Port autonome de Douala : Paul Biya élargit la marge de manœuvre

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Par décret N° 201034 du 24 Janvier 2019, Paul a donné à Cyrus Ngo'o, les moyens de sa politique de redynamisation du PAD.

On en reparle encore : le décret présidentiel du 24 janvier 2019 réorganise le port autonome de Douala confère à la principale plateforme logistique camerounaise des atouts supplémentaires pour booster ses performances

Un décret présidentiel daté du 24 janvier 2019 réorganise cette structure et lui permet d’avoir une large marge de manœuvre pour être plus compétitive.

Les spécialistes sont formels, le décret N° 201034 du 24 janvier 2019 signé par le chef de l’Etat est une véritable révolution en ce sens qu’il donne au Port autonome de Douala (PAD) les moyens de son dynamisme et du renforcement de sa compétitivité, en  s’arrimant aux standards internationaux du secteur maritime et portuaire. Le décret présidentiel vient donc propulser les capacités du PAD en matière de gestion, de promotion et de marketing du port de Douala-Bonabéri, ainsi que dans les domaines de l’organisation et de la réalisation des travaux d’équipement, d’extension, d’amélioration, de renouvellement, de reconstruction, d’entretien du Port et de ses dépendances. Sans oublier la création et l’aménagement des zones industrielles et portuaires.

Bien sûr, ces atouts conférés au PAD vont avec de nouvelles charges, telles que la  coordination des activités industrielles et commerciales relatives à l’exploitation portuaire (entreposage, acconage, transbordement de navire à navire, manutention, gestion des terminaux, transit…). Et on n’oubliera pas l’impératif pour le Port autonome de Douala d’assumer sa responsabilité sociale de contribution au développement des populations riveraines.

Fin des conflits et autonomisation

Mais on retiendra surtout, en ce qui concerne les nombreux avantages supplémentaires du décret présidentiel, la rétrocession de droit des actifs résiduels de l’ex-Onpc au PAD : l’article 22 du décret stipule à cet effet que « l’État transfère au Port autonome de Douala en propriété́ ou en jouissance, selon le statut juridique de ces biens, les actifs, ainsi que le patrimoine de l’ex-Office National des Ports du Cameroun (Onpc) ».

A ce propos, tous les observateurs sont d’avis que le décret présidentiel vient mettre fin d’une part au litige entre le PAD et le gestionnaire des actifs résiduels de l’Onpc, et d’autre part,  au conflit d’autorité entre le PAD et le ministère des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières (MINDCAF).

Les privilèges du trésor accordés au PAD font également partie de la panoplie des mesures du décret mentionné supra qui participent à l’autonomisation accrue de la gestion du Port. Il stipule en son article 31 que : « le Port autonome de Douala dispose, pour le recouvrement de ses créances, des prérogatives et privilèges du Trésor, ainsi que ceux prévus par les actes uniformes de l’Ohada…».

Dans le même ordre d’idée, le PAD a désormais la possibilité de créer des filiales, et donc de conduire certaines activités dans le cadre d’une régie déléguée. Par exemple,  en prenant en main la gestion en cas de défaillance, de certains secteurs dits stratégiques et en faire un démembrement de l’autorité portuaire, à l’instar du dragage du chenal du Wouri.

Le Port Autonome de Douala qui est engagé depuis pratiquement trois ans, dans un vaste processus de normalisation, de rénovation et d’innovation, a donc de quoi se frotter les mains grâce au décret présidentiel N° 201034 du 24 janvier 2019 qui  consolide la dynamique en cours et donne une nouvelle impulsion à l’infrastructure portuaire.

Sylvie Laure Sibe (directeur des Affaires juridiques au Port Autonome de Douala) : « Une réorganisation salutaire»

Sylvie Laure Sibe (directeur des Affaires juridiques au Port Autonome de Douala)

Le directeur des Affaires juridiques au Port Autonome de Douala revient sur la portée du décret présidentiel du 24 janvier dernier.

Le président de la République a signé un décret portant réorganisation du Port Autonome de Douala. Qu’est-ce qui peut justifier cette réorganisation ?

Le chef de l’État, Son Excellence Paul Biya, à travers la réforme portuaire de 1998 créant quatre ports autonomes (Douala, Kribi, Limbe, Garoua), entend faire du Cameroun un hub maritime et portuaire incontournable dans le Golfe de Guinée. Le complexe industrialo-portuaire de Kribi a démarré ses activités. Le Port autonome de Douala, poumon économique du Cameroun, est dans une phase dynamique de normalisation, de rénovation et d’innovation. Le décret du 24 janvier 2019 réorganisant le PAD vient conforter ce processus. Souvenez-vous que le 6 octobre 2011, le président Paul Biya traçait à Douala les grandes lignes de développement de la circonscription portuaire de Douala-Bonabéri. Il avait notamment dit : « Douala, le port, doit devenir, la référence dans le Golfe de Guinée ». C’est dans cette mouvance qu’il faut situer la réorganisation du Port autonome de Douala, qui en fait une véritable autorité portuaire.

C’est dire l’importance que revêt ce décret…

C’est un signal fort que le président de la République vient de donner en direction de l’industrie portuaire nationale, confortant sa vision moderne, voire avant-gardiste du secteur portuaire. C’est dire que ses attentes sont fortes pour le rayonnement de la destination Cameroun.

« …le président de la République vient ainsi de doter le PAD d’un ensemble d’outils qui vont lui permettre d’évoluer avec plus d’efficacité dans un environnement de plus en plus concurrentiel, avec des solutions dans le cadre de la nouvelle vision prônée par la direction générale. »

Quelles grandes innovations apporte ce texte ? Qu’est-ce qui va changer concrètement tant au Port autonome de Douala que sur la place portuaire proprement dite ?

Les innovations apportées par ce texte portent principalement sur deux axes à savoir : l’arrimage aux dispositions de la Loi n°2017/011 du 12 juin 2017 portant statut général des entreprises publiques ; l’adaptation du texte aux évolutions du secteur et la nécessité de conforter le PAD dans son rôle d’Autorité portuaire en charge de la gestion du conglomérat portuaire de Douala-Bonabéri. A ce titre et outre les nécessités d’arrimage évoquées plus haut, on peut noter trois grands axes d’innovations : le renforcement de l’autorité et des pouvoirs du PAD dans la gestion tant du patrimoine de l’ex-ONPC, que des dépendances du domaine portuaire ; la confortation du PAD dans son déploiement, tant dans l’espace que dans la recherche des solutions dans le cadre des travaux en régie relativement aux divers services ; la facilitation du recouvrement des créances du PAd, en lui accordant le privilège du Trésor.

En somme, le président de la République vient ainsi de doter le PAD d’un ensemble d’outils qui vont lui permettre d’évoluer avec plus d’efficacité dans un environnement de plus en plus concurrentiel, avec des solutions dans le cadre de la nouvelle vision prônée par la direction générale.

Parlons perspectives. Comment entrevoyez-vous l’avenir du port de Douala à court, moyen et long termes ?

Ces outils contenus dans le texte réorganisant le PAD constituent autant de réponses qui permettent à court terme d’améliorer le recouvrement des redevances portuaires, la gestion des conflits d’autorité dans le domaine public portuaire, et surtout à long terme, se projeter dans la prise en main de la gestion des travaux à travers la régie tels que le dragage, la construction navale, la voirie et bien d’autres activités en cas de défaillance d’une entreprise en charge d’un secteur donné de l’activité portuaire. Comme on peut aisément le constater, le PAD s’arrime aux standards des entreprises portuaires modernes. La normalisation prescrite par le gouvernement de la République prend tout son sens avec ce décret dans le continuum de la réforme de 1998. Le PAD pourra désormais pleinement assurer ses missions de service public et de puissance publique pour le plus grand intérêt de l’économie nationale et la desserte du commerce extérieur. Il a dorénavant la capacité de prendre toutes les mesures pour faire du conglomérat portuaire de Douala-Bonabéri un outil efficace et moderne d’aménagement du territoire et d’amélioration du cadre et des conditions de vie des populations riveraines.

  • Sylvie Laure Sibe : « Le PAD aux standards internationaux des entreprises portuaires modernes. »

                                                                                                        Fouapong  Mefire

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