REFORMES FISCALES: Le gouvernement valide 74 propositions du secteur privé

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Le MINFI Louis Paul MOTAZE: Le gouvernement - secteur privé à l'ordre du jour
Louis Paul MOTAZE:

C’est le ministre des Finances qui a fait l’annonce vendredi dernier au siège du Gicam à Douala. Par ailleurs, Louis Paul Motaze a annoncé la création d’un Comite permanent de concertation sur les questions fiscales et douanières avec des rencontres trimestrielles et la réorganisation du Comité d’appui à l’instruction des recours préalables auprès du ministre des Finances en matière de contentieux fiscal et douanier.

« L’économie, c’est vous qui la faites. Et une administration sérieuse doit être une administration de facilitation, c’est-à-dire qui recherche comment faire en sorte que ceux qui font l’économie la fassent réellement et sans entraves ». Louis Paul Motaze, ministre des finances s’adressait ainsi aux opérateurs économiques du secteur privé le 02 novembre dernier au siège du Gicam à Douala. C’était lors de la récente session de concertation entre le ministère des Finances et les regroupements socioprofessionnels. Une rencontre qualifiée d’historique et d’unique par Célestin Tawamba, président du Gicam.

La promesse respectée de Louis Paul Motaze.

En effet Louis Paul Motaze était au Gicam pour deux choses : présenter les observations du gouvernement par rapport aux propositions du patronat sur les réformes fiscales et douanières remises au Minfi le 28 mai dernier lors d’une précédente visite ; échanger sur le projet de loi de Finances 2019.

Concrètement, le ministre des Finances a présenté au secteur privé les grandes orientations du projet de loi des Finances 2019. Un document qui a pris en compte certaines propositions du Gicam.

C’est ainsi que sur l’ensemble des propositions en matière de fiscalité de la douane, apprend-on, 27 ont reçu avis favorable, 10, un avis réservé, 3 sont en perspective, soit un taux d’acceptation de 73 %. En matière de fiscalité intérieure –c’est-à-dire les impôts–, sur 83 propositions, 47 ont reçu un avis favorable, 24 ont reçu un avis réservé et 12 sont en perspective, soit un taux de recevabilité de 71%.

«Je le dis encore une fois, nous sommes là pour prélever les taxes, mais nous prélèverons encore mieux les taxes si les entreprises sont performantes, c’est elles qui paient les taxes, donc il ne faut pas les tuer, il faut leur permettre de payer davantage en améliorant l’environnement fiscal des affaires et en essayant de trouver des mesures qui peuvent être mises dans les différents textes pour l’épanouissement du monde des affaires», affirme le ministre des Finances, Louis Paul Motaze.

Cependant, il faudra encore attendre l’adoption de ces mesures par le Parlement et leur promulgation par le Chef de l’Etat. «Nous en avons parlé, mais je vous le dis, nous en avons dû parler à huis clos parce que l’autorité responsable de l’adoption, de la fixation des mesures législatives à prendre c’est le chef de l’Etat, et c’est le chef de l’Etat qui est habileté à déposer le projet de loi des finances au bureau du parlement», souligne Louis Paul Motaze.

Quand le Patronat apprécie la méthode Louis Paul Motaze

Des efforts du gouvernement salués par Célestin Tawamba qui a rappelé les objectifs des propositions formulées par le Gicam : « L’avènement d’une fiscalité de développement reposant sur la baisse de la pression fiscale sur les entreprises du secteur formel, l’élargissement de l’assiette fiscale, le rétablissement d’une relation, voire d’un contrat de confiance entre l’administration fiscalo-douanière et le contribuable ».

Le Groupement inter-patronal ajoute que les recommandations validées dans le domaine de la « fiscalité de porte » sont relatives aux bases de taxation douanière, la rationalisation des facilités douanières, le renforcement des droits et garanties des redevables, la facilitation des échanges et l’amélioration de l’environnement des affaires.

Pour ce qui est de la fiscalité interne, les mesures approuvées concernent l’amélioration de la trésorerie et de la compétitivité des entreprises, le renforcement de la justice et de l’équité fiscale et la rationalisation des procédures fiscales. De l’avis du patron du Gicam, « …Il ne faudrait plus que le Cameroun soit décroché par rapport aux autres pays. Il faudrait que le Cameroun redevienne compétitif et que l’on puisse aligner notre fiscalité sur celle des pays comparables. Il faudrait qu’on puisse sortir définitivement et progressivement de cette démarche de la fiscalité sur le chiffre d’affaires (CA)  pour retrouver une fiscalité  sur le bénéfice».

« …Nous continuons d’œuvrer pour que vous puissiez travailler dans un environnement sain et productif ; pour cela, il faut écouter le secteur privé… » a poursuivi Louis Paul Motaze qui, dans la foulée, a annoncé la création d’un Comite permanent de concertation sur les questions fiscales et douanières avec des rencontres trimestrielles et la réorganisation du Comité d’appui à l’instruction des recours préalables auprès du ministre des Finances en matière de contentieux fiscal et douanier.

C’est le lieu de saluer la démarche du ministre des Finances qui, mieux que l’immense majorité de ses prédécesseurs, a compris la nécessité d’engager des concertations permanentes avec le secteur privé, créateurs de richesses, à l’effet d’enregistrer leurs préoccupations et au besoin y apporter des solutions autant que faire se peut.

Prince Aristide Ngueukam

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