Nomination des jeunes à la direction générale de l’Enam: Bertrand Pierre Soumbou Angoula et Harouna condamnés à réussir pour l’exemple

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Bertrand Pierre Soumbou Angoula (DG ENAM)et Harouna (DGA)

Le nouveau top management de l’Enam va-il servir d’exemple pour la jeunesse ?

-Le chef de l’Etat invité à solliciter davantage les jeunes compétents afin que toutes les couches sociales  des dix régions du Cameroun soient servies.

Ecole Nationale d’Administration et de Magistrature

Bertrand Pierre Soumbou Angoula  et Harouna condamnés à réussir pour servir d’exemple.  

C’était un moment de grande et intense solennité que celui de l’installation officielle, lundi 17 décembre 2018, des nouveaux plénipotentiaires de l’Ecole Nationale d’Administration et de Magistrature (ENAM).Cérémonie conduite de main de maître par le responsable de la tutelle technique de cette école supérieure, le ministre de la Fonction Publique et de la Réforme Administrative, Joseph Lé et en présence de Louis Paul Motaze, ministre des finances et patron de la tutelle financière. Au-delà de la polémique entretenue sur la jeunesse de ses responsables nommés par le président Paul Biya, Pierre Soumbou Angoula et Harouna sont-ils à condamner à réussir pour démontrer que le Chef de l’Etat n’a pas eu tort de miser sur la jeunesse qui en demande encore ? Évocation.

 

Nommés par décret présidentiel le 14 décembre dernier, Bertrand Pierre Soumbou Angoula et Harouna  les deux nouveaux dirigeants qui portent sur leurs frêles épaules de « jeunes » la responsabilité de conduire les affaires d’une institution qui a la réputation d’être sinon  la plus prestigieuse, du moins la plus grande de toutes, tant il est vrai que c’est de ces entrailles, où de son moule, que sort la fine fleur de l’élite dirigeante du Cameroun (administrateurs civils , magistrats, fonctionnaires des impôts et des douanes…), ont été installés lundi dernier par le ministre Joseph Lé en présence d’autres membres du gouvernement, dont le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, tutelle financière de l’institution, et le ministre des Marchés Publics, Abba Sadou…

 

Prise d’assaut par une foule considérable venue saluer, voire adouber ces deux incarnations de la jeunesse méritante du Cameroun qui ont tapé à l’œil du président Biya –pour parler trivialement- au point de bénéficier de sa haute confiance, l’amphi Jacques Menier de l’ENAM a dû refuser du monde lors de cette cérémonie d’installation fort courue. Et historique !

 

Quand Paul Biya tente de répondre à une demande de la jeunesse camerounaise

Historique pour le profil qu’offrait les deux personnages à l’honneur, historique pour la mission dont ils viennent d’être chargés par le Premier Camerounais, historique pour la controverse inutile qu’a alimenté le choix porté sur eux par le chef de l’Etat qui ne faisait que répondre à une demande pressante de rajeunissement de la sphère directionnelle de l’Etat, historique surtout pour l’engagement pris dans un élan de noble modestie par le nouveau top management de l’ENAM, historique enfin pour la feuille de route qui a été déroulée par le ministre de tutelle. Ce sera d’ailleurs le moment le plus important, tant le propos de monsieur Lé  aura œuvré, d’autorité, à couper court à l’oiseuse et byzantine littérature orale et écrite, qui a suivi le geste fort du chef de l’Etat, subitement accusé d’être allé pêcher dans les berceaux des maternités de nos hôpitaux, des nourrissons pour en faire des Directeurs Généraux.

 

Prenant le contrepied de cette ode manichéenne à la si honnie gérontocratie hurlée par ceux-là mêmes qui n’ont pas cessé de clamer à hue et à dia que Paul Biya ne laissait aucune place à la jeune génération ne serait-ce que pour l’aguerrir un peu, question de préparer la relève, mais n’avait d’yeux que pour les fossiles et autres contemporains du pithécanthrope, voire de l’Homo rudolfensis, Joseph Lé dira, sans trop s’y attarder, mais avec le mot si fort pour que cela ne passe pas inaperçu : «Le ministre des Finances et moi-même, qui assurons la double tutelle de l’ENAM, sommes totalement disposés à travailler avec eux, à leur montrer le chemin. Ils sont compétents, ils sont jeunes, ils vont innover, ils vont regarder tout droit vers leur objectif. Je suis sûr que leur virginité actuelle va leur permettre de faire bouger les lignes, pour ne pas rentrer dans des combinaisons parfois difficiles et bizarres à comprendre».

 

Le challenge de préserver les acquis de l’ancien équipe et d’innover…

En tout cas, pour le MINFOPRA qui a affirmé  avoir travaillé ces neuf derniers mois avec l’équipe sortante pour redorer le blason de cette école, «l’ENAM qui est déjà une très grande école doit le demeurer », et c’est le plus important selon le chef du département ministériel considéré comme l’un des réceptacle  de choix des produits de l’ENAM :  « Nous étions déjà sur la bonne voie et nous allons continuer avec la nouvelle équipe dirigeante». Le Minfopra n’a pas manqué de rappeler les bonnes œuvres de l’ex-Dg Toussaint Mendjana : « la réorganisation de l’Enam,l’organigramme de l’Enam ainsi que le règlement intérieur et les statuts  révisés et adoptés ;la création et la mise en activité de la mutuelle des personnels de l’Enam(Mupem) ;Sur le plan académique, l’ouverture des nouvelles sections de formation :administration parlementaire, administration des affaires sociales, administration générales option affaires foncières et domaniales, Common law ; la révision des formats des épreuves orales de sortie et la révision des offres et programmes de formation ;la construction de  et l’équipement de  nouvelles salles de classe et réfection de l’amphi et sur le plan de la coopération la signature de plusieurs conventions et partenariats singés avec des d’autres grandes écoles d’administration et des business school pour le bonheur des étudiants de l’Enam… »

Or la nouvelle équipe ne peut relever le défi de maintenir l’ENAM dans le registre des très grandes écoles qu’en faisant efficacement face aux nombreux écueils (clientélisme, trafic d’influence) qui ne manqueront pas de jalonner leurs chemin et parcours : « Les DG de l’Enam sont extrêmement courtisés. Mais sachez résister! », Recommandera-t-il.

