Pénurie du sucre: Rareté cruelle du sucre sur le marché camerounais

0
199
Luc Magloire Mbarga Atangana: Ministre du Commerce du Cameroun et Louis Yinda, PDG de la SOSUCAM
  • Malgré la manipulation des chiffres par Sosucam pour rassurer les consommateurs, l’urgence d’importer pres de 200 000 tonnes de sucres s’impose pour sauver 2019

Rareté cruelle du sucre sur le marché camerounais

L’urgence d’importer pres de 200 000 tonnes de sucre s’impose pour sauver 2019

 

Estimée à environ 300.000 tonnes par an, la consommation du sucre au Cameroun en 2019 risque de pâtir douloureusement,  une fois de plus, de la pénurie de ce produit sur le marché camerounais où il  est déjà complètement absent à seulement un peu plus d’un mois de la fin de l’année 2018.L’urgence d’autoriser l’importation de pres de 200 000 tonnes de sucre se précise afin d’éviter une autre crise en 2019

Il faut désormais avoir la patience de celui qui cherche une aiguille dans une botte de foin pour se trouver un paquet de sucre agglomérée au Cameroun. Sinon, il faut aller regarder du côté du sucre en poudre conditionné dans les sacs de 50 kilogrammes, aussi moins disponible, mais qui coûte les yeux de la tête. La raison ? L’incapacité de la principale et quasi monopolistique compagnie sucrière locale, la Sosucam, qui s’est mise en tête d’opérer un hold-up sur le secteur, et qui, avec des complicités bien tissées dans le sérail, montre des dents dès qu’un opérateur ose s’y aventurer. Sous prétexte qu’elle paie des impôts et emploie des Camerounais. Un peu comme si la Sosucam employait tous les 25 millions de Camerounais, et payait des impôts pour tous.

La pénurie du sucre est présente dans les marchés et 2019 s’annonce catastrophique.

Au moment où la communauté nationale en est à se plaindre de la pénurie du sucre et de l’inflation progressive dans les marchés avec le sac de 50 kg du sucre qui coute déjà 30 000 frs cfa dans la partie sud Cameroun et plus de 30 000 frs Cfa dans les marchés du grand Nord. Il faut rappeler que le gouvernement avait ouvert  le marché aux importations en milieu d’année afin de juguler la crise de la pénurie. Apres l’arrêt des importations, le marché  s’est un tout petit peu bien comporté le temps de l’écoulement des produits. Depuis l’arrêt des autorisations d’importations et les denrées totalement consommés, la pénurie s’est installé progressivement suivie de la flambée des prix dans les marchés et annonçant l’an 2019 catastrophique en matière de pénurie du sucre .Pendant ce temps,la direction de la Sosucam resurgit pour annoncer à la faveur de sa campagne 2018-2019 la reprise de ses activités qui mettront à la disposition du consommateur 130.000 tonnes de sucre, auxquelles s’ajouteront les 30.000 tonnes restant de la production de la campagne 2017-2018. Comme quoi, les Camerounais auront droit à un total de 160.000 tonnes pour la campagne 2018-2019, alors que même les 30.000 tonnes de « stock actuel » dont la Sosucam se gargarise ne peuvent pas faire l’affaire des deux mois qui séparent la reprise de ses activités en octobre et la fin de l’année,  du moment où en posant la règle arithmétique du 300.000 tonnes par an équivalent à 25.000 tonnes par mois, on est encore là face à un gap de 20.000 tonnes que la compagnie dirigée par monsieur Louis Yinda doit combler entre le 1er novembre et le 31 décembre 2018.

Sauf à croire que La Sosucam se moque des Camerounais en estimant que 160.000 tonnes  suffiront à satisfaire leur besoin réel de 300.000 tonnes, ou qu’elle est dans l’ignorance totale de la demande réelle de sucre, on peut penser que la filiale camerounaise de Somdiaa a décidément opté de s’installer dans le déni de la réalité : refus obstiné d’admettre que sa production ne peut décidément pas combler la demande nationale –que ses amis des médias à la solde ont parfois le culot de revoir à la baisse à hauteur de 180.000 tonnes seulement-, qui plus est  si elle doit aussi soulager par-dessus le marché la demande dans des pays voisins comme le Tchad ou le Centrafrique.

Quand Sosucam verse dans la manipulation des chiffres pour distraire…

En effet, l’annonce par communiqué de presse de la reprise des activités de la Sosucam ainsi que les informations qu’elle donne à ce propos sur sa production sont un cirque auquel elle se livre annuellement, tantôt pour convaincre le gouvernement de freiner des quatre fers l’importation du sucre étranger par d’autres opérateurs du secteurs, et ainsi de plonger le pays tout entier dans le besoin crucial de sucre pour les beaux yeux de la Sosucam, tantôt pour amener le gouvernement à lui accorder -à elle seule ou à elle en priorité- des autorisations d’importer pour compléter sa production.

Or en restant sur un plan strictement factuel, il est clair que les 130.000 tonnes de sucre à produire en  2019 de Sosucam suffiront à peine à couvrir la demande nationale sur cinq mois, entre janvier et le mois de mai qui est aussi celui du jeune du Ramadan où elle augmente de façon exponentielle. Déduction logique, outre la production de la Sosucam, il faudra encore environ 165.000 à 170.000 tonnes minimum pour que la demande soit complètement satisfaite.

A propos, il y a bien longtemps que l’on attend chaque année que la Sosucam produise les 170.000 tonnes par an jadis annoncées avec tant de jactance. Mais on a plutôt l’impression qu’au fil des ans, sa production, à défaut de stagner quantitativement, s’amenuise comme peau de chagrin.  Qu’est-ce qui n’a donc pas marché ? Est-ce toujours la faute aux importateurs et autres contrebandiers?

C’est dire qu’avant la fin de l’année qui s’achève, le gouvernement camerounais par le truchement du ministère du commerce doit commencer l’évaluation de la disponibilité du sucre sur le marché national, et prendre les dispositions conséquentes en mettant en branle le mécanisme d’autorisation des importations, au lieu d’attendre que la situation empire pour se mettre à courir  dans tous les sens.

                                                                                             Prince Aristide Ngueukam

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here