Vers la libération de Me Lydienne Yen Eyoum

0
223
paul
paul

paul

– La problématique de la libération des prisonniers de “l’Epervier” se tribalise: Bamilékés, Bétis, Nordistes, Anglophones… exigent aussi  la libération de  leurs enfants;

– Les cas Fotso, Siyam, Marafa, Inoni, Forjindam, Engo, Ondo Ndong, Mendo Ze, Ambassa Zang, Mebara, Olanguena, …  au centre des préoccupations présidentielles 

Le Président Biya  sous très forte pression !

S’achemine-t-on vers un dénouement heureux de l’affaire Lydienne Yen Eyoum, du nom de l’avocate franco-camerounaise incarcérée depuis   bientôt six ans et condamnée en septembre 2014 à 25 années de prison, à l’issue d’un décapant feuilleton judiciaire l’opposant à l’Etat du Cameroun, qui l’accusait d’avoir, courant décembre 2004 détourné 1, 077 milliards de F CFA dans le cadre du recouvrement d’une créance due par la banque Sgbc à l’Etat du Cameroun ? Tout laisse à penser que l’on peut répondre par l’affirmative. Même s’il est vrai que ceux qui souhaitent cet aboutissement matérialisé par sa libération avait nourri un espoir identique  lors de son passage à la Cour suprême, avant d’être refroidie par la plus haute institution judiciaire qui avait plutôt confirmé cette peine le  9 juin dernier.

 

L’Intervention ouverte du président Hollande Pour  la Française

Lydienne YEN.

On subodorait déjà cette tournure depuis la visite  au Cameroun le 3 juillet 2015 du président français François Hollande. Aux journalistes qui avaient soulevé cette préoccupation lors du point de presse conjoint Hollande-Biya, le président de la République avait esquissé une réponse laissant imaginer que la porte était entr’ouverte à toutes les éventualités. Il avait, bien entendu, commencé par donner la version camerounaise des causes de l’’incarcération de Me Lydienne Yen Eyoum qui, selon lui, ou du moins selon la version qui lui avait été rapportée par les autorités judiciaires, «avait

été chargée de récupérer une somme de deux milliards auprès d’une banque pour la déposer au trésor ». « Eh bien, expliquera le président Biya, au lieu de déposer les deux milliards, elle n’a déposé qu’un milliard. Et c’est là-dessus que les services l’ont poursuivi et la justice a suivi son cours.  Il conclura sur une note de … presque promesse d’élargissement de la détenue : « Je verrai ce que je pourrais faire si tel est le souhait de l’intéressée, et si la constitution me donne les moyens de faire quelque chose, c’est de bon cœur que je le ferai le moment venu ». le mot était lâché et tout les espoirs permis.

 

LE PRESIDENT PRIS AU MOT

Il n’en fallut pas plus pour que moins d’une semaine après cette promesse dit-on diplomatique pour les initiés, l’avocate française de la prisonnière annonce, le 10 juillet 2015 sur les ondes de Radio France Internationale, que sa cliente allait demander une grâce amnistiante. « Lydienne Eyoum va demander une grâce amnistiante, ce qui signifie que dans son esprit, elle sollicite une amnistie qui va lui permettre, et c’est ce que nous espérons tous, d’être réintégrée dans ses droits, puisque Lydienne n’a jamais détourné un centime d’argent public », avait alors affirmé Maître Caroline Wasserman. Non sans s’appuyer sur la position du conseil des droits de l’homme de l’ONU. « Les Nations Unies, qui ont statué le 9 juin dernier sur le cas de Lydienne, ont estimé que Lydienne devait être libérée immédiatement puisque sa détention est jugée arbitraire, et que par ailleurs elle doit être indemnisée pour tout ce qu’elle a vécu, puisque six ans de détention dans ces conditions-là c’est insupportable. Surtout quand on est innocent ». Mais Maître Wassermann avait aussitôt fait de souligner qu’il y avait cependant une difficulté, à savoir que Me Eyoum n’entendait ni  demander, ni bénéficier  la grâce présidentielle, on imagine, pour des raisons de principe : « On va continuer à travailler sur ce dossier avec notamment les instances du Quai d’Orsay, voir si des négociations peuvent s’ouvrir pour essayer de trouver une solution. Sauf qu’on a une difficulté, c’est que Lydienne m’a déjà fait savoir qu’elle refuserait une grâce présidentielle. Donc je ne sais pas comment les choses vont tourner…».

