveaux partenaires en cas de défaillance de certains membres du groupement.

« Si les pourparlers n’aboutissent pas, nous sommes prêts à faire entrer d’autres intérêts camerounais au tour de table. L’essentiel étant de respecter les 49 % qui leur reviennent comme nous nous étions engagés, tandis que nous conservons 51 % du capital », martèle Grégory Quérel.

Une logique dénoncée du côté camerounais. « Nous devons respecter le décret d’attribution de la concession », rétorque Gabriel Manimben, le président de KPMO. Le décret du 26 août 2015 du Premier ministre camerounais attribue effectivement la concession de ce terminal au groupement Necotrans/KPMO. L’on constate que Gabriel Manimben se bat  pour contester l’article 13 pourtant contenu dans  le protocol d’accord signé.

Le patron du consortium camerounais, juridiquement constitué en mai 2016 et qui regroupe des transitaires, des manutentionnaires et des agents maritimes, estime que cette manière de faire va à l’encontre du pacte d’associés conclu entre les deux parties. Grégory Quérel affirme pour sa part que le groupement a été mis en œuvre pour faciliter le dépôt de l’appel d’offres. « C’est pour éviter de les citer indéfiniment dans les textes qu’il a été convenu de mentionner systématiquement KPMO », tient-il à préciser. Selon lui, l’accord avec les neuf opérateurs, signé et notarié il y a 3 ans, stipule qu’ils prendraient des parts dans la société de gestion. Des sources proche du dossier affirment que Transimex  l’une des entreprises membres de KPMO aurait déjà libérer sa part  d’action  pour le capital de la dite société commune. Par contre quelques membres de ce groupement trainent encore les pas pour  libérer leurs parts pour la constitution dudit Capital. Vendredi dernier, les deux partenaires se sont rencontrés pour échanger  afin d’aplanir les divergences et autres incompréhensions. Mais il reste que tous les membres de Kpmo doivent libérer leurs parts pour  véritablement représenter  les 49% contenus dans l’accord signé par les deux parties. En attendant l’issue des pourparlers, Grégory Quérel se veut rassurant : «  ces discussions n’engendreront aucun retard dans la conduite du projet ».

Lors de l’attribution de la concession en août 2015, le consortium Necotrans/KPMO a annoncé son intention d’investir 26 millions d’euros sur 20 ans sur ce projet.

Photos Gabriel Manibem (Dites à vos membres de libérer leurs parts d’actions pour le démarrage du projet.)

 

 

 

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