Remaniement ministériel annoncé: Quel Premier ministre pour les « Grandes opportunités » ?

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Immeuble premier Ministère Cameroun

Les fils du grand nord et des deux régions anglophones se battent pour le prestigieux poste. Les noms de Alamine ousmane Mey,Paul Atanga Nji,Mohamadou Labarang,Paul Elung Che…sont cités.

-Découvrez les départements toujours oubliés qui réclament un poste ministériel

Remaniement ministériel annoncé

Quel Premier ministre pour les « Grandes opportunités » ?

De gauche à droite (en haut): Alamine Ousmane MEY, Paul ATANGA NJI et Zacharie Perevet.
De gauche à droite (en bas): Paul ELUNG CHE, MENGOT Victor Arrey-Nkongho et Mohamadou Labarang. Premier Ministrables

Au lendemain de la victoire écrasante, le plus dur commence. Entre récompenser les artisans du succès (ceux qui ont mouillé le maillot), ne choisir que les compétents, satisfaire les multiples courtisans, plier sous le poids des revendications à forte odeur tribaliste…, Paul Biya a du pain sur la planche, en commençant par le poste du nouveau chef de gouvernement. Au fait,  qui sera le Premier ministre des « Grandes opportunités » ? Malheureusement,  dans cette jungle politique, un seul sera choisi : anglophone ? Francophone ? Grand-nordiste ?  La course est serrée. Regard sur les startings-blocs.

C’est l’heure du partage du gâteau, après les prouesses des uns et des autres sur le terrain, pour le triomphe de Paul Biya, lors de la présidentielle du 7 octobre dernier. Etant entendu que l’équilibre régional fait partie des critères majeures, notamment en ce qui concerne le poste de Premier ministre, les enjeux sont d’autant plus énormes que c’est à travers cette nomination que les grands équilibres sont bouleversés  au niveau des plus hautes institutions de l’Etat. Une chose est sûre : les derniers résultats vont complexifier le partage des postes entre les différents groupes régionaux.

Au-delà des pourcentages favorables, enregistrés de part et d’autre, la question  qu’on retrouve dans les commentaires, est celle de savoir où il ira la primature, après le record de longévité à ce poste, battu par Yang Philémon, et dont le bilan est mitigé.

Sur ce sujet, on sait bien que le Grand-nord réclame ce poste qu’il a perdu depuis 1992. Pour les anglophones aussi, par ces temps fragiles où le problème anglophone fait l’objet de toutes les frilosités, il n’est plus question de jouer le figurant dans l’appareil étatique. Malheureusement,  dans cette jungle politique, un seul sera choisi : anglophone ? Francophone ? Grand-nordiste ? En tout cas, le domaine de définition semble limité à ces trois entités.

Toutefois, si la remise en selle à l’Immeuble étoile tient plus ou moins aux  performances électorales, elle pourrait être dictée par des raisons d’équilibre ethno-régional.

 

Bataille pour la Primature

Quel serait le bon profil du futur locataire de l’Immeuble étoile? Compte tenu des scores enregistrés sur le terrain, Paul Biya peut-il choisir un politique ou un technocrate pour coordonner l’action gouvernementale? En tout cas, entre les raisons d’ordre politique et les impératifs d’efficacité, le choix du locataire de l’Immeuble étoile s’annonce serré.

Pour la gouverne, la nécessité pour le Septentrion d’abandonner le poste de président de l’Assemblée nationale pour le prestigieux poste de Premier  ministre, n’est pas un fait nouveau. L’idée d’inverser l’équilibre régional, en attribuant le poste de Premier ministre au Grand-nord et l’Assemblée nationale aux Anglophones, est une ambition convoitée depuis longtemps par les nordistes.

Selon eux, tout part d’un constat selon lequel, les retombées liées au poste de président de l’Assemblée nationale, occupé depuis 1992 par Cavaye Yeguié Djibril, originaire de l’Extrême-nord, sont déficitaires sur toute la ligne. Pour toutes ces raisons, l’élite du Grand-nord estime que ce poste est certes prestigieux mais vide dans son contenu et ses effets, par rapport à un poste opérationnel comme la Primature. C’est ainsi que son choix porte sur le poste de Premier ministre occupé en 1982 et 1983, et de 1991 en 1992 par les Nordistes. On se souvient que c’est au terme des législatives de 1992 que Sadou Hayatou, fils de Garoua, avait cédé le trône à Achidi Achu, originaire de Santa dans la Région du Nord-ouest. Et depuis lors, les Anglophones n’ont plus lâché le trône.

 

Quand le grand nord veut reprendre la primature.

D’emblée, force est de constater dans le Grand-nord, les gens votent Paul Biya, mais cela n’exclut pas qu’ils ont toujours d’énormes problèmes. Par conséquent, les jeunes n’ont plus confiance à la vieille garde qui ne leur donne pas satisfaction.

Parmi les noms qui reviennent dans cette course à la Primature, on peut citer, entre autres :

 

Alamine Ousmane Mey

Technocrate et jeune, l’actuel Minepat à la réputation d’un homme rigoureux dans son travail. Depuis qu’il est au gouvernement, l’ancien Minfi a déjà occupé deux postes ministériels sensibles. Avec la touche jeune, certains observateurs pensent qu’il a le profil de l’emploi pour conduire le gouvernement tout en mettant un point d’honneur sur les recommandations du Fond monétaire International(Fmi). Propulsé, à la surprise générale, parce que pur produit du secteur privé, à la tête du département stratégique du ministère des Finances à la faveur du remaniement ministériel du 09 décembre 2011, le fils de l’ex ponte du régime Feu Ousmane Mey  est un habitué de la famille présidentielle grâce à son amitié avec Franck Biya le fils du président de la république. Même si on peut noter quelques soucis au niveau de sa popularité sur le plan politique dans la région de son  Extrême Nord natal. Ses frères et sœurs des trois régions septentrionales pensent qu’il devrait encore travailler ses relations avec la base politique du Rdpc pour mettre les gens d’accord.

 

Zacharie Perevet

L’actuel  ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle est intouchable du gouvernement. Raison pour laquelle il résiste à tous les remaniements. Ce qui laisse entrevoir la marque d’estime qu’il bénéficie auprès du détenteur du pouvoir discrétionnaire. Ce serait d’ailleurs un clin d’œil, à l’endroit des Toupouri, qui ne cessent de se plaindre, étant entendu qu’Ayang Luc, l’éternel président du Conseil économique et social, ne leur sert à rien. Encore qu’ils se souviennent toujours d’avoir été marginalisés par les Peuls, depuis le règne du président Ahidjo.

 

Mohamadou Labarang

L’ambassadeur du Cameroun en Arabie saoudite a l’avantage d’être rôdé à la tâche. Bien connu du président Paul Biya, il a l’avantage d’avoir fait ses classes comme ministre secrétaire général adjoint de la présidence de la république et ministre de la fonction publique et du control supérieur de l’état. Docteur d’Etat en sciences politique et fervent militant du rdpc, sa nomination comme premier ministre pourrait permettre aux populations de l’Adamaoua, toujours insatisfaites d’être marginaliser dans le partage des postes parmi les fils du grand nord, de se hisser enfin au podium, pour une fois.

 

Quels autres fils Anglophone comme premier ministre pour juguler la crise anglophone ?

C’est connu que Philémon Yang a essuyé de nombreux critiques de ses frères anglophones dans la gestion de la crise anglophone. Réputé trop distant des populations des deux régions anglophone, le diplomate n’a jamais su convaincre ses frères de déposer les armes de la revendication pour une quelconque secession.Meme avec son poste chef de la délégation régionale permanente du comité centrale du rdpc de la région du nord-ouest, le fils de Oku a toujours eu du mal à affirmer son leadership sur le plan politique  dans cette région réputé frondeur au régime de Yaoundé. Avec la crise anglophone qui bat son plein dans sa région natale, de nombreux observateurs s’accordent à dire que le Nord-ouest n’a pas de véritable leader sur le plan politique et que Philémon Yang devrait céder son fauteuil à un autre anglophone. A l’occasion, les noms de nombreuses personnalités originaires des deux régions anglophones sont amplement cités pour occuper le poste de premier ministre dans le prochain gouvernement de Paul Biya.

Dans la région du Nord-ouest l’on peut citer :

 

Paul Atanga Nji

Le nom de l’actuel ministre de l’administration territoire est cité dans la short-liste des fils du nord-ouest aspirant pour remplacer Philémon Yang. Si pour les hommes politiques, Atanga Nji a l’avantage de connaitre la base politique du rdpc et son fonctionnement, il est aussi un féru du renseignement qui fait partie des privilégiés qui conseillent et aident le président de la république à résoudre la crise anglophone sans grand succès. Optimiste et courageux, il s’est prendre des décisions révolutionnaires pour ce qui est des dossiers dont il a la charge. D’aucuns pensent qu’avec son style de management brute et sans concessions, il pourrait bousculer  les habitudes chez les fonctionnaires et les inciter à véritablement se déployer la bonne gestion des dossiers

 

En revanche, dans le Sud-ouest, on trouve des candidats à foison à la fonction « primatoriale »

Elung Paul Che

Il y a quelques années,  certaines informations laissaient entendre qu’Elung Paul Che aurait été consulté pour occuper le poste de Premier ministre. Lui,  qui avait déjà gravi toutes les marches au sein de la haute administration financière grâce à son mentor l’ancien Pm Inoni Ephraim.  Aujourd’hui,  cet anglophone du Sud-ouest, né le 10 octobre 1968 à Tombel dans le département du Kupe Manengouba est, une fois de plus, pressenti pour remplacer Philemon Yang à l’immeuble étoile. Quand on sait qu’il est secrétaire-adjoint de la présidence de la République, il y a des raisons de penser qu’il est sur la bonne voie, celle qu’ont emprunté Inoni Ephraïm, Yang Philémon pour chuter à la primature. Réputé distant de la base politique et très arrogant, les fils du sud-ouest estiment qu’il devrait encore travailler son côté sociable afin de tenter de convaincre ses frères des deux régions anglophones à tourner le dos à la sécession. Il fait partie des élites qui ont peur d’aller dans leur village. Dans l’optique d’opérer d’un baroud d’honneur, il a essuyé les tirs des raquettes des sécessionnistes alors qu’il se rendait dans son tombel natal pour battre campagne pour le compte de Paul Biya pendant  la présidentielle de 2018.

 

Mengot Victor Arrey-Nkongho

Ministre chargé de mission à la présidence de la République, le fils de la Manyu est  très discret et sans histoires. Bien qu’étant au palais d’Etoudi il a toujours gardé une oreille attentive pour les nouvelles des populations de sa région d’origine, le sud-ouest. Fin connaisseur des dossiers de la république, ils sont nombreux dans la région du sud-ouest qui pensent qu’il ferait un bon premier ministre actif sur le terrain surtout qu’il est réputé humble et proche des populations et de la base politique du Rdpc dans la Manyu où il est patron politique.

Encadré

Voici les Départements  du Cameroun qui n’ont pas de ministres  dans le gouvernement.

Dans la région du Nord-Ouest : Les départements du Menchum  et Boyo n’ont pas de ministres.

Dans la région du Sud-Ouest : Le département du Meme n’a pas de ministres de puis près de 20 ans.

Dans la région de l’Ouest : Le département du Haut-Nkam est le seul département de l’ouest qui n’a pas de ministres depuis près de 10 ans)

Dans la région de l’Adamaoua : le département du Mbéré n’a pas de ministres depuis plus de 30 ans et les départements du Djerem et du Faro et Deo sont aussi sans ministres.

Dans la région du Nord : le département du Mayo Louti n’a pas de ministres depuis plus de 35 ans.

Dans la région du Sud : Le département de la Vallée du Ntem est le seul département qui n’a pas de ministres.

Dans la région de l’Est :(Boumba et Ngoko)

 

Prince Aristide Ngueukam

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