Scandales financiers à la Commercial Bank-Cameroun(CBC): Comment le Dg Léandre Djummo a abandonné plus de 222 millions de frs CFA à la Société Cométal.

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Léandre Djummo,Dg de la Cbc | Immeuble iège de la CBC

Les scandales financiers de retour à la Commercial Bank-Cameroun

-Comment le Dg de la CBC, Léandre Djummo, a décidé d’abandonner plus de 222 millions de frs CFA (soit 25% d’une créance de plus de 800 millions) à la société Cometal. Lire l’enquête exclusive de Forum Libre

Mauvaises gestions à la CBC

Les scandales financiers de retour à la Commercial Bank-Cameroun

Selon des informations en notre possession, la Commercial Bank-Cameroun (CBC), qui réclame depuis 2012 la somme de 889,3 millions de FCFA  (889 334 776 FCFA) à la société Cométal a,  sur la demande de cette dernière, décidé d’abandonner jusqu’à 25% de sa créance au profit de Cométal ; soit la somme de 222,3 millions de FCFA (222 334 776 FCFA), ramenant le solde à  667 millions de FCFA. Et paradoxalement, après avoir gagné un procès contre  Cométal au Tribunal de Grande Instance du Wouri. Un acte  que plusieurs experts financiers et autres débiteurs de la banque trouvent tout simplement scandaleux et suspect au sein d’une Banque reprise par l’Etat du Cameroun. Voyage au cœur d’un scandale financier qui devrait intéresser le Tribunal Criminel Spécial(Tcs)

Les nombreux clients de la Commercial Bank-Cameroun (CBC), et notamment les opérateurs économiques, qui ont l’habitude de la solliciter dans le cadre du financement de leurs projets, pourraient ne pas se presser de payer leurs dettes envers cette banque. C’est ce qui attend justement cette institution financière dans les prochains jours, si rien n’est fait  pour apporter de véritables explications à une mesure qu’a récemment prise le directeur général de la CBC, Léandre Djummo, au profit d’un des nombreux débiteurs qui n’est autre que la société Cométal cautionnée par la société Fme Gaz (Les Gaz industriels du Cameroun Sarl);deux  des entreprises du défunt président du Gicam, André Fotso. Selon des informations en notre possession, la Commercial Bank-Cameroun (CBC),  qui réclame depuis 2012 la somme de 889,3 millions de FCFA  (889 334 776 FCFA) à la société Cométal a,  sur la demande cette dernière, décidé d’abandonner jusqu’à 25% de sa créance au profit de Cométal ; soit la somme de 222,3 millions de FCFA (222 334 776 FCFA), ramenant le solde à  667 millions de FCFA. Et paradoxalement, après avoir gagné un procès contre  Cométal dans les tribunaux de la ville de Douala. Un acte  que plusieurs spécialistes de la finance et autres débiteurs de la banque, approchés ces derniers jours par votre journal,  trouvent tout simplement scandaleux et suspect. Car, pour certains d’entre eux, y compris même de l’avis de certains cadres de la banque, interrogés à ce sujet sous le couvert de l’anonymat, cette « grande générosité » du directeur général de la CBC à l’égard de la société Cométal, et de sa caution FME Gaz, cache tout simplement un acte de détournement des deniers publics.

Détournement des deniers publics ?

Informé de cette situation grave, qui menace la survie de cette institution financière, qui n’a pu sortir d’un longue période d’administration provisoire qu’en septembre 2016 (2009-2016) avec la reprise de l’Etat du Cameroun par le truchement de son ministère des finances, votre journal Forum Libre a entreprise d’adresser une demande d’informations au directeur général de la Commercial-Bank Cameroun(Cbc) , Léandre Djummo. « Monsieur le directeur général, je viens auprès de votre haute personnalité par la présente demande d’informations en guise de recoupement d’informations concernant une affaire de détournement de 222 000 000 FCFA (Deux cent vingt-deux millions de francs CFA) au sein de la banque CBC dont vous êtes le dirigeant responsable. En effet, notre rédaction a appris que vous avez fait bénéficier aux entreprises Cométal et FME  Gaz d’un rabattement de 222 000 000 FCFA sur une créance de plus de 800 000 000 FCFA concernant une opération de crédits contractées par ces deux entreprises appartenant à feu André Fotso. Des sources concordantes affirment que vous avez touché des rétrocommissions afin de donner votre accord à cette transaction financière, aux relents de  détournement des deniers publics, qui devrait intéresser le Tribunal criminel spécial (TCS) du Cameroun. En possession de cette information concernant cette banque, qui a fait les choux gras de la presse il y a quelques années à cause de nombreux scandales financiers, raison de sa reprise en main par l’Etat du Cameroun afin de sauver l’épargne de ses clients, notre rédaction a trouvé juste de se rapprocher auprès  de vous aux fins d’avoir votre version des faits d’amples informations pour ce qui serait qualifier comme le retour des scandales financiers au sein de la CBC », a écrit votre journal, le 7 juin 2018, au DG de la CBC.

Contrairement aux usages, Léandre Djummo, le DG de la CBC ne s’est pas fait prier pour répondre à notre demande d’informations au sujet de cette affaire. Dans le cas espèce, M. Djummo par ne s’est pas abstenu de faire preuve d’un excès de zèle à l’égard d’un reporter qui ne cherche qu’à comprendre les raisons qui ont bien pu motiver sa très « grande générosité » à l’endroit des sociétés Cométal (débiteur de la CBC) et FME Gaz (caution de Cométal dans le cadre du crédit de 889,3 millions revu à la baisse à hauteur de 25%).

Quand le Dg de la CBC, Léandre Djummo, rassure sur le respect des procédures concernant l’abandon de plus de 222 millions de frs CFA à la société Cometal…

Dans la réponse qu’il adresse à l’hebdomadaire Forum Libre, le 11 juin dernier, soit trois jours après la réception de notre demande d’informations, il oppose un refus catégorique à tout éclairage, susceptible d’aider à la compréhension de son acte ; au motif que ces opérations sont couvertes par le secret bancaire. Il  ne manquera pas de voir la main d’un  conseil de la CBC derrière notre demande d’informations. « Messieurs, nous accusons réception de votre lettre du 07/06/2018 portant demande d’informations sur des opérations qui auraient été effectuées entre la Banque et les sociétés COMETAL et FME GAZ. Apres examen, nous sommes au regret de relever que ces opérations étant couvertes par le, secret bancaire, nous ne pouvons pas donner suite favorable… » a indiqué Léandre Djummo. Mais plus loin le vieux banquier va tout au moins essayer de nous apporter des éléments de réponses : « Toutefois, veuillez noter que le traitement de ces opérations s’est effectué dans le strict respect des procédures internes, et de dévolution de pouvoirs aussi bien à la. Direction Générale qu’au Conseil d’Administration. S’agissant des prétendues retro commissions, nous vous rassurons de notre entière disponibilité à nous expliquer le moment venu, auprès de toutes juridictions qui seraient saisies par vos commanditaires, nonobstant une action reconventionnelle que nous ne manquerons d’introduire pour réparation ». Avant de nous accuser d’être au cœur d’un complot que nous ignorons encore : « Nous avons bien compris qu’il vous aurait été promis des documents sur ce dossier par notre conseil alors qu’il est lui-même tenu par le secret professionnel. En réalité, il entend se servir de vous pour appuyer le chantage qu’il nous fait subi afin d’obtenir paiement d’honoraires contestés devant les juridictions compétentes. Nous apprécierons donc que vous fassiez preuve de professionnalisme pour ne pas vous rendre complice de tels faits répréhensibles. Veuillez agréer, Messieurs, l’expression de nos salutations distinguées », va-t-il écrire à notre rédaction.

Comme on peut bien le voir dans cette lettre du DG de la CBC du 11 juin dernier, cet ancien cadre de la Béac et de la Cobac ne conteste ni la véracité des éléments d’informations en notre possession,  ni la démarche journalistique qui exige bien d’écouter toutes les parties dans le cadre de toute affaire où se trouveraient impliquées diverses personnes. S’arcboutant derrière ce qu’il appelle allègrement le secret bancaire, celui qui est par ailleurs Celui qui est par ailleurs militant du rdpc et 1er Adjoint au maire de la commune de Demdeng dans le département du koung-Khi demande curieusement à Forum Libre de ne pas parler de cette affaire. Pourquoi ? Seul le sieur Léandre Djummo doit en connaître les raisons.

Selon le protocole d’accord signé en 2017 entre la CBC et les entreprises Cométal (débiteur) et FME Gaz (caution de Cométal) dont Forum libre a pu avoir copie, l’on peut se faire une idée de la genèse de l’abandon de 25% de la créance de la CBC au profit de Cométal.

Aux origines de l’abandon de 25% d’une créance de 889,3 millions de FCFA par la CBC au profit de Cométal

En effet, dans le protocole d’accord transactionnel signée par les trois partie, en 2017, la CBC est évidemment la banque qui prête l’argent, tandis que la société Cométal est celle qui en bénéficie, avec pour caution la société FME Gaz. Il est donc convenu, grâce à cet accord,  que le débiteur (Cométal) entretient avec la Banque une relation de compte courant, notamment suivant convention de crédit en compte courant du 7 mai 2012. Dans le cadre de cette relation, le débiteur a bénéficié de nombreux concours de la Banque, à savoir une ligne de crédit spot de 500 millions de FCFA et un crédit court terme de consolidation de 493,4 millions de FCFA  (493 416 972 FCFA) dont les échéances n’ont pas été respectées comme convenu, apprend-on. Mais à la suite des négociations entre les parties, la Banque a concédé courant mai 2012 la restructuration de l’encours de ses lignes de crédit non remboursés d’un montant de 993,4 millions (993 416 972 FCFA) comme suit : la mise en place  d’un crédit moyen terme de consolidation d’un montant de 493,4 millions de FCFA (493 416 972 FCFA) sur une durée de 36 mois au taux de 7% ; et le maintien de la ligne de crédit  court terme spot de 500 millions de FCFA, à échéance du 31 mars 2013 au  taux d’intérêt de 5,5%.

Selon le document en notre possession, le remboursement de ces concours réaménagés était couvert par la caution personnelle et solidaire de la société FME Gaz, Les Gaz industriels du Cameroun Sarl à hauteur de 993,7 millions de FCFA (993 716 972 FCFA). « A l’échéance de ces concours, fixée au 31 mars 2013, le Débiteur (Société Cométal) n’a pas pu honorer une fois de plus ses engagements restructurés, ce qui a contraint la Banque à engager des actions de recouvrement forcé de sa créance et qui ont abouti au jugement n° 543/COM du 5 décembre 2016 , rendu par le Tribunal de Grande Instance du Wouri, condamnant solidairement le Débiteur et sa caution au paiement de la somme de 808,4 millions de FCFA (808 486 160 FCFA), à cette somme s’ajoute les frais de procédure  taxé de 80,8 millions de FCFA (80 848 616 FCFA) soit un total de 889,3 millions de FCFA (889 334 776 FCFA) », renseignement le protocole d’accord.

 

Comment la banque publique, CBC, a décidé d’abandonner  25% de sa créance d’un montant de 889,3 millions de FCFA, soit 222 334 776 FCFA partis en fumée.

Ce n’est donc qu’après après avoir sollicité des défenses à exécution de cette décision, demande soldée par une ordonnance de déchéance, que  le Débiteur est revenu sur la table des négociations et a proposé, suivant son courrier du 25 septembre 2017 à la Banque, qui a accepté, la consolidation de l’ensemble de ses engagements repris dans le jugement susvisé de 889,3 millions de FCFA (889 334 776 FCFA), ainsi qu’il suit : l’abandon partiel par la Banque de 25% de sa créance de 889,3 millions de FCFA  (889 334 776 FCFA), soit la somme de 222,3 millions de FCFA (222 334 776 FCFA), ramenant le solde à  667 millions de FCFA ; un acompte de 64,01 millions de FCFA ( 64 010 247 FCFA) sera versé par Cométal; des frais de procédure engagée par la Banque d’un montant de 1,65 million de FCFA (1 650 000 FCFA), ainsi que les droits de recette de l’Huissier à hauteur de 15,8 millions de FCFA (15 879 000 FCFA) ; l’engagement du Débiteur de rembourser le solde de sa dette après abandon et prise en compte des frais de procédure et de l’acompte versé, soit 620,5 millions de FCFA (6620 518 753 FCFA), cinq ans maximum avec un taux d’intérêt de 4% avec  un différé de trois mois à partir de la signature du présent protocole d’accord ; l’engagement de la Banque à participer , après étude et accord de ses services compétents, au financement des marchés gagnés par le Débiteur ; le financement ponctuel qui donnera droit à la Banque, au prélèvement supplémentaire à l’issue du projet, de 30% du montant de la marge bénéficiaire pour l’amortissement de la dette du débiteur.

Sur la base de ces propositions, la CBC Bank a donc curieusement accepté, comme l’indique bien le protocole d’accord,  que le  montant de la dette de la société Cométal est donc désormais  de 620 517 753 FCFA , tel qu’il ressort du  solde du compte courant et des frais de procédure. Et non plus 889,3 millions de FCFA comme en 2012. La forte somme de 222 millions y étant été annulée. « Cependant, apprend-on, le Débiteur et sa caution s’engagent à payer la somme de 7,5 millions de FCFA au minimum par mois et à céder 30% de sa marge bénéficiaire sur les contrats financés par la Banque pour amortir sa dette. En tout état de cause, le Débiteur fera son affaire de solder ses engagements dans les livres de la Banque dans un délai de 60 mois, au taux de 4% par an, à partir de la signature de ce protocole d’accord », souligne le protocole d’accord, qui ajoute d’ailleurs que la Banque s’engage à participer, après étude et accord de ses services compétents, au financement des marchés gagnés par le Débiteur.

Reconnaissance de dette et modalité de remboursement

D’après l’article 2 de l’accord, Le Débiteur et sa caution se reconnaissent débiteurs au jour de la signature des présentes, vis-à-vis de la Banque de la somme de 620,5 millions de FCFA (620 518 753 FCFA) en principal, représentant le montant consolidé de ses engagements après abandon par la Banque de 25% soit la somme de 222,3 millions de FCFA (222 334 776 FCFA). A ce montant, les parties s’accordent à y incorporer : les frais de procédure de 1 650 000 FCFA, les droits de recette de l’Huissier instrumentaire chargé de l’exécution de la décision du Tribunal de grande instance du Wouri arrêtés à la somme de 15,8 millions (15 879 000 FCFA) ainsi que l’acompte versé par la société Cométal de 64,01 millions de FCFA (64 010 247 FCFA) , apprend votre journal. « Le Débiteur et sa caution proposent à la Banque, qui l’accepte, la transformation de ses engagement sus-rappelés en un Crédit moyen terme (CMT) remboursable mensuellement en 60 mensualités suivant le plan d’amortissement qui lui sera communiqué par la Banque. La société FME Gaz, les Gaz industriels du Cameroun Sarl, caution personnelle et solidaire s’engage à rembourser la créance de la société Cométal d’un montant de 620,5 millions de FCFA en soixante (60) mensualités au taux d’intérêt de 4% HT suivant le tableau d’amortissement qui lui sera remis par la Banque. Les échéances mensuelles sont arrêtées à 7,5 millions de FCFA  et les dates de remboursement sont fixées au 25 de chaque mois. La Banque s’engage à donner  mainlevée  de la caution personnelle et solidaire de la société FME Gaz, Les Gaz industriels du Cameroun Sarl, après le remboursement effectif de la dette de Cométal », souligne le document.

Des Interrogations et conséquences

De nombreux spécialistes de la finance sont formels : « Pour une banque, qui sort d’une administration provisoire de sept ans, il est tout simplement paradoxal d’accorder à un débiteur un tel avantage qui se solde par l’abandon de 25% de la créance alors que le management pouvait faire le choix raisonnable d’échelonner la dette sur plusieurs mois afin de permettre à l’entreprise débitrice de rembourser ». Une banque qui, d’après des sources internes, n’a pas fait des bénéfices conséquents depuis de nombreuses années, et dont le top management devrait travailler dur pour le hisser au sommet des banques commerciales au Cameroun. Plus loin, ses spécialistes se demandent si Léandre Djummo pouvait abandonner une telle créance s’il était le promoteur de la Cbc ou employé dans une Banque privé? Comme pour dire qu’il n’y a que des gestionnaires véreux de la fortune publique qui peuvent  s’autoriser de telles malversations au motif de ce qu’ils sont à la tête des entreprises publiques. En conséquence, certaines entreprises débitrices de la CBC, au courant de cette supercherie qui fait grand bruit dans l’immeuble siège de la Cbc à Bonanjo, souhaitent accéder au même traitement.

Ils sont donc nombreux à l’interne comme au ministère des finances qui s’interrogent sur les motivations d’un tel acte, posé par ce vieux de la finance de 69 ans, qui devrait intéresser la Conac, la chambre des comptes, le contrôle supérieur de l’Etat (Consupe) et surtout le tribunal criminel spécial (Tcs).Surtout que différentes sources au sein de la banque dénoncent sous cape la gestion peu orthodoxe de plusieurs dossiers par le management actuel. Nous y reviendrons.

Prince Aristide Ngueukam

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