 

Rassembler, apaiser, rassurer, motiver, récompenser et, si nécessaire, sanctionner… pour un rendement optimal !

 

Pour le MINFOPRA, les jeunes promus doivent avoir l’audace, la fougue et  la détermination mais ils ne doivent jamais sacrifier l’intérêt général, pour ne pas faillir à leur devoir, afin que l’Enam continue d’être une école prestigieuse et respectée. « Vous que personne n’attendait, et sur qui personne n’aurait misé, faites de cette virginité un atout et un gage de votre liberté. Votre premier défi est de redorer le blason de cette institution de renom quelque peu terni par des tumultes ces dernières années ».

Instruisant aux nouveaux patrons de l’ENAM de rester « à l’écoute, sans pour autant vous laisser embrigader par des esprits chagrins ou des factions égoïstes assoiffées de privilèges exclusifs ». Le ministre de la Fonction Publique leur  a recommandé aussi le rassemblement, l’apaisement, l’assurance, la motivation, la récompense et   la sanction si nécessaire afin que le personnel donne le meilleur de lui-même. Pour ces deux diplômés de l’Enam qui n’ignorent rien du mangement d’une institution comme l’Enam, il faut noter qu’ils ont l’avantage d’être des anciens pensionnaires de cette école d’où ils ont certainement une idée du fonctionnement à l’interne de la gestion du personnel et l’encadrement des étudiants.

 

Au nom de la jeunesse, Bertrand Pierre Soumbou Angoula  et Harouna sont-ils condamnés à réussir pour servir d’exemple ?

Né le 20 octobre 1986, donc âgé de 32 ans et environ  deux mois au moment de sa désignation par le président Paul Biya à la tête de l’ENAM, Bertrand Pierre Soumbou Angoula n’est ni le « bébé » de 26 ou 29 ans présenté par les langues serpentines habituées à faire feu de tout bois, encore moins l’ »ado » de 36 ans des enjoliveurs de service, pressés de répondre à la polémique stérile comme si cela était d’un quelconque impératif .

Oui, il est sorti de l’Ecole nationale d’administration et de magistrature il y a moins de deux ans. Mais, son CV renseigne qu’avant son entrée à l’ENAM, il a eu un relatif riche parcours professionnel. Titulaire d’une maitrise en sciences économiques et de gestion de l’université de Yaoundé 2-Soa et d’une licence en Droit, Cet ancien cadre contractuel d’administration a servi comme cadre d’appui au cabinet civil de la présidence de la république de janvier 2009 à janvier 2013 avant d’être affecté  au service de dépense des matériels et du personnel à la trésorerie générale de Bamenda comme cadre d’appui de mai 2013 à juillet 2014. Lauréat de la promotion  performances et intégration (2014-2016)  « auditeur de justice, section des comptes », Ce fils de l’arrondissement de Lembé Yezoum dans le département de la Haute Sanaga va intégrer le corps de la magistrature comme  magistrat 1er grade avant d’être  affecté  à la chambre des comptes de la cour suprême en septembre 2017. A 32 ans, Bertrand Pierre Soumbou Angoula a suivi de nombreux stages et formations au cours de  près de  dix ans d’expériences sur le terrain.

Tout comme le Dg de l’Enam, son adjoint Harouna jouit aussi du capital jeune car âgé de 40 ans, cet administrateur civil sortie de l’Enam en 2011 est titulaire d’une maitrise en Droit à l’université de N’Gaoundéré. Avant sa nomination, il était chargé d’études assistant au ministère des marchés publics. Il jouit d’une expérience significative dans le traitement des dossiers depuis  près de sept  ans dans l‘administration camerounaise. Ce fils de Meiganga qui est à son deuxième mandat comme président de section Ojrdpc Mbéré centre(Meiganga) fait aussi partie du bureau national de l’Ojrdpc comme 3ème vice-président. Leader de la jeunesse et de nombreux associations dans son département d’origine le Mbéré, C’est une voix qui a toujours compté dans la région de l’Adamaoua. A ceux qui estiment que le jeune âge des nouveaux promus du top management et leur «manque d’expérience » dans la haute administration pourraient constituer pour un handicap dans le management de l’Ecole nationale d’administration et de magistrature, le jeune successeur de Linus Toussaint Mendjana les invite à « juger le maçon au pied du mur » ».De nombreux analystes pensent que Bertrand Pierre Soumbou Angoula  et Harouna sont quelques peu condamnés à réussir afin de passer un message fort aux ainés qui pensent que la jeunesse camerounaise  n’est pas prête à prendre la relève et du coup ceux-ci invitent le chef de l’Etat de continuer à ouvrir davantage afin que toutes les couches sociales compétentes  de toutes les régions du Cameroun soient servis.

Régine Ngo Bassanaga et Prince Aristide Ngueukam

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