Pénurie du sucre au Cameroun

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De nombreuses sources gouvernementales, notamment au sein des services du Premier ministre pointent du doigt le ministre Secrétaire Général de la présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh comme le responsable de la pénurie du sucre qui prévaut actuellement au Cameroun. Et pour cause, quoique sachant la véritable cause de cette situation, le proche collaborateur du chef de l’Etat qui serait personnellement à l’origine de l’interdiction en aout 2014   des importations de sucre et de ciment sur le Cameroun mise en application respectivement par le ministre du Commerce, Luc Magloire Atangana et Alamine Ousmane Mey des finances. Depuis Quelques semaines les opérateurs économiques de la filière agro-industrie crient au scandale de la pénurie du sucre qui est pourtant est un élément indispensable dans leur chaine de production.

 

La Société sucrière du Cameroun n’a plus de cesse d’évoquer les dizaines de milliers  de tonnes de sucre entreposées dans ses magasins et cherchant acheteurs à cause de l’importation massive du sucre alors qu’il est notoirement connu que le gouvernement a suspendu depuis deux ans l’importation du sucre et que les importateurs jadis voués aux gémonies continuent de grogner contre cette mesure arbitraire et de demander sa levée. Une propagande alarmiste soutenue par certaines autorités gouvernementales à laquelle la filiale locale du groupe français Somdiaa n’hésite pas à ajouter des menaces factices de grève de son personnel ou de licenciement massif tout aussi factice pouvant toucher la moitié de ses employés. Mais sur le marché, les consommateurs camerounais quant à eux continuent de crier à la pénurie du sucre qui ne cesse de prendre de l’ampleur.

 

On est passé depuis un peu plus d’un mois de l’enchérissement du prix du sucre à sa raréfaction. La raison en est toute simple. Depuis l’interdiction en 2014 des importations de sucre « jusqu’à nouvel avis » par le ministère camerounais du Commerce – sur instructions expresses du secrétaire général de la Présidence de la république – qui évoquait alors des « mesures de sauvegarde » visant à protéger le tissu industriel local, et justifiait la mesure par non seulement l’accroissement de la production locale et les plaintes formulées par la Société sucrière du Cameroun (Sosucam), le leader du marché national, les commerçants du détail  se sentent aujourd’hui étouffés par le coût des investissements financiers qu’ils doivent consentir pour mettre à la disposition du consommateur camerounais cette denrée de première et importante nécessité qu’est le sucre. Conséquence, n’en pouvant plus, la plupart d’entre eux ont décidé de laisser le gouvernement se débrouiller pour acheter, au nom du « patriotisme économique » le sucre Sosucam dont le prix de revient est astronomiquement élevé par rapport au sucre importé, et le revendre lui-même sur le marché du détail.

 

Le protectionnisme mis en cause

« La posture protectionniste du gouvernement qui frise la combine est un véritable non-sens. Le gouvernement est bel et bien conscient que le prix de la tonne de sucre Sosucam qui coûte 400.000 (quatre cent mille) FCFA est d’au moins 30% supérieur au prix de la tonne de sucre importé qui coûte environ 280.000 (deux cent quatre-vingt mille) FCFA mais estime que tout le monde doit s’approvisionner là où cela coûte plus cher, faire face à toutes les charges fiscales et salariales qui sont celle des opérateurs économiques exerçant dans la filière sucrière et aller vendre le kilogramme à 600 francs sur le marché. On voudrait nous demander de fermer boutique qu’on ne s’y prendrait pas autrement  » affirme un grossiste qui a bien voulu nous donner son avis sur la rareté du sucre sur le marché.  Et le même commerçant de conclure, dépité : « Nous avons donc perçu le message avant la lettre et sommes obligés de laisser les consommateurs et le  gouvernement se débrouiller avec leur Sosucam ».

 

Résistance légitime des opérateurs économiques

Propos désabusé, certes, mais plein de pertinence s’il en est, quand on sait qu’il y a quelques mois, le ministre du Commerce notait lui-même qu’après avoir coûté environ 800 dollars la tonne (environ 400 000 FCfa) sur la période 2010-2012, la tonne de sucre importée au Cameroun revenait de nos jours à 280 000 francs Cfa, alors que dans le même temps, le prix de la tonne de sucre produite localement restait constant autour de 440 000 FCfa. Ce qui rend le produit importé plus prisé tant par les semi-grossistes et les vendeurs au détail en raison de la compétitivité de son prix,  au détriment du sucre made in Cameroun.

En effet, il semble qu’il n’y a que les autorités camerounaises qui, mordent à l’hameçon du chantage de la Sosucam comme des benêts, soient n’ont pas compris que sur le marché mondial, les prix de nombreuses denrées ont drastiquement chuté.

En mai dernier, des médias révélaient que les prix alimentaires mondiaux connaissaient une baisse remarquable en raison de l’importance de l’offre et d’une demande plutôt mièvre, elle aussi justifiée par la conjoncture économique difficile. « Depuis 2008, et en dépit de politiques monétaires hyper accommodantes, l’économie mondiale n’a jamais retrouvé les niveaux de croissance qui prévalaient entre 2000 et 2008. D’où la baisse induite des prix de matière premières qui impacte forcément sur les économies africaines » relevait récemment un confrère en ligne qui commentait l’indice des prix des produits alimentaires établi par l’organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO). « La variation mensuelle des céréales, viandes, produits laitiers, huiles végétales et sucre, s’est établi en janvier dernier à 150,4 points, soit une baisse de 16% en un an. Elle affiche un recul de 35% par rapport à son dernier record établi en 2011 (229,9 points). Tous les indices de prix ont baissé: -4,1 % pour le sucre,  -3% pour les produits laitiers, -1,7% pour les céréales et les huiles végétales. L’indice des prix de la viande affiche la plus faible baisse (-1,1%), freiné dans sa chute par les prix du porc dont les cours restent soutenus par l’ouverture de l’aide au stockage privé dans l’UE. », Pouvait-on également y lire.

 

L’urgence de lever l’interdiction ou quand une mesure salutaire est coincée par le parallélisme des procédures

Et pourtant, le gouvernement camerounais n’en a cure, qui a opté de soutenir la Sosucam au détriment de la population des consommateurs. Déjà que la Sosucam qui se plaignait récemment de disposer de 58.000 tonnes de sucre dans ses magasins ne produit qu’environ 130. 000 tonnes, ce qui ne fait même pas la moitié de la demande qui est de 300.000 tonnes. Ce à quoi il faut ajouter le fait qu’une quantité non négligeable de sa production est écoulée sur le marché tchadien. Bien plus, la même Sosucam qui fait savoir à cors et à cris qu’elle peut approvisionner seule et totalement le marché sucrier local a souvent demandé des autorisations d’importations. Ce qui avait fait dire à un haut cadre du ministère des Finances qu’en ce qui concerne les importations, l’entreprise de Louis Yinda ne jouait pas franc jeu dans la mesure où il y avait autour d’elle des personnes qui importent frauduleusement du sucre. Un parent de Yinda, le bien nommé Frédéric Mvondo, que l’on dit être derrière la nouvelle société sucrière INSUCO arrivée nouvellement dans la filière sucre, a longtemps été pointé du doigt comme le bras armé de la Sosucam en matière d’importation de sucre même après que le ministre du Commerce eut rendu publique la mesure d’interdiction mentionnée plus haut.

On ne le sait que trop au Mincommerce, mais on rechigne à prendre la mesure qui libérerait non seulement les consommateurs privés de sucre pour les beaux yeux d’une société industrielle qui veut mettre le Cameroun sous la coupe réglée de ses intérêts capitalistes, parce que la mesure ayant en réalité émané du Secrétariat général de la Présidence, c’est encore à cet organe de l’administration de l’Etat qu’il revient aujourd’hui de la lever. Au nom du parallélisme des procédures ! Mais le secrétaire Général de la Présidence n’étant pas pressé d’examiner la question sous le prisme de l’objectivité crue, c’est désormais vers le président de la République élu par tous les Camerounais pour défendre leurs intérêts, et non les seuls intérêts capitalistes de son ami Louis Yinda que les regards sont tournés.

 

Régine Ngo Bassanaga

Photos NGOh NGOh(Le Parrain de la Mafia ?) et Yinda(Je veux continuer à me sucrer même si je ne peux pas couvrir le marché)

 

Quand les  opérateurs économiques de l’Agro-industrie crient au scandale.

Depuis plus de deux ans, c’est connu que les consommateurs souffrent pour entrer en possession du sucre qui en dehors de se faire rare sur le marché coute énormément cher. Malgré les plaintes de la société civile et autres commerçants de la filière, le gouvernement semble faire la sourde oreille. En juin dernier ,alors que Sosucam s’apprête à arrêter sa production pour une reprise en fin décembre prohcain,le ministre du commerce avait promis de faire une évaluation du secteur en aout 2016 afin de lever l’interdiction pour que les opérateurs économiques puissent importer le sucre et ce pour couvrir la période de septembre à décembre 2016.Depuis lors ,rien n’est fait et le sucre continue de flamber. Dans les marchés le sac de 50 kg oscille entre 33 000 frs cfa et 35 000 frs cfa quand  les clients arrivent à le  trouver.

Les Agro-industriels crient au scandale.

Depuis quelques semaines, les agro-industriels  qui utilisent le sucre dans leurs différents  productions se plaignent de la rareté de ce produit de premier nécessité et vital pour leurs activités.les entreprises qui font dans la pâtisserie ,les  boissons gazeuses, les jus et autres yaourts se disent asphysiées.ils ont d’ailleurs saisi le ministre du commerce pour se plaindre de ce que le sucre n’est pas disponible sur le marché camerounais tout relevant que si les choses venaient à perdurer, leur  production prendraient  un grand coup.

Laxisme du Ministre du commerce ?

Si pour de nombreux opérateurs économiques et autres consommateurs, c’est Luc Magloire Mbarga Atangana qui est le responsable  de ce Chaos à répétition. Des fonctionnaires  au ministère  du commerce affirment sous  cape que ce problème de pénurie du sucre avec au cœur le monopole donné à Sosucam qui pourtant incapable de couvrir la demande nationale  est bel bien  au dessus des forces de Luc Magloire Mbarga Atangana.Car  s’il est connu  que Mbarga Atangana est la tutelle technique  ces même fonctionnaires indiquent qu’il n’est pas le véritable donneur d’ordre dans cette affaire de gros interets.D’où  les véritables décisions sont prises dans une moindre mesure à la primature mais surtout  à la présidence de la république. D’ailleurs une source au niveau de la primature  indique que le ministre du commerce a fait des propositions dans leur service ainsi qu’à la présidence de la république pour une bonne régulation du marché afin d’éviter le pire pour les agro-industriels et  les consommateurs qui subissent la flambée des prix sur le marché. Il faut noter que le marché est d’autant plus tendu car Sosucam est en arrêt de production depuis juin et devraient reprendre en fin décembre 2016.Pendant ce temps les consommateurs continuent de vivre le martyr. La Présidence de la république va-t-il continuer à sacrifier les consommateurs et les opérateurs économiques ? Ils sont nombreux qui attendent de vivre la délivrance des autorisations spéciales  des importations  du sucre qui devraient  permettre aux opérateurs économiques d’importer afin de juguler le marché.

                                                         Alain Cedric YOMPA

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