Pénurie du sucre: La Mafia décide de sacrifier le Ramadan et les consommateurs

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Après la levée du bouclier par les consommateurs sur l’incapacité de Sosucam à répondre à la demande nationale à hauteur de 300 000 tonnes face à sa capacité de production de 130 000 tonnes, le Mincommerce et la Sosucam ont choisi d’embarquer la presse en villégiature dans les magasins de Nkoteng et de Mbandjock  au détriment des marchés et ce avec la bénédiction surprise de la ligue camerounaise des consommateurs.

Le conseil de cabinet du 28 février dernier sous la présidence du premier ministre, Dion Ngute, a planché sur la nécessité de réduire considérablement les importations en encourageant l’investissement locale. Le ministre de l’agriculture avait d’ailleurs rappelé pendant son exposé que « la production nationale en riz marchand est estimée à environ 100 000 tonnes en 2018 et ne couvre que 15% de la demande nationale » avant d’indiquer que « pour satisfaire les besoins des consommateurs, les importations du riz ont connu hausse importante depuis la fin des années 2000 et se situent depuis 2010 à près de 632 000 tonnes en moyenne par an… ». De nombreux spécialistes du commerce international pensent que le gouvernement commence à prendre la  mesure de développer l’industrie locale afin de limiter les importations sur un certain nombre de produits et autres denrées de grande consommation. Mais ces experts estiment que le gouvernement devrait davantage passer à l’acte en accompagnant concrètement les opérateurs économiques qui décident d’investir sur place afin de réduire le déficit de la balance commerciale.

L’exemple de l’installation des industries de production du ciment est là pour témoigner de ce que lorsque les entreprises nationales sont à même de couvrir la demande nationale, l’on a point besoin d’importer et les prix sont de plus en plus maitrisés. La récente descente du ministre du commerce Luc Magloire Mbarga Atangana accompagné de son collègue de l’industrie à Douala dans les entreprises du  secteur de la sidérurgie et de la métallurgie en surcapacité est fort évocateur car le Mincommerce a dû constater que les industries locales pouvait faire face à la demande nationale d’où la réflexion ouverte d’une possibilité d’interdiction des importations dans ce secteur d’activité au Cameroun.

Les petits mensonges habituels de Sosucam sur sa capacité à faire face à la demande nationale

 

Comme nous l’avons annoncé dans notre précédente édition, la Sosucam comme à son habitude a organisé le mercredi 27 mars 2019 une villégiature avec la presse nationale à l’effet de constater que du sucre étaient suffisamment stockées à perte de vue dans ses magasins de Nkoteng et de Mbandjock comme si l’on constatait la pénurie ou la flambée des prix dans les entrepôts d’une entreprise au détriment des étales et boutiques des grossistes et détaillants dans les marchés. Que dire des commerçants qui se plaignent de ne pas avoir la marchandise à vendre.

Après le départ à la  retraite de Louis Yinda, les patrons de Villegrain ont trouvé d’autres nègres de service qui sont désormais au-devant de la scène depuis quelques jours pour tenter de convaincre l’opinion nationale sur leur capacité à couvrir la demande nationale alors que leur production n’a pas dépassé les 130 000 tonnes habituelles face à une demande nationale de 300 000 tonnes depuis près de dix ans.

En compagnie des journalistes embarqués, Samuel Second Libock, directeur général adjoint en charge de la distribution et des relations institutionnelles de Sosucam n’a pas manqué d’évoquer l’augmentation de leur volume de production jusqu’à la fin de la campagne sucrière. Le nouveau Dga compte sur la modernisation de l’outil de production qui garantit la qualité des produits de l’entreprise qui l’emploie avant de rassurer qu’il y’a du sucre en qualité et en quantité. Pour son directeur commercial et marketing, Jean-François Ntsama « Nous disposons effectivement de 52 000 tonnes de sucre stockées dans les magasins de Nkoteng(38 000 tonnes),de Mbandjock( 11 000 tonnes) et entrepôts de Douala (2000 tonnes) et Ngaoundéré(600 tonnes) ainsi que dans les réseaux professionnels :150 t à Yaoundé ;100 t à Douala et 150 tonnes à Ngaoundéré. » .En somme ,les responsables de cette entreprise sucrière affirme sans sourciller que leur production est à même de couvrir les deux tiers de la demande nationale estimée d’après eux à 200 000 tonnes. C’est donc clair que le nouveau couple Libock-Mbarga Atangana est décidé à sacrifier les consommateurs et les fidèles musulmans pendant la période du jeûne du ramadan. Sinon comment comprendre que Samuel Libock puisse mentir sur les véritables chiffres de la demande nationale afin de faire croire que Sosucam peut couvrir le marché national et que les 52 000 tonnes qu’ils disent détenir suffiront pour ravitailler les entreprises utilisatrice du sucre comme matière première ainsi que la période de grande consommation du jeune du Ramadan?! Pourtant depuis des années et dans l’optique de compléter sa production, l’ancien  Pdg de Sosucam Louis Yinda, a toujours plaidé  pour obtenir des autorisations d’importations auprès du Mincommerce et des responsables à la présidence de la république.