Eh bien, il semble que Lydienne Eyoum ait fini par comprendre que 25 années dans les enfers des prisons camerounaises, ce ne sont pas 25 minutes passées dans un bouchon à un quelconque carrefour de Douala, bien blottie dans sa voiture climatisée.

Par réalisme donc, elle aurait formulé une demande de grâce. Certes, pour l’instant, il est difficile de savoir s’il s’agit d’une grâce amnistiante qui la rétablirait dans tous ses droits, ou d’une grâce simple qui pourrait être considérée comme un cadeau  dont elle bénéficierait uniquement grâce à la magnanimité du président de la République, et qui par conséquent aurait le désavantage de ne rien enlever à l’infamie dont elle a été couverte. Du moins symboliquement, puisque tous les éléments en possession  du public –qui ne voit pas forcément les choses de la même façon que la justice qui pourrait disposer d’éléments qu’il n’est pas donné à tout le monde d’avoir-, laissent à penser que pour ce coup-ci au moins, elle n’avait rien à se reprocher.

 

ET DE L’ESPOIR AU BOUT DU COMPTE

Le Sénateur des français de l’étranger Jean-Yves Lecomte qui a séjourné dans notre pays il y a deux semaines, et qui est  allé rendre visite à sa compatriote au pénitencier de Kondengui, Face à la presse camerounaise, le sénateur a été sans équivoque. Evoquant la visite de Hollande au Cameroun il y a cinq mois, et ce qu’il a considéré dans les déclarations d’alors des chefs d’Etats camerounais et français comme un engagement solennel de trouver une issue à cette affaire,   le sénateur socialiste français en  joignant la voie de l’ensemble du comité de soutien pour la libération de Me Eyoum, pour saluer  « les engagements et les prises de position des deux présidents sur cette question lors du déplacement présidentiel de François Hollande au Cameroun en juillet dernier. « Nous avons bien noté l’engagement du président à partir du moment où Lydienne Eyoum ferait une demande de grâce et maintenant, nous sommes dans cette dynamique. Je suis confiant parce que j’ai entendu les engagements du président sur le sujet, et je sais que c’est aussi important pour notre relation bilatérale qui aujourd’hui, doit continuer à s’améliorer ». Et d’enfoncer le clou : «C’est bientôt noël, les fêtes de fin d’année et c’est toujours un moment difficile lorsqu’on n’est pas auprès des siens. En son nom, je fais cette demande pour sa liberté. Lydienne est en prison et veut être en liberté… elle a déjà demandé une  grâce présidentielle…  Elle l’a fait. Elle veut être en liberté. Elle est aujourd’hui considérée comme coupable, et elle se considère comme innocente bien entendu. Une démarche qui lui permettrait d’être graciée, et considérée comme innocente, est à l’évidence ce qui lui convient le mieux ».

 

LES COMMUNAUTES  ETHNIQUES SE MOBILISENT POUR DEMANDER LA LIBERATION DES LEURS.

De là à penser que grâce aux pressions où à l’intermédiation de la France Me Eyoum pourrait jouir bientôt de sa liberté comme ce fut le cas d’un autre Franco-camerounais, Thierry Michel Atangana Abéga libéré en février 2013 des suites de « sollicitations diplomatiques » pressantes de la France, il n’y a qu’un pas que beaucoup ont franchi. Et du coup, la logique voudrait que la France s’étant mobilisée pour ce que l’on peut considérer comme les « siens » détenus au Cameroun, des groupes de Camerounais pourraient aussi se former pour demander la libération des leurs.  Bien sûr, il n’est pas question d’aller à l’unisson, de crainte d’avoir l’air de se liguer contre la salvatrice lutte contre la corruption dont tout le monde ou presque est pourtant d’avis qu’elle n’est qu’un joli masque revêtu par le règlement de comptes politicien pour cacher sa face hideuse.

C’est dans cette optique des nobles exigences muées en réclamations claniques et tribalistes que des entités sociologiques ont cru pouvoir se démener  pour obtenir la libération des autres prisonniers … « politiques » de droit commun qui ont, eut aussi, le privilège d’être aussi issus de certaines communautés , de même que Me Eyoum et autres Thierry Atangana sont … des « ressortissants Français ».

 

LES “CLIENTS” BETIS DE L’EPERVIER PREOCCUPENT LE GRAND SUD

Par le « Grand Sud “, on entend principalement les régions du centre et du Sud qui jadis formaient une seule et même province. Y est venue s’ajouter depuis,  la région de l’Est qui a réussi à imposer sa présence dans ce cercle au nom de la « pahouinité ». Généralement, ici on évoque les Pierre Désiré Engo, Jérôme Mendouga, Angoula, Engoulou, Abena, Booto à Ngon, Essimi Menye, Abah Abah, Urbain Olanguena, Jean Marie Atangana Mebara, Dieudonné Ambassa Zang, GervaisMendoZe – certains sont morts en prison et d’autres y meurent à petits feux, pour questionner –comme par un exercice d’autodérision « ce pouvoir [dit] Béti, qui broie les Bétis ». Il faut dire que  l’actuel premier Camerounais étant issu de cette aire socio-culturelle, bénéficie, quasi naturellement ou quasi traditionnellement – conformément à une conception africaine de l’exercice et de la jouissance du pouvoir, fut-ce par procuration,  du soutien de ceux qui s’en réclament. Même s’il y a (ou eut) des exceptions remarquables (Alexandre Biyidi Awala, plus connu sous son nom d’emprunt Mongo Béti, Abel Eyinga, Mathias Eric Owona Nguini, Jean-Marc Ela… on n’en finirait pas), pour infirmer la règle du Béti soutien moutonnier du régime. Ce qui n’enlève rien au mérite de ceux de leurs congénères qui, par conviction, ont décidé de soutenir corps et âme un Paul Biya qui se trouve par … hasard être un « frère du village ».

Les Bétis donc estiment avoir été sinon majoritairement victimes, du moins  les principales victimes de l’Opération Epervier et accusent directement Paul Biya de les avoir jeté en pâture aux tenants de la thèse idiote du Béti « tchop brook pot » qui eut cours à une certaine époque et dont les réminiscences n’ont pas totalement disparu des subconscients des émetteurs et destinataires de l’injure, mieux d’avoir donné du crédit à cette infamie. Mais alors d’aucun pensent que le président arrête aussi ses frères pour  donner le ton de l’impunité et en même temps se protéger des potentiels successeurs qui penseraient que  logiquement  le pouvoir devrait leur revenir après le dé

part du « Nom Ngui ».

 

IL ETAIT UNE FOIS LE “MEMORANDUM DES ELITES DU CENTRE”

D’ailleurs, plus cinglant que toutes les autres dénonciations des exactions de l’Opération Epervier fut  le mémorandum anonyme de «  prétendues » élites Béti en 2009. S’adressant directement à Biya, ils écrivaient : (extrait) : « Sous le couvert de l’opération épervier, vous avez entrepris de faire arrêter tous ceux qu’on vous a présentés comme détourneurs des deniers publics. Cela semble une coïncidence mais il apparaît clairement qu’il ne s’agit en fait que de nos fils méritants et ceux ayant une stature d’homme d’Etat. Sans nous attaquer à votre pouvoir, le grand Centre se pose une question: Quand vous ne serez plus là pour défendre nos intérêts, lequel de nos fils tiendra notre flambeau si tous sont en prison?

Votre maman de regrettée mémoire et que nous pleurons toujours était une Yetotan, c’est-à-dire une Etoudi. Chez les Bétis, les neveux entretiennent des relations privilégiées avec les oncles. Nous ne comprenons donc pas ce qui peut apparaître comme un acharnement. On vous a dit que certains de nos fils s’organisent dans le cadre du fameux G11 pour prendre votre place. Il s’agit tout simplement d’une machination. Nous avons toujours condamné ceux qui voulaient prendre votre place par la force et nous continuerons à nous opposer et à ceux qui veulent attenter à votre vie. Seulement, on nous a rapporté que le G11 était une simple réflexion comme le La’akam, Essingan, Sourga, Moinam etc. Si un jour, on y a parlé de politique, c’était pour poser une question somme toute légitime: Après notre père le Président Biya, qu’adviendra-t-il de nous? Lequel d’entre nos fils pourra-t-il concourir auprès des fils d’autres régions pour vous succéder? Belle excuse !le chef avait-il avalé le discours ?Seul Dieu le sait. Dans d’autres régions, des gens qui ne vous manifestent pas le même attachement désintéressé et qui par le passé ont même attenté à votre pouvoir et à votre vie, ont posé la même question sans subir autant d’invectives. Curieusement les victimes de l’opération épervier sont ceux de nos fils qui ont occupé des places stratégiques à vos côtés. Ces postes ont-ils une relation avec leur déchéance actuelle? ».

 N’empêchent que quelques temps après quelques-uns de  ces louangeurs professionnels se retrouvèrent en prison pour détournement de fonds publics, mais en réalité pointés à la vindicte judiciaire par des « camarades de combat avec lesquels ils n’étaient plus en odeur de sainteté, et qui, quant à eux étaient encore bien en cour et pouvaient facilement précipiter leurs concurrents du Colisée à la roche tarpéienne.

Depuis, tout le monde a pris conscience chez les Bétis, où l’on vous explique en exigeant vertement leur libération, que leurs élites aujourd’hui emprisonnées sont innocentes, et ne s’y trouvent que parce qu’elles représentaient des phares pour leurs congénères.

Pierre Désiré Engo par exemple dont la déchéance a occasionné le positionnement de quelques élites bulus sans véritable consistance, était celui-là qui se débrouillait avec les moyens que lui procurait son statut de ministre puis de Directeur Général de la CNPS pour permettre  au département de la Mvilla en général, en particulier  à la ville d’Ebolowa – le chef-lieu de la région du Sud dont le président de la République et lui sont des ressortissants-  qui connaissait un retard lamentable en matière de développement, tandis que le département du Dja et Lobo dont est issu le chef de l’Etat et son chef-lieu, Sangmelima, pour ne pas parler de Mvomeka’a village natal du président jadis perdu au fond de la brousse et devenu depuis le splendide arrondissement de Meyomessala. Engo serait donc en prison pour avoir  voulu permettre à sa ville natale, Ebolowa, de concurrencer le chef-lieu du département d’origine du président en matière de développement. D’ailleurs sous cape dans la Mvila les dignitaires estiment que Engo est le seul vrai parrain pour mener les troupes après le décès de l’opposant naturel et ancien camarade de Biya,  Abel Eyinga. Pour apaiser les populations du Sud qui auraient décelé le stratagème, quelques élites du Sud ont été piochés çà et là et ont été hissés à un piédestal tellement élevé pour eux qu’ils en ont attrapé le vertige. Ceux qui auraient voulu tricher en posant des actes qui pouvaient les rendre populaires aux yeux des populations du Centre ou du Sud et quelquefois de l’Est, même si pour eux il ne s’agissait que d’en faire bénéficier des dividendes au président, se seraient retrouvés dans les chaines. Ondo Ndong s’est donc battu dit-on pour sa Vallée du Ntem natale et les villageois ne se cachent plus pour réclamer sa libération. Gervais Mendo Ze pour ses nombreux dons aux personnes défavorisées est dans la nasse pour ne s’être pas départi de la logique du plus royaliste que le roi. On comprend alors pourquoi aujourd’hui des religieux et autres fideles demandent les messes pour lui. Il y a aussi Abah Abah qui a facilité l’émergence de la jeune élite du Dja et Lobo. Celle-ci rumine encore sa détention sept ans après son interpellation en 2008 ?

 

LES BAMILEKES VEULENT LEURS SIYAM SIWE  ET YVES MICHEL FOTSO

Nul n’est indispensable, a-t-on coutume de dire.  Si la maxime a été vérifiée, il n’en reste pas moins que l’absence de certaines personnes peut causer un préjudice grave –fut-ce passager, à la marche des affaires d’une communauté. La sortie violente de scène de Siyam Siwe et de Yves Michel Fotso tous deux éjectés par… emprisonnement, a été vécue à l’Ouest  comme un indescriptible séisme.

De loin la moins bruyante en matière de revendication relative à ses enfants emprisonnés (en raison d’une tradition de prudence qu’ils ont faite leur dans un Cameroun où ils se sont faits -nonobstant les apparences- les plus vils courtisans des régimes politiques qui se sont succédé à Yaoundé depuis 1960, pour –imagine-t-on bénéficier de leur bienveillance), les ressortissants de l’Ouest, les Bamilékés notamment, puisque les Bamoun souffrant depuis le début des années 1990 d’une maladie appelé le « Ndamnjoyaïsme »  préfèrent encore en mourir plutôt que d’en guérir,  ont jusqu’à aujourd’hui, de la peine à digérer l’arrestation et la condamnation à de lourdes  peines de deux de leurs illustres enfants : Siyam Siwe  (qui a pris perpète) et Yves Michel Fotso (parti pour 25 années de bail au gnouf).

L’arrestation spectaculaire en 2005 de Siyam Siwe resté en travers de leurs gorges avait donné lieu à une violente levée de boucliers des notabilités traditionnelles de l’Ouest qui  ne comprenaient pas que le président de la république, grand ordonnateur des actions judiciaires l’ait livré aussi « ingratement »  sans le moindre égard pour tout le travail qu’il avait fait afin de retourner le peuple du Haut Nkam, le plus ancré à l’époque avec les Bamoun dans l’opposition au régime Biya, pour en faire des  électeurs attitrés du Rdpc. Certes la colère des chefs traditionnels pour la plupart facilement achetables s’était très vite apaisée mais les populations ont pris le relais, pour montrer au régime Rdpc que rien ne sera plus jamais comme auparavant à cause de l’humiliation de leur mentor. Depuis, beaucoup sont montés au créneau dans le Haut Nkam Michael Tomdio, Dakayi Kamga, François Xavier Ngoubeyou… mais n’ont pas pu inverser la tendance. Claude Juimo Monthé le compagnon d’arme de Siyam Siewe pour chasser l’opposition  a beau bénéficier du capital sympathie des notabilités Bamiléké, des milliers de  jeunes Haut-nkamois estiment que les choses iront mieux seulement après la libération de leur parrain naturel. A l’opposé, l’opposition  est toujours présente et gagne de plus en plus du terrain. Dans le Koung-Khi, il en va certes autrement pour le cas Yves Michel Fotso, pour la simple raison que le père de Yves, le patriarche Victor Fotso, tient à son amitié avec Biya dont il espère la libération hypothétique de son fils. Mais ici, il est devenu presque la risée de ses congénères qui se moquent de lui sous cape, lui suggérant même  de mettre fin à cette amitié. Le vieux adopte l’attitude du rusé bamiléké qui, même humilié, préfère pleurer dans sa chambre et souffrir dans sa chair. C’est connu, Yves Michel Fotso a fait beaucoup de bien aux hommes d’affaires  des dix régions du Cameroun. Par peur de représailles des lieutenants du régime qui sont prêts à calomnier des contestataires imaginaires, ils sont nombreux qui ont gardé le silence stratégique mais n’oublient jamais de faire allusion dans les tontines  de la libération de « leur  frère» en détention » à la prison militaire de très haute sécurité du Secrétariat d’Etat à Yaoundé. Pour eux, en tout cas, la pilule est d’autant plus difficile à avaler que la santé du fils chéri de Victor Fotso est chancelante. Ils sont tous prêts à rembourser pour que le golden boy soit libre.

 

GROGNE POUR MARAFA OU QUAND LE GRAND NORD RECLAME LA LIBERATION DE SON PRESIDENT »

C’est connu qu’il a difficilement réussi à voiler son ambition  de gouverner le Cameroun. Il a d’ailleurs travaillé pour cette cause tout le long de sa carrière administrative comme haut commis de l’Etat. Et à l’occasion, il a toujours mobilisé ses frères et à favorisé l’éclosion d’une nouvelle élite détachée des caciques. Ces affidés se recrutent dans tout les partis politiques du Cameroun, parmi les parlementaires, les magistrats municipaux et surtout dans la haute administration. Son crime il l’a toujours rappelé, c’est d’avoir  été l’ami du fils du milliardaire de Bandjoun, Yves Michel Fotso. D’ailleurs après son arrestation, ses partisans ont été stigmatisé et continuent d’être martyrisés par les « lésés » d’hier, qui en profitent pour faire d’une pierre deux coups : se venger et plaire au Prince. Le parti socialiste français a toujours pris position pour sa libération. Les Etats-Unis ont affirmé qu’il est  un  prisonnier politique et que le pouvoir de Yaoundé devrait le libérer  sans condition. L’ambassadeur des Usa lui a même rendu visite dans son cachot du Secrétariat d’Etat à la Défense Et Aujourd’hui,  une certaine opinion se demande, au cas où Paul Biya venait à libérer Lydienne Eyoum du fait des pressions françaises, si les Américains accepteront que le Président Biya continue de leur refuser la libération de Marafa qu’ils ont toujours demandée. Au contraire des Bamilékés, l’élite Nordiste n’hésite jamais à réclamer la libération de leur mentor. le pouvoir de Yaoundé a beau nommer des ressortissants du septentrion à d’importants postes de responsabilités, mais ceux-ci n’arrivent pas à faire oublier Marafa. Car les jeunes et autres élites modernes du Grand Nord pensent qu’il est leur candidat  le mieux placé pour la conquête du pouvoir d’Etat.

 

LES ANGLOPHONES ATTENDENT  LA LIBERATION DE INONI ET DE FORJINDAM.

Apres l’arrestation de l’ex-premier ministre chief Inoni Ephraim, les chefs traditionnels du Sud-ouest n’ont pas caché leur déception à l’endroit du pouvoir de Yaoundé. il faut noter que de façon opportuniste Agbor Tabi avait réuni les chefs traditionnels et autres élites de la région du sud-ouest pour leur demander d’adresser une motion de soutien au chef de l’Etat pour les efforts qu’il entreprend en vue de lutter contre les détournements de deniers publics. Il sera hué par les notabilités du sud-ouest qui avaient aussitôt quitté la salle de réunion, en jurant de ne pas trahir leur confrère en difficulté avec la justice camerounaise. Depuis, les élites Rdpc du Sud-ouest ont du mal à convaincre les jeunes qui préfèrent le Sdf pour porter leur revendication socio-politiques. le mouvement séparatiste Scnc a d’ailleurs profité de cette arrestation pour demander aux fils anglophone de se souder pour leur libération effective face au diktat francophone. C’est connu que tous les chefs traditionnels du Sud-ouest comme du Nord-ouest sont solidaires du malheur de Chief Inoni Ephraim mettant ainsi en difficulté la jeune élite administrative assoiffée de postes au sein de l’appareil d’Etat. Situation  identique pour Zachaeus  Forjindam. Son arrestation avait suscité une  vive levée un levé de boucliers des chefs traditionnels du Nord-ouest qui n’ont pas hésité à lui rendre visite plusieurs fois au niveau de la prison de New-Bell, afin de lui manifester leur soutien. Malgré son remplacement par un fils du Nord-ouest au Chantier Naval  dont il fut Directeur Général, son remplaçant n’arrive pas à le faire oublier, tant auprès des employés que des jeunes du Nord-ouest.

Mais Biya qui ne cède pas facilement aux pressions, sauf quand elles viennent de l’étranger pourrait bien ne pas tenir compte des revendications venant de l’intérieur pour la libération de ses compatriotes qui ne sont pas soutenus par l’étranger.

                                          Alain Cédric yompa

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here