Pr Olivier Bilé : »Après l’effervescence de la Can,voici venu le temps de la traversée du désert »

0
183

LE TEMPS DE LA TRAVERSÉE DU DÉSERT

Pr Olivier BILE

Les moments ainsi que les situations les plus éprouvants de la vie sont généralement ceux de 《la traversée du désert》, quelle que soit la position dans laquelle on se trouve. Après l’effervescence de la CAN, voici le thermomètre redescendu, voici venu le temps de 《la traversée du désert》. Après leur longue captivité en Égypte, les enfants d’Israël l’ont expérimentée à travers de très éprouvantes séquences de vie quotidiennes. Au Cameroun, nous sommes bien partis pour l’expérimenter davantage car, en réalité, nous y sommes depuis un bon moment. Les pénuries diverses ainsi que la vie chère qui persistent ne risquent pas d’arranger les choses.

Le plus dur en matière de 《traversée du désert》 pour un pays comme le nôtre c’est l’impression d’impasse ; le défaut de perspective ; l’illisibilite de l’environnement ; la difficulté des acteurs sociopolitiques à repositionner le pays sur l’orbite d’un débat public enthousiasmant, rassembleur et mobilisateur ; La complexité de l’action visant à entreprendre des initiatives susceptibles de redonner du sens et de l’espérance à l’univers national.

Comment ferons nous pour sortir de l’impasse de ces échanges insipides et distractifs qui œuvrent à intensifier le nivellement par le bas de tout un pays ? Ni les débats à la petite semaine ni les manœuvres politiciennes sans portée profonde, ni nos collectives et souvent impuissantes protestations sur tel ou tel sujet, ni même les très attendus actes de remaniement de l’appareil dirigeant ne seront aptes à résoudre cette problématique du 《désert》qui s’est installé depuis que les lampions de la CAN se sont éteints.

Comment relancer utilement et positivement la machine nationale en vue de sortir toute la société du désert ? Ailleurs, les chaînes d’information en continue, au risque parfois d’hystériser les peuples par leur frénésie d’alimentation informationnelle permanente, jouent ce rôle de moteur et de catalyseur de la vie sociale.

En l’absence de ce type d’outil médiatico-politique chez nous, il ne nous reste guère que l’ingénierie des acteurs sociopolitiques pour relancer la machine de propulsion de notre actualité vers les horizons d’une utile et pertinente traversée du désert. Le challenge est immense. Il interpelle toutes les forces vives. Il conditionne l’avenir à moyen et long termes de notre pays. C’est le sentiment qui m’habite.

Dieu bénisse le Cameroun.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here