Comment  Mbarga Atangana joue les naïfs !

Mbarga Atangana (Apres 15 ans passé au gouvernement, laissez-moi aussi me sucrer)

Luc Magloire Mbarga Atangana amorce sa quinzième année à la tête du ministère du commerce sans changement de portefeuille ministériel. C’est dire qu’il est connait suffisamment les problèmes de ce ministère hautement sensible et garant de la régulation des prix et de la protection des consommateurs. Il n’est pas anodin de rappeler que c’est sous Luc Magloire Mbarga Atangana que le gouvernement  avait fait une bonne autopsie du marché du sucre face aux différents pénuries et flambées des prix observés chaque années sur le marché national. Il y’a donc plus de dix ans que les experts s’étaient accordés à reconnaitre que la demande nationale oscillait en 250 000 et 300 000 tonnes face à une production de moins de près de 160 000 tonnes y compris les 130 000 tonnes de production de Sosucam. C’est alors que sous l’impulsion éclairé du Mbarga Atangana de l’époque, le marché sera ouvert aux importations afin de ravitailler le marché avec pour conséquence la maitrise des prix et l’achat du sucre bon marché. Pendant l’ouverture du marché, les consommateurs ont pu se procurer des sacs de 50 kg de sucre à moins de 21000 frs CFA contre plus de 28000 à 31000 frs CFA aujourd’hui.

Que s’est –il donc passé pour que le même ministre du commerce puisse affirmer que l’entreprise française Sosucam est à même de couvrir la demande nationale alors que sa production n’a pas du tout évolué malgré les promesses d’investissement longtemps annoncé par son ex-Pdg Louis Yinda pour augmenter sa production. De nombreux experts n’arrivent pas à réaliser comment le ministre du commerce arrive à donner sa caution à une entreprise qui chaque année exige le monopole du marché mais demande aussi  l’exclusivité pour importer du sucre afin de faire face à la demande de ses clients et autres consommateurs !Quid des autres importateurs bien connus du secteur ?

La sortie curieuse et controversée de Delors Magellan Kamgaing Kamseu de la ligue camerounaise des consommateurs(Lcc)

Après l’épisode du voyage de presse de Sosucam, les consommateurs ont eu droit à la curieuse conférence de presse du 29 mars dernier de Delors Magellan Kamgaing Kamseu  au siège de la ligue camerounaise des consommateurs(Lcc).De nombreux consommateurs ont été surpris d’entendre la position ambiguë du président réélu de la Lcc qui a toujours fustigé le monopole de Sosucam et son incapacité à couvrir le marché nationale. Le bouillonnant porte-parole des consommateurs est allé jusqu’à affirmer que la demande nationale est désormais de 200 000 tonnes alors qu’il a toujours soutenu qu’elle était d’au moins de 250 000 il y’a plus de 10 ans. Les commerçants et autres consommateurs se sont interrogés sur l’attitude suspecte de ce membre de la commission nationale de régulation du secteur sucre qui n’a pas manqué de rassurer qu’il n’ya pas de pénurie du sucre dans les marchés du Cameroun et que la production de Sosucam pouvait répondre à la demande même pendant la période du Ramadan. Les consommateurs n’ont pas hésité à marquer leur indignation quand ils ont remarqué que le modérateur de la dite conférence de presse de celui qui se réclame désormais comme le « bon partenaire » privilégié du ministère du commerce n’est autre qu’un agent de la cellule de communication du ministère du commerce.

Pendant que le nouveau triangle (Mincommerce-Sosucam-Lcc) de la mafia sucrière se frotte les mains à Yaoundé, dans le grand nord, les fidèles musulmans qui ruminent leur colère ont décidé de saisir le président de la république pour cette discrimination répétitive à leur endroit. D’aucuns aucuns se demandent si Mbarga Atangana ne veut pas finalement susciter un soulèvement populaire ! A suivre…

                                        Régine Ngo Bassanaga et Pan

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