Pénurie et flambée du prix du sucre: La Focaco et Aboubakar Ousmane Mey demandent l’ouverture des importations

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Aboubakar Ousmane Me et Alphonse Ayissi Abena président de La Focaco

Face à l’incapacité de Sosucam à couvrir la demande nationale provoquant la pénurie, la fondation camerounaise des consommateurs par la voix de Alphonse Ayissi Abena exige le ravitaillement du marché. Pendant ce temps, le président Aboubakar Ousmane Mey de l’Anc dénonce la discrimination des fidèles musulmans à quelques semaines du Ramadan.

La fondation camerounaise des consommateurs plaide pour la levée de l’interdiction des importations

Face à la flambée du prix du sucre et dans l’optique de sauver les consommateurs en général et la communauté musulmane en particulier, la Fondation camerounaise des consommateurs(Focaco) par la voix de son président Alphonse Ayissi Abena interpelle les pouvoirs publics afin que les autorisations spéciales d’importations soient accordées aux opérateurs économiques connus du secteur pour le ravitaillement du marché national. Le plaidoyer a été mené lors d’une conférence de presse tenue le 23 mars 2019 à Douala. 

« Tous les ingrédients  de février 2008 sont réunis en 2019 pour qu’ils y’est soulèvement social des populations contre la vie chère et la famine car les prix dans les marchés augmentent mais les salaires ne suivent pas.et comme si ça ne suffisait pas le sucre devient de plus en plus rare et cher» déclare Alphonse Ayissi Abena en l’entame de sa conférence de presse. Avant de justifier le sujet du jour: « pourquoi le sucre aujourd’hui après l’épisode de la flambée des prix du riz, du poisson et des boissons. C’est parce que chaque année, c’est le même scenario avec la pénurie du sucre depuis une dizaine d’année où les fidèles musulmans n’arrivent pas à se procurer de cette denrée de première nécessité pour mieux affronter le jeune du ramadan et il faut que cela cesse ». Le président de la Fecaco

A tenu à rappeler qu’en 2008 le paquet de 1kg du sucre en carreau coutait 500 FCFA mais aujourd’hui il coute 750 frs CFA  voire 850 et 900 FCFA dans certaines localités de notre pays. Alphonse ayissi Abena tient à rappeler au ministre du commerce Luc Magloire Mbarga Atangana que le Cameroun ne se limite pas à Douala et Yaoundé pour ce qui concerne les contrôles du ministère du commerce. Il invite par ailleurs les collaborateurs du ministre à se déployer dans les zones reculées du Cameroun et dans le grand nord pour vivre la pénurie et la flambée des prix.

Face à cette inflation galopante du prix du sucre dans le septentrion en particulier, la Fondation camerounaise des consommateurs (Focaco) s’indigne contre  l’indifférence, mieux l’inertie des pouvoirs publics  face au drame social relatif à l’incapacité des ménages à pouvoir satisfaire à un certain nombre de denrées alimentaires de grande consommation, notamment le sucre.

Au cours de l’échange avec les professionnels des médias, le président de la Focaco, a fait un état des lieux en indiquant que sur le marché « Le sac de 50 kg du sucre est parti de 22000 à 23 000 FCFA (quand le marché était ouvert) à près de 30 000 FCFA voire plus dans les régions septentrionales ».

Dans les trois régions septentrionales, les consommateurs se retrouvent en train d’acheter le même sac de 50 kg jusqu’à 35 000 FCFA. Tout ceci parce que le produit est rare sur le marché et les commerçants profitent de cet état des choses pour faire de la spéculation. Ils savent que le sucre est rare et que les consommateurs n’ont pas souvent le choix de subir leurs chantages.

« A Maroua, le sucre venant du Nigéria et plus prisé par les consommateurs coute 30000 frs CFA pour le sac de 50 kg. Mais il se fait rare depuis quelques semaines et du coup le sucre blanc de Sosucam est vendu à 32000 frs CFA tandis que le sucre roux coute 33 000 frs CFA quand les commerçants arrivent à l’avoir. Le marché est très tendu parce que le ramadan se pointe à l’horizon » indique Mohamadou commerçant à Maroua.

Quand la demande est supérieure à l’offre

« Les chiffres sont là. La demande nationale du sucre au Cameroun oscille autour de 300 000 tonnes et ce depuis près de 10 ans. Dieu seul sait que la démographie augmente avec le besoin de consommation. Sosucam produit 130 000 tonnes par an et les autres agglomérées (entreprises qui produisent le sucre en carreau) produisent près de 40 000 tonnes par an. Soit un total de 170 000 tonnes. Il faut noter que dans les 170 000 tonnes, les entreprises camerounaises ravitaillent aussi certains pays de la sous-région Afrique centrale » précise Ayissi  Abena. Avant de rappeler : « Sosucam privilégie les pays voisins ainsi que les entreprises installées au Cameroun et actionnaires au groupe Somdiaa lésant à l’occasion les pauvres consommateurs ».

En faisant le ratio entre 300 000 tonnes du besoin national et de 170 000 tonnes censés être disponible, il y’a un gap d’environ 130 000 tonnes à combler chaque année. D’où l’ouverture à la pénurie du sucre constatée dans les marchés chaque année.

Selon le leader de la Fondation camerounaise des consommateurs, «les problèmes de pénurie et d’inflation du prix du sucre sont connus au Cameroun et c’est même devenu une tradition chaque année. Chose curieuse, les pouvoirs publics font comme s’ils étaient à chaque fois surpris et qu’on devrait passer le temps à leur mettre la pression afin qu’ils puissent trouver des solutions à ce problème devenu constant depuis plus de dix ans ».

Ayissi Abena a tenu à indiquer qu’il est pour le made in Cameroun mais qu’il n’accepte pas  que le consommateur soit sacrifié  face aux défaillances des capacités de productions des entreprises installées au Cameroun. En attendant la création ou l’installation des entreprises sucrière au Cameroun pouvant faire face à a demande nationale comme dans le secteur du ciment le président de la Fecaco pense que le Mincommerce doit faire une évaluation saine du marché du sucre afin d’apporter des réponses adéquates pour soulager les consommateurs.

L’Urgence des Autorisations spéciales d’importations pour sauver le ramadan

La situation est assez préoccupante aussi bien pour les populations du Sud du pays en général que pour la communauté musulmane des régions du Grand-Nord en particulier à la veille de la période de ramadan qui démarre dans quelques semaines. Ce qui est ahurissant, c’est que les pouvoirs publics se laissent berner par la Sosucam qui continue de distraire l’opinion à la veille du mois de jeûne en se prévalant de disposer des stocks pouvant ravitailler le marché camerounais.Ayissi Abena de rappeler : « Sosucam est le plus gros importateur du sucre au Cameroun. Comment peut-on nous dire dans les réunions au Mincommerce que la production de Sosucam est toujours disponible alors qu’elle-même demande à importer pour ravitailler le marché ?Nous sommes pour la libre concurrence et il n’est pas question de donner des autorisations d’importer à une entreprise qui produit le sucre sur place et refuser aux importateurs du secteur ».

C’est l’occasion de rappeler que l’ex-Pdg de la Sosucam Louis Yinda avait clairement indiqué lors d’une réunion tenue l’année dernière avec les acteurs et les responsables du ministère du Commerce que pour satisfaire la demande nationale surtout pendant la période du jeûne du Ramadan, la Sosucam avait besoin d’une autorisation spéciale d’importation du gouvernement.

Pour éviter le chaos, le ministre du Commerce qui est dubitatif et incertain sur la disponibilité du sucre durant la période du mois de Ramadan et au-delà, devrait prendre ses responsabilités. Car le fallacieux prétexte de la protection de l’industrie locale ne saurait prospérer dès lors que l’entreprise locale qui détient le monopole de la production du sucre au Cameroun avoue son incapacité à couvrir la demande nationale et sollicite -comme c’est le cas depuis des années-, officiellement des pouvoirs publics l’autorisation d’importer le sucre.

Au lieu d’organiser des voyages de presse dans les entrepôts de Sosucam à Mbandjock et à Nkoteng pour dit-on constater la disponibilité du sucre, le ministre  du commerce gagnerait à faire une descente dans les marchés du Cameroun se rendre compte de ce que les commerçants et autres grossistes de cette denrée affirment ne pas disposer des produits malgré des commandes passées auprès des agents de Sosucam.

Fervent défenseur du libéralisme, Luc Magloire Mbarga Atangana a souvent suggéré aux pouvoirs publics la solution de l’importation pour  juguler la crise sucrière face à la pénurie. La fondation camerounaise des consommateurs demande au ministre du commerce de faire lever la suspension des importations de sucre au Cameroun en accordant dans les délais raisonnables, les autorisations spéciales d’importations aux opérateurs économiques connus du secteur afin que ceux-ci aient le temps de passer les commandes à temps pour faire venir les produits pour le ravitaillement du marché national.

Régine Ngo Bassanaga

Entretien avec Aboubakar Ousmane Mey

Très actif sur le terrain politique dans le grand nord depuis des mois à travers son parti politique l’Alliance patriotique…dont il est le président, ce fils du septentrion reconnu très proche des populations a toujours mis la lutte contre la vie chère et le bien-être des populations au centre de son combat. Celui qui continue de plaider pour le retour de la dépouille du premier président camerounais, El Hadj Ahmadou Ahidjo se déploie chaque jour pour installer les unités de son parti sur le territoire national. Aboubakar Ousmane Mey a accepté de donner sa voix pour plaider en faveur des consommateurs face à la pénurie et la flambée du prix du sucre.

 

« L’Anc demande l’ouverture du marché aux importations afin de sauver le ramadan et les consommateurs »

FORUME LIBRE: Mr le président, depuis près de dix ans, les populations des régions du grand Nord ont de la peine à se procurer du sucre pour la consommation du fait de la pénurie. Sur le terrain, ils sont nombreux à se plaindre de ce que le sucre est non seulement rare mais très chère. Votre réaction en tant que leader de l’Anc et originaire du septentrion?

Aboubakar Ousmane Mey : Merci de me donner l’occasion de rebondir sur cette situation presque incroyable devenue récurrente pour nos populations dont je suis très proche en particulier, des consommateurs ainsi que les opérateurs du secteur du sucre en question. En tant que leader, nous avons toujours dénoncé cette discrimination des pouvoirs publics qui négligent les fils et filles du grand nord qui se battent pour se procurer du sucre à bon prix. Il est en réalité question ici d’un manque de prévision des structures gouvernementales concernées, mais en toile de fond, je relève le caractère mafieux des comportements de certains fonctionnaires au sommet de l’état, incontournable dans la prise de décision relativement à toutes les actions à mener.

La vente du sucre sur le marché dans le grand nord est très critique malgré la volonté très perceptible des autorités à imposer le produit SOSUCAM.

L’extraordinaire est que l’offre de cette structure sous l’emprise des français reste en dessous de la très forte demande, qui fait des piques durant le mois de Ramadan et ce sont nos populations qui en souffrent face aux mépris du ministre du commerce.

Mais bien plus, au premier degré, le sucre qu’offre SOSUCAM se trouve en difficulté sur sa qualité chez les consommateurs qui eux, préfèrent le sucre Brésilien et celui de Dangoté importé du Nigeria.

En plus de sa difficulté à se retrouver sur les étals, le sucre local connait une deuxième difficulté majeur à se faire une place chez les consommateurs;

Il se chuchote qu’entre l’usine sucrière, le grossiste et le détaillant, le sac de 50 kg subirait une cure d’amaigrissement de deux ou trois kg.

A l’inverse, le brésilien et Dangoté déborderaient de un à deux kg supplémentaires.

Cela force donc un regard sur les différents prix sur le marché, troisième difficulté et non des moindres, pour le contrôle du marché par SOSUCAM que tente d’imposer injustement l’état.

 

FL : Depuis des mois le gouvernement a interdit l’importation du sucre par des opérateurs économiques et ce dans l’optique de protéger l’entreprise sucrière Française Sosucam qui n’arrive pas à couvrir le marché national. Que faire pour des populations qui sont exposées aux chantages des commerçants qui profitent de la pénurie pour augmenter les prix?

AOM : Mais il se trouve que la capacité de production de Sosucam est de 130 000 tonnes face à une demande nationale d’environ 300 000 tonnes. D’où il faut combler un gap important de plus de 100 000 tonnes afin de répondre aux besoins des consommateurs.

C’est en effet une situation qui met en exergue l’incompétence des structures en charges du secteur qui ne prennent pas en considération les soucis du consommateur dont l’objectif est simple : s’alimenter!

Primo, l’offre reste complètement en dessous de 60% de la demande réelle du marché.

En plus l’état a la responsabilité dans de telles circonstances, d’ouvrer le marché à l’importation, pour les opérateurs ayants une licence dans le secteur afin de combler le gap. Je suis souvent amusé lorsque le ministre du commerce tente souvent de nous expliquer que la production nationale couvre les besoins des consommateurs. Pourquoi Sosucam elle –même obtient des autorisations spéciales d’importations ? C’est justement parce qu’elle sait que sa production est incapable de satisfaire la demande. Mais des fonctionnaires viennent chaque année se moquer des populations en soutenant cette entreprise pour des raisons de prébendes entretenus par une mafia au sommet de l’etat.Ceci est lamentable et nous ne croiserons pas les bras à les regarder marthyriser nos populations car c’est finit l’époque des moutons du Nord.

La flambée à l’approche du mois de Ramadan devrait être un facteur déclencheur de ce levier qui existait bien avant l’indépendance du Cameroun mais la mafia de Yaoundé joue les aveugles et fait la sourde oreille. Il faut que cette discrimination cesse. C’est facile de rester dans les bureaux feutrés à Yaoundé et de penser que le Cameroun se porte bien. Le grand nord subit depuis des années les affres de Boko Haram et la famine est perceptible. Et les incompétents du gouvernement veulent nous priver du sucre pendant le Ramadan.

Des importateurs rompus dans le secteur sont arnaqués et laissés pour compte, au profit d’aventuriers sans envergures.

Au final, des recommandations circuleront sous capes et plusieurs milliards de frs CFA prendront des directions que vous pouvez imaginer.

Les vaillants commerçants du grand-nord déjà habitués aux entourloupes des autorités, fonctionnent avec ce boulet et mettent du leur pour régler le problème.

Sosucam propose son sac de 50 kg au prix de 31000 frs CFA, revendu 31500 frs CFA.

Le sucre brésilien et Dangoté (les plus prisés) se vendent à 33.000 frs CFA pour un cout d’achat de 32.000 frs CFA.

A Kousseri par exemple, Dangoté est vendu à 30.000 frs CFA. Il y’a justement pénurie du sucre Sosucam en ce moment dans tout le Logone et Chari.

Le sucre en carreau de 25 kg qu’offre SOSUCAM coute 17900 frs CFA et se vend 18000 frs CFA sur le marché.

Tout est dit ici, la jungle s’est installée et les commerçants ne croisent pas les bras pour soulager leurs clients.

 

FL : Le début du jeûne du Ramadan c’est donc pour bientôt et les prix sont chers sur le marché. Quelle est la position de l’Anc afin de répondre à ce problème finalement récurrent chaque année?

AOM : Nous pensons que ces dérivent proviennent d’une défaillance systémique. Le régime en place est à bout de souffle et manque de crédibilité dans la mise en exécution de son programme  politique.

Que dire, alors que le sénat et l’assemblée nationale devraient interpeller le ministre du commerce à cet effet afin qu’il corrige cette injustice infligée chaque année aux populations.

Le président de l’Assemblée Nationale et le  1er Vice-Président du Sénat sont des ressortissants du Grand Nord. Qui mieux que ses deux musulmans et originaires du grand nord devraient porter les doléances des populations afin de faire échec à la mafia du sucre entretenus par quelques membres du gouvernement ?

De tricherie en tricherie, nos hommes d’état ont fini par se compromettre à tous les niveaux noyant ainsi quelques quelques-uns encore honnêtes.

L’ANC par ma plume ici n’attend rien de ces prévaricateurs aux affaires, et entend mettre le patriotisme de nos concitoyens en exergue, pour déloger les élus locaux du régime, qui ne se soucient pas des électeurs qui bons grés mal grés, leur ont accordé leurs voix aux élections de 2013. En attendant l’Anc demande l’ouverture du marché aux importations afin de sauver le ramadan et les consommateurs.

                                                      Propos recueillis par Prince Aristide Ngueukam

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