Oswald Baboke: »Élevons le débat »! Dans une tribune…

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Oswald Baboke : « Elevons le débat » !

Dans une tribune publiée par le quotidien Cameroon Tribune le 18 nombre 2021, Oswald Baboke, Directeur adjoint du Cabinet civil de la présidence de la République, dénonce l’usage pernicieux  des médias sociaux par certains acteurs de la sémiosphère camerounaise.

Montrer et dire des horreurs dans les médias traditionnels et les réseaux sociaux, voilà désormais le sport favori de nombre de nos concitoyens. Véritable cancer social aux scabreuses métastases. De quoi révulser l’intelligentsia nationale qui voit de la sorte se développer, à toute vitesse, la décivilisation du libre-jeu démocratique et partant, l’ensauvagement de notre société. Dans sa tribune intitulée « Qui hait (est) qui ? Chienlit sur les starting-blocks du lynchage médiatique », Oswald Baboke ne porte pas de gants pour décrire et décrier le « jeu de massacres sociopolitiques entre les élites, via de pseudos « lanceurs d’alertes » et « influenceurs ». Des lanceurs d’alertes peu alertes sur l’éthique et la déontologie, aux côtés de leurs complices « influencés » par la musique des charmeurs de serpent. Patrice Duhamel et Jacques Santamaria, cités par l’auteur de la tribune, les appellent « les Flingueurs ». De fait, Oswald Baboke fustige les « codes et modes d’ascensions sociopolitiques » d’une société muée en « enceinte bestiale amorale » dans laquelle ceux qui aspirent aux sommets s’attachent les services de « tueurs à gage » virtuels pour disqualifier voire « éliminer » du monde socio-digital, leurs compatriotes dont ils convoitent le rang social. Pas étonnant, donc, que les termes « ambitions individualistes », « déloyauté », « pseudo-camarades », « maitre-chanteurs » forment les mots de passe de ce qu’il appelle « ascension-calomnie ».  

Sur les réseaux sociaux, les mots sont des maux… 

Supposés rapprocher et créer de la convivialité au sein des communautés du pays, Facebook, Twitter ou encore WhatsApp se voient chargés de missions « pas très nettes et pas très honnêtes », dénonce Oswald Baboke. En l’occurrence, servir de « grands boulevards de la diffamation et de la médisance automatique » aux mains (in)ingénieuses de « rapaces du Net », spécialistes du « Savoir-défaire ». Faut-il voir dans ce tableau la main naïve des seuls lanceurs d’alertes et influenceurs ? Sans doute que non. Le Ministre plénipotentiaire tacle aussi et à la régulière, ceux qui les instrumentalisent : les hommes politiques. Bah oui ! Oswald Baboke n’a pas froid aux yeux pour le dire. En effet, nombre d’acteurs de notre landerneau politique ont érigé en atavisme, de nouvelles « techniques » d’accession aux responsabilités administrives: pour les uns, il est question d’employer « le mot qui tue ». Ça passe ou ça casse.  Pour les autres, c’est « la divulgation de documents d’Etat pour calomnier les dirigeants aux affaires ». Un phénomène qui a pignon sur rue et dont la sédentarité n’a d’autre explication que l’institutionnalisation d’un réseau de fuites savamment constitué et lubrifié à coups de cash ou de « virements financiers ». La faute à ceux qui ont choisi le triste rôle de « serviteurs déloyaux » et de « pseudo-camarades ». Le Ministre Baboke n’épargne pas la presse, laquelle « se presse de se positionner en arrière-cour, au fond d’un décor de cannibalisme où les ténors et les tenants du pouvoir s’étripent, se martyrisent, se flagellent et se dynamitent sans élégance ni bienséance ». 

Débattons… !

L’on se souvient que dans son discours de fin d’année à la Nation, le 31 décembre 2019, le président de la République, Paul Biya, précisait que « Ce ne sont ni les réseaux sociaux, ni tel ou tel organe de presse qui peuvent changer les résultats d’une élection, encore moins les manifestations illégales, les violences et les attaques personnelles ou haineuses ». Oswald Baboke s’inscrit ostensiblement dans la même veine. Pour lui, l’arène politique ne doit aucunement cesser d’être « l’agora des performances et des compétences ». Et qui dit « compétences » dit capacité d’hausser son niveau de jeu (politique, intellectuel…), pour emprunter à la rhétorique sportive (c’est bientôt la CAN !). Alors : « Elevons le débat ! », lance-t-il aux flingueurs, aussi bien les commanditaires que leurs mercenaires.  

Alain Patrick Fouda

Journaliste – Sémiologue